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Pratiques et représentations de l'énergie

Interview de Marie-Christine ZELEM

professeur de sociologie à l'université de Toulouse II Le mirail.

<< Tout le monde n’a pas le même capital technique, économique, culturel pour comprendre l’impact de ses équipements >>.

Entretien effectué dans le cadre d'une réflexion sur les leviers de changements de comportements autour de la consommation d'énergie.
Il a été réalisé pour le Grand Lyon par le groupe Chronos et Pop-up urbain.

Pourriez-vous vous présenter succinctement ?

Je suis professeur de sociologie à l’Université Toulouse II, ancien chercheur au CNRS, dans un laboratoire de sociologie qui traite des politiques publiques. A l’université j’enseigne tout ce qui porte sur la sociologie des techniques, sociologie des controverses, sociologie de l’énergie, sociologie de l’environnement. Au laboratoire, je co-pilote un pôle de recherche, le POLTECH : politiques environnementales et pratiques sociales. Dans ce contexte, il y a trois grandes lignes directrices : une thématique autour de l’eau, une autre sur la gestion des déchets, et une troisième sur les questions d’énergie.

Justement, quel regard portez-vous sur les problématiques de l’énergie ?

J'essaie de comprendre quelles sont les résistances au changement

Je travaille sur les questions de l’énergie depuis une quinzaine d’années, en y étant entrée par les questions de l’environnement, via l’eau. Je travaille en particulier sur les questions de politiques de réductions énergétique, vues d’en haut – la manière dont les politiques publiques sont construites –, et vues d’en bas : la manière dont les usagers, les différents publics destinataires, réceptionnent ces politiques publiques.

Je fais de la sociologie de la réception et du changement : j’essaie de comprendre quelles sont les « résistances » – mais c’est un bien mauvais mot. J’essaie de comprendre les contraintes que rencontrent les différents publics des politiques publiques pour changer de comportement. Je travaille aussi avec une grille de lecture empruntée à la sociologie de l’innovation. Tout changement (par exemple : réduire ses consommations d’énergie) est une nouveauté, et on peut l’analyser comme une innovation : analyser sa diffusion dans le corps social, de la même façon qu’on peut analyser une technologie lorsqu’elle arrive sur le marché. Une innovation se diffuse à la manière d’un virus (courbe dite épidémiologique), à partir d’un petit nombre puis se diffuse avec le jeu des réseaux. Au départ ça ne touche qu’un petit monde, puis au contact de certains éléments, ça peut empêcher ou inversement booster la diffusion, pour telle ou telle raison.

Vous avez évoqué la notion de « résistance ». Pourquoi est-ce un bien mauvais mot, selon vous ?

J’ai écrit un ouvrage qui s’intitule Politiques de la maîtrise de l’énergie : analyse socio-anthropologique des résistances au changement. La notion de résistance est souvent adressée aux usagers, par ceux qui écrivent les politiques publiques ; ils disent « les usagers font de la résistance ». Mais je passe mon temps à dire qu’ils ont de bonnes raisons de faire de la résistance ! Donc c’est de la bonne résistance. On ne peut pas imaginer que tout ce qu’on conçoit va être adopté. Il faut que les gens à qui on s’adresse aient un tant soit peu de temps, une compréhension des enjeux, de l’intérêt du changement, de l’intérêt de changer pour changer en fait... J’ai titré mon ouvrage ainsi pour répondre à la manière dont on qualifie l’usager comme des gens un peu bêtes, qui au premier abord vont résister. Comme si c’était de leur faute si la voiture électrique ne se diffuse pas, par exemple. Je passe mon temps à expliquer que ce n’est pas de leur faute, et que si faute il y a, elle est largement partagée, et l’usager n’a pas nécessairement la plus grande part de responsabilité... Loin de là.

Quelles sont ces « bonnes raisons » qui poussent les usagers à résister aux changements ?

La question des bâtiments permet de mettre en évidence la problématique de précarité énergétique

Imaginez qu’on vous dise « vous devez changer ceci ou cela ». Par exemple, « vous devez apprendre à manger », point, sans autre explication, en supposant que vous avez compris que manger mal, c’était mauvais pour la santé. Si on vous impose un nouveau mode alimentaire sans explication, vous allez d’abord vous poser la question : dans quoi je m’engage ? pourquoi moi ? pourquoi moi et pas les autres ? est-ce que c’est vraiment bien pour moi ? si je me trouve bien dans mon régime alimentaire, pourquoi est-ce que je changerai ? qu’est-ce que je vais y gagner ? qu’est-ce que ça va me coûter ?

On peut trouver de nombreux exemples, notamment dans la sociologie de la santé, et plus encore dans la sociologie de l’addiction. Là où le bât blesse, c’est que ceux qui savent, les « sachants » ont tendance à penser pour et à la place des individus. Ils ont tendance à dire « ça sera bien pour vous ». Mais ils n’ont jamais pris la peine de savoir si les personnes à qui ils s’adressent ont envie et besoin de changer.

Prenons l'exemple de l’isolation des bâtiments. On va dire aux gens qu’il faut absolument changer les fenêtres, mettre de l’isolation sous toitures, changer les chaudières, changer de comportement pour consommer moins… Mais on ne se pose pas la question de savoir si les personnes ont envie de le faire, et si elles ont seulement la capacité financière de le faire ! Enfin si, on commence à s’en rendre compte : la question des bâtiments permet de mettre en évidence la problématique de précarité énergétique face à l'investissement que nécessite un aménagement.

C’est un univers compliqué : qui s’adresse à qui ? pourquoi ? comment ? En l’occurrence, on a tendance à s’adresser aux consommateurs au sens large du terme. Sauf qu’il y a de multiples consommateurs, et on n’est pas tous égaux vis-à-vis de la consommation. Elle peut être contrainte ou choisie, limitée ou amplifiée par des effets de réseaux, de structure, de culture... Un même message, même adressé à tout le monde, ne peut pas être entendu par tout le monde de la même manière.

Cette problématique du « choisi / subi », on la retrouve aussi dans les mobilités…

Je viens d’écrire un texte sur le sujet ! Il a été envoyé au débat national sur la Transition Énergétique, puisque j’interviens en tant que sociologue qui travaille sur ces questions. Le titre est : « Mobilité contrainte ou mobilité choisie ».

Revenons sur les résistances. Comment les politiques publiques appréhendent-elles cet enjeu ?

Il existe différents leviers pour faire une politique publique. D’abord, les mesures réglementaires qui peuvent s’imposer à la source, par exemple au niveau des constructeurs-automobile pour faire baisser la pollution. Si la mesure est stricte en matière de produit mis sur le marché, le consommateur est ravi, parce que ce n’est pas à lui qu’on va s’adresser, mais à ceux qui fournissent les équipements. L’instrument réglementaire qui s’impose au niveau des fabricants va logiquement être parfaitement accepté. Par contre, si on s’adresse au consommateur, cela soulève nécessairement des boucliers... Par exemple, qui conduit aujourd’hui les voitures les plus polluantes ? Ceux qui ont les revenus les plus bas, et/ou qui habitent le plus loin des centres d’activité, et qui sont donc dans une mobilité contrainte. Dès lors, une politique réglementaire qui consisterait à pénaliser certaines catégories d’automobilistes passera très, très mal. C’est logique, il y a un sentiment d’injustice. C’est tout l’enjeu des débats actuels. Comment s’y prendre pour qu’il n’y ait pas de laissés-pour-compte, de populations qui se sentent lésées, pour qu’il n’y ait pas de contestations ou de contre-performances ?

Existe-t-il des leviers pour faire en sorte qu’une telle injonction sera mieux acceptée ?

On ne peut pas modéliser les comportements

Comment savoir comment un message va être perçu ? Tout le monde est capable d’entendre un discours. Capable d’y adhérer, tout le monde en est capable dès lors qu’on ne demande pas des actes en face de cette adhésion. Dès qu’on dit “maintenant il va falloir que” c’est là que se trouve la difficulté. Comment passer de l’adhésion au changement concret ? Tout le monde n’est pas en capacité de changer : tout le monde n’a pas le même capital technique, économique, culturel pour comprendre l’impact de ses équipements... On s’adresse à une société hétérogène.

On peut actionner tel levier, et tel groupe de personnes va réagir de manière totalement différente que ce qu’on attendait.  On y est tous confrontés, et nous les sociologues au premier plan : on nous somme de dire quels sont les comportements pour pouvoir les modéliser. Mais on ne cesse de dire qu’on ne peut pas modéliser les comportements ! On peut grossièrement définir quelques grands profils de comportements, et face à ces comportements essayer de mettre en place des technologies... mais ça ne marche pas comme ça non plus.

Le terme « addiction » est ressorti dans vos propos. Quel regard portez-vous sur cette vision ?

Les consommateurs sont captifs d’un système économique qui repose sur une tromperie

Les consommateurs subissent le choix d’un système de production, notamment de l’électricité, qui relève d’un choix politique fait à une époque sans concertation. Bref, un choix confisqué aux usagers et qui oriente considérablement nos modes de consommation. Electricité peu chère, chauffage électrique partout (même si on est en train d’y revenir) : c’est ce qui caractérise notre système de consommation à la française depuis les années 70. Les consommateurs sont captifs d’un système économique qui repose sur une tromperie : on fait croire à tout le monde que l’électricité n’est pas chère, sauf que le coût de l’électricité est en fait dilué dans des taxes, que quoiqu’il arrive le consommateur paie par ailleurs. Résultat, on consomme sans regarder.

On n’a jamais regardé ce qu’on consommait, sauf ponctuellement quand il y a eu le choc pétrolier. En effet, dès qu’on a retrouvé un peu de pétrole ou autre, on s’est remis à consommé comme avant. On fonctionne dans une société qui laisse croire que l’énergie serait toujours abondante. Même aujourd’hui, on sait qu’il y a une crise, mais on nous ressort très rapidement des opportunités liés aux gaz de schistes, aux gaz de houilles, à des ressources qu’on irait trouver en Guyane ou ailleurs. Il y a des débats sur la transition énergétique entre politiques et scientifiques, et dans le même temps, dans la presse, on vous faire croire qu’il ne faut pas s’inquiéter, que dans très peu de temps l’énergie va redevenir abondante, qu’on va remettre des EPR, etc. On fonctionne sur un leurre qui traverse nos sociétés depuis plusieurs décennies.

Donc l’addiction n’est pas une bonne image. On n’est pas addict à la consommation d’énergie : on a fait en sorte que le consommateur soit dans une sorte de spirale. S’il y a un black-out, on ne peut plus rien faire. Un usager qui a opté pour des volets électriques pourra rester dans le noir, et dans le froid parce que sa chaudière – même au gaz – ne démarrera pas… Pas d’eau chaude, pas de système de cuisson, pas de possibilité de connexion… Les choix politiques ont placé notre système dans une dépendance totale. Avec la démultiplication des appareils électriques, et notamment électroniques, il est quasiment inenvisageable qu’on sorte volontairement de cette dépendance. Sauf s’il y a un gros accident et qu’il faille faire des choix drastiques... Mais dans l’état actuel des choses, on est sur une dérive vertigineuse.

Ce n’est pas de l’addiction, car un toxicomane a un choix ; ici, l’usager n’a pas eu le choix de tomber dans cette spirale. Je poursuis la métaphore : pour sortir de l’addiction, il faut que le toxicomane le veuille, il n’est pas question d’envisager qu’un toxicomane soit sevré sans le vouloir. Pour l’énergie, avec la multiplication des appareils électriques et surtout électroniques, il est complètement inenvisageable d’en sortir comme ça. Sauf à envisager un accident… On est dans une dérive technologique stupéfiante, et face à cela on a des « usagers » qui sont de plus en plus « consommateurs », pas des « consom’acteurs ». On ne réfléchit même plus. Dans le même temps, notre société ne peut fonctionner que sur ce modèle là…

On a beaucoup parlé, après Fukushima, des importantes réductions d’énergie réalisées par les usagers. Avez-vous travaillé sur la question ?

Pas particulièrement, si ce n’est pour observer que, dès lors qu’on est capable de brandir des solutions techniques et qu’il faut préserver le marché, les sociétés repartent comme auparavant… Fukushima a certainement dû réveiller certaines consciences, mais aujourd’hui on est revenu à des consommations quasiment identiques. On est sur le même cas de figure que la France après le choc pétrolier, comme chaque fois qu’il y a une crise technologique. Il y a un temps où on fait attention, puis après on repart comme si de rien était. C’est ce que j’appelle les utopies technologiques, parce que des scientifiques sont capable de brandir des messages rassurants : ne vous inquiétez pas, on va trouver des solutions sans problème, vous pouvez reprendre une consommation normale. Parce que derrière il y a des marchés, et que ces marchés il faut les alimenter. Le nerf de la guerre, c’est la logique de marché.

Qu’appelez-vous exactement « utopies technologiques » ?

Il faut redonner une compétence, une sorte de « prise » sur les systèmes techniques

L’utopie technologique tient à deux niveaux. Le premier, c’est qu’on est sur une planète finie, donc continuer à développer les technologies est un peu aberrant. C’est une première utopie, assez criante avec les inégalités qu’elle crée.

La seconde utopie consiste à considérer que tout le monde va adhérer à une technologie de la même façon, et de manière performante. C’est une critique de l’homme augmenté. On le voit quand on travaille sur les bâtiments à faible consommation ou à énergie positive : quoiqu’on fasse, le bâtiment consommera plus que ce qui était prévu sur le papier. Quoiqu’on fasse, sauf à développer des technologies qui “régressent”, qui comportent davantage de dimensions sociales.

Par exemple : on met plein d’automatismes dans les bâtiments pour gérer la lumière, les volets, la chaleur… Ce sont des automatismes, mais qui marchent de manière standardisée. Certains vont se satisfaire d’un système standard, d’autres pas du tout. Pour ceux-là, qui sont les plus nombreux, il faut leur redonner une prise sur les systèmes techniques, de façon à ce qu’ils puissent être un peu plus autonomes. Là, on est en train d’équiper les bureaux de télécommandes pour que les utilisateurs puissent reprendre la main sur cette standardisation. Redonner une compétence, une sorte de « prise » sur les systèmes techniques, de manière à ce qu’ils soient moins subis. La technologie peut être super, mais elle ne prend pas en compte le fait que les humains ne sont pas tous pareils.

D’ailleurs, il y a aussi un gap à noter sur la question des genres… Le monde de la technique est un monde masculin ; et les hommes pensent la technique pour des maisons alors que ce sont souvent des femmes qui l’utilisent... C’est en ce sens que je parle de « sociabiliser la technologie » : c’est-à-dire de rendre la technologie un peu plus attentive à la diversité des comportements possibles.

En parlant de redonner une « prise » sur les systèmes techniques, il existe aujourd’hui de plus en plus d’applications qui promettent d’aider l’usager à mieux gérer ses consommations. On parle de quantified self, par exemple. Quelle analyse portez-vous sur cette émergence ?

Est-ce que les consommateurs ont envie et besoin de savoir combien ils consomment ?

Le problème, c’est que toutes ces applications de maîtrise de ses consommations reposent sur le pari que les consommateurs ont envie et besoin de savoir combien ils consomment. Mais ce n’est pas le cas. C’est bien ça le problème. Personne ne se demande si les consommateurs ont vraiment envie d’entrer dans une démarche réflexive de ce type. Exemple avec l’étiquette énergie des réfrigérateurs. Les concepteurs des étiquettes ont fait le pari que les consommateurs s’intéresseraient à la question lors de l’achat d’un frigo. Mais ils avaient oublié que le consommateur est d’abord un consommateur, avant d’être un consommateur d’énergie.

Le consommateur n’est pas rationnel sur le sujet. Par exemple, on a fait une “filature” des acheteurs en magasin, et ce qu’on observe c’est que la seule catégorie de consommateurs qui fait des comparatifs ce sont les professeurs et les instituteurs... et les gens qui viennent de la technique, et qui sont sensibles à ça. Mais un frigo, on le choisit pour son prix, son design, voire un coup de coeur, etc. L’homme n’est pas rationnel - enfin, il est rationnel par rapport à son propre référentiel !  Le consommateur  n’est pas un homo-economicus comme on l’imagine. Au final, l’étiquette énergie a fait un flop total de ce point de vue-là. Par contre, effet inattendu, les fabricants ont fait des efforts sur la R&D pour mettre sur le marché des appareils plus performants.

En termes sociologiques, on observe que ceux qui ont fait du quantified self sont ceux qui regardaient déjà leurs compteurs, en faisaient des graphiques sur Excel ou papier millimétré. Une population qui était déjà dans une forme d’auto-surveillance de ses consommations. Le gros problème était que jusqu’alors il n’était pas possible d’agir sur ses consommations, puisqu’il était impossible de connaître la consommation unitaire des appareils. L’intérêt des smart-gridactuels ne tient que s’ils vont jusqu’à ce niveau d’information. Sinon, c’est voué à l’échec.

La dimension intangible de la technologie ressort-elle dans vos travaux pour expliquer les paradoxes observés sur ce sujet ?

C’est certain, c’est évident. On ne voit pas l’énergie circuler, on ne voit pas son intensité. Quand je suis devant mon ordinateur, je ne vois rien de ce qu’il consomme. EDF et les designers de Saint-Etienne ont fait des choses intéressantes avec une série d’objets du quotidien qui permettent de « visibiliser » la consommation d’électricité, et notamment les consommations fantômes qu’on a partout dans la maison. Par exemple, un ordinateur duquel tombent des gouttelettes lumineuses pour symboliser un gaspillage d’électricité quand l’ordinateur est en veille, alors qu’on pense qu’il est éteint. C’est une bonne manière pour faire prendre conscience au consommateur des kilowatts consommés par ses appareils électroménagers.

Mais attention, ce n’est pas parce que les gens voient leur volume de déchets qu’ils ont conscience de la problématique déchets. Parce que la problématique s’arrête à la poubelle. Il faut prendre le problème à la source (les emballages, etc) ; c’est la même chose pour l’automobile ou les consommations électriques : si l’appareil est disponible sur le marché, on ne peut pas empêcher le consommateur de l’utiliser.

Tout cela nous ramène inévitablement à la question plus générale de la Smart City, et de la gestion technologique de la ville. Quel regard portez-vous sur le sujet ?

Mon regard est un peu pessimiste : on est sur du smart technologique. On oublie simplement que, si on veut que les utilisateurs les utilisent de manière "smart", il faut qu’eux mêmes deviennent "smart". Et ce n’est pas la tendance actuelle, au contraire. La société de consommation ne donne pas les outils pour être réflexifs par rapport à ces équipements (en dehors du logement quand il est fourni équipé). Il faut rendre aux gens leurs compétences. Les technologies se substituent aux individus. Ils n’ont plus la main. Tout est piloté, certes... mais s’il n’y a plus de pilote dans l’avion, ça ne sert à rien.