Vous êtes ici :

Répondre à des temps éclatés et complexes

déambulation d'individus sous des horloges
© Crédits : IstockPhotos

Texte d'auteur

Depuis une quinzaine d’années, les rythmes éclatés, désynchronisés, continus 24h/24 et 7j/7, ont eu des répercussions importantes sur la mobilité.

Depuis une quinzaine d’années, les rythmes éclatés, désynchronisés, continus 24h/24 et 7j/7, ont eu des répercussions importantes sur la mobilité. La mise en place de la réduction du temps de travail a changé la donne temporelle, comme le précise l’enquête Keoscopie réalisée au téléphone par l’opérateur de transport Keolis en 2007, à partir de plus de 18 000 journées de déplacements dans 11 pôles urbains.  Les heures de pointe se sont lissées, en particulier celles du soir : 37 % de la population déclare commencer ou finir son travail en dehors des heures de pointe, contre 35 % aux horaires plus traditionnels. 60 % des salariés n’ont pas les mêmes horaires de travail selon les jours de la semaine et les durées de travail sont variées durant la semaine puisque 50 % travaillent du lundi au vendredi, tandis que 10 % travaillent en plus le samedi et 4 % le week-end. Si l’on veut que l’usager fasse évoluer ses pratiques de mobilité vers des habitudes plus durables, la collectivité doit aussi intégrer ces contraintes, les diagnostiquer finement et proposer une offre adaptée à la complexité des modes de vie. Il serait vain de faire l’économie d’une telle approche si l’on veut viser un réel changement dans les comportements de mobilité. Face à une telle complexité, la seule approche par l’offre est beaucoup trop réductrice. Ainsi, les opérateurs de mobilité et les autorités organisatrices de transports doivent proposer une offre de services la plus multimodale possible, dans laquelle l’usager va venir piocher, tout en étant la plus incitative à utiliser d’autres modes que la voiture solo. Puisqu’on ne fait pas les mêmes choses selon les jours de la semaine, on ne va pas se déplacer de la même manière, en utilisant le même mode. Ainsi, une même personne peut utiliser sa voiture personnelle le lundi, prendre un vélo le mardi pour aller travailler parce qu’il fait beau, covoiturer avec son voisin le jeudi car leurs rythmes s’accordent, et profiter de l’offre de transports en commun les autres jours. Coller aux réalités des utilisateurs passe nécessairement par l’intégration de la notion de « bouquet de services de mobilité » dans les réflexions stratégiques.