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La souffrance psychique des adolescents et des jeunes adultes

Étude

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Date : 11/05/2006

Présentation générale

Jamais comme aujourd’hui l’adolescence n’a été si longue et les adolescents si nombreux. L’état de santé d’un nombre important d’entre eux est préoccupant. Face aux multiples symptômes de leur mal-être, une attention particulière doit être apportée à la souffrance psychique qui peut apparaître dans des circonstances multiples, parfois de façon insidieuse.

Cette souffrance demeure mal définie, car elle recouvre des troubles du comportement de nature très diverse associés à des conduites toxicomaniaques, des passages à l’acte et une agressivité considérés comme des équivalents dépressifs.

Ce rapport dresse un panorama des principaux indicateurs de santé psychique des jeunes de 12 à 25 ans et s’attache à apporter un éclairage sur les petits signes d’alerte repérables par chacun. Les difficultés sociales, la désagrégation familiale, mais aussi l’échec scolaire doivent alerter précocement.

Des mesures de prévention et des réalisations spécifiques sont proposées pour répondre aux situations difficiles. Elles nécessitent une adaptation des institutions et des professionnels au contact des jeunes et une meilleure articulation entre eux.

Dans ses recommandations, le HCSP préconise d’améliorer les actions d’éducation à la santé, d’accroître la vigilance des adultes de proximité, de développer l’action des intervenants de crise, de favoriser la création de structures d’accueil, mais aussi de développer des recherches sur la résilience.

Principaux éléments en chiffres

En France, un habitant sur huit est âgé de 12 et  20 ans. En 1990, ils sont au nombre de 7 071 811, soit environ 875  000 sujets par âge, et représentent 12,5 % de la population française.

La mortalité est faible à l'adolescence.  En 1995, 5 324 des 15-24 ans ont perdu la vie, soit 1 % des décès enregistrés cette  année-là. La mortalité (toutes causes) a diminué de près  de 20 % depuis une dizaine d'années. Ainsi, parmi les 15-24 ans le taux de  mortalité (sur 100 000) des garçons est passé de 139,6 (1980) à 107,3 (1993), celui  des filles de 50,6 (1980) à 38,9 (1993).
Toutefois, dans 70 % des cas il s'agit d'une mortalité violente et évitable. Plus de la moitié des décès sont survenus par suite d'accident, près d'un décès sur sept par suite d'une tentative de suicide (1993). Les tumeurs et leucémies représentent la troisième cause de décès, loin derrière  l'accident et le suicide. Ainsi les causes de mortalité sont différentes de l'ensemble de  la population.

On note une nette surmortalité masculine. En  effet, en 1993 le taux de mortalité des 15-24 ans est de 107,3/100 000 pour les hommes et de 38,9/100 000 pour les femmes, soit un sex ratio (SR) de 2,75. Ainsi, le risque  de décès est près de 3 fois supérieur chez les garçons que chez les filles.

La mortalité par suicide, 2e cause de  décès, a moins diminué en France qu'ailleurs. Depuis les années 1990, la majorité des pays européens ont enregistré une diminution des taux de suicide des  jeunes d'environ 20 %. En France cette baisse n'atteint pas 15 %. Ainsi, la France, comme  la Finlande, la Suisse et la Belgique, se situe actuellement parmi les pays ayant les taux de mortalité par suicide les plus élevés d'Europe.

Les données de mortalité suggèrent la  prédominance des troubles psychosociaux à l'adolescence, d'où leur intérêt pour mieux  comprendre la souffrance psychologique des jeunes.

Présentation des principales études présentées dans le rapport
Les données rassemblées dans cet état des lieux sont  issues de plusieurs études qui, depuis plusieurs années, visent à établir un panorama  de plus en plus précis de l'état de santé des adolescents français.

 • Les études menées par M. Choquet avec l'unité 472 de  l'Inserm portent sur les adolescents de la population générale. Une enquête nationale a  été réalisée en milieu scolaire auprès de 12 391 élèves de collèges et lycées, dont l'âge moyen est de 15 ans. Les jeunes ont répondu (taux de réponse 87 %) à un  auto-questionnaire portant, en outre, sur la perception des problèmes de santé, des  symptômes et des consommations. Selon le même protocole 3 000 jeunes, âgés en moyenne  de 21,5 ans et en voie d'insertion, ont été étudiés (enquête CFI-Paque - Contrat de  formation individuelle, Programme d'aide à la qualification. En 1998, 917 jeunes des services de  la Protection judiciaire de la jeunesse ont participé à une enquête du même type.

 • Le Baromètre santé jeunes est une enquête téléphonique  menée en 1997/1998 par Arènes et coll. auprès de 4 115 jeunes de 12 à 19 ans (taux de réponse 73 %). Le  questionnaire comportant 150 items vise à évaluer la santé perçue.

L'Observatoire français des drogues et des toxicomanies a rendu publiques plusieurs études concernant les consommations de produites toxiques : une  chez les lycéens de la région parisienne en 1983, 1991 et 1999, une auprès de 9 000 lycéens de 6 régions de France.

Principaux indicateurs de santé retenus

Les états dépressifs
Les accidents
Les conduites suicidaires
Les conduites addictives
Les conduites violentes
La précarité et la souffrance psychique
La résilience