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Participer à la vie sociale : entre intégration et inclusion

Illustration d'une femme portant un casque de chantier, créant un aménageant pour adapter un escalier à un fauteuil roulant

Dossier

Le paradigme universaliste ne va pas de soi. Ça n'est pourtant qu'à partir de cette révolution mentale que s'ouvre, très progressivement à partir du 18e siècle, un principe d’égalité de droit entre les personnes. Cette transformation du regard porté sur l’autre, à la fois différent et semblable, s'illustre particulièrement dans la prise en compte du handicap, comme le montre la chronologie qui ouvre ce dossier. Mais une fois ce principe posé, tout reste à faire pour le traduire dans les faits. Selon la nature perçue de la différence et le type de société espérée, différents modèles sont possibles et s’incarnent dans les outils législatifs et politiques publiques nationales et locales.

Pour ce qui relève des modèles, par exemple, celui de l’intégration a longtemps été privilégié, poussé par l’histoire de la République. Il consiste à intimer aux citoyens une injonction à trouver leur place dans la société. Mais tout le monde n’est pas également outillé pour affronter ce processus ; la société produit de l’exclusion et, si elle veut être juste, cela suppose pour elle de travailler à rééquilibrer les chances, c’est-à-dire d’œuvrer à l’insertion des personnes. C’est ce que montre très bien Jean-Marc Berthet. De même, il présente comment le modèle inclusif s’est ensuite imposé en inversant la charge de l’injonction. Là, c’est la société qui est sommée de faire de la place aux individus dans un ensemble commun pour garantir leur participation. Dans les deux cas, les politiques publiques doivent identifier et lutter contre les discriminations, qu’il s’agisse d’âge, d’origine, des sexes, etc.

Pour ce qui relève des outils, la transformation des modèles implique un glissement des mécanismes intégrateurs ou inclusifs, tant faire porter la responsabilité de la participation à l’individu ou à la société n’est pas identique. Quand l’effort pèse sur l’individu, la société peut s’en tenir à des modèles méritocratiques, faciliter la formation, voire mettre en place des mécanismes pour renforcer l’accès à l’emploi, aux droits – par exemple grâce à la dématérialisation –, ou encore pour « l’activation » des personnes. Quand l’effort pèse sur la société – et plus largement les organisations (travail, école, etc.) –, celle-ci doit s’organiser pour faire sauter les verrous existants et produire des politiques publiques plus spécifiques, usant par exemple de quotas, d’aménagements de postes de travail, etc.

En pratique, les différents modèles se côtoient, soutenant cependant une ambition similaire : favoriser la participation de tous à la vie commune.
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Date : 10/06/2021