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La réorganisation générale des services communautaires de 1984 : une phase de modernisation méconnue

Étude

Date : 01/06/2008
Contexte de la synthèse : Après avoir été créée comme une communauté de moyens il y a 40 ans de cela, sous l’impulsion de l’État, le Grand Lyon constitue aujourd’hui une communauté de projets autonome, reconnue pour son efficacité dans la gestion d’un territoire qui regroupe 57 communes et plus de 1,3 millions d'habitants. Mais l’histoire ne s’arrête jamais : cette collectivité reste en devenir et l’enjeu est désormais de constituer une véritable communauté de destin, inscrite dans le grand bassin de vie de l'agglomération, à savoir le territoire qui, de Saint-Etienne à Ambérieu-en-Bugey, de Vienne à Villefranche-sur-Saône, regroupe plus de 2 millions d'habitants. 2 millions d'habitants rapprochés par les réalités de la vie quotidienne, mais aussi par la nécessité de former une masse critique capable de maintenir la capacité d'innovation et le rang du Grand Lyon dans le contexte de la concurrence internationale du 21e siècle. Pour y parvenir, il s’agit non seulement de partager collectivement des projets, mais aussi de se doter de racines communes.Résumé :  Depuis sa création, la communauté urbaine est en incessante transformation de ses modes d’organisation, pour s’adapter à ses missions. L’organigramme a été revu à plusieurs reprises, avec deux refontes importantes : en 1984 et en 1990. La première est une phase de modernisation bien moins connue que celle amorcée quelques années plus tard avec Michel Noir. En fait, au début du second mandat de Francisque Collomb, après 15 ans de vie communautaire, le besoin est ressenti d’un nouveau souffle, de traduire aussi des évolutions dans l’organigramme. Le contexte général joue un rôle important : il faut faire passer dans l’organisation administrative les lois de décentralisation de 1982-1983 et s’adapter à un contexte économique moins favorable que celui des années 70. En d’autres mots la communauté urbaine doit trouver les moyens de mieux contrôler ses dépenses ; les mots « rigueur » et « efficacité » sont dans tous les discours, et Francique Collomb se qualifie lui-même de « président anti-gaspi »…De la réorganisation (adoptée en séance du conseil le 3 mai 1984), il ressort la volonté de mieux contrôler la machine communautaire en « musclant » les cabinets du président et du secrétaire général ainsi que l’encadrement, de renforcer aussi l’urbanisme et l’aménagement dans les politiques communautaires ; pour ce faire, deux départements sont créés, « Développement » et « Planification », le premier étant particulièrement innovant.

Sommaire :

1. Les raisons de la réorganisation de 1984 : surtout maîtriser les dépenses !

2. L’opposition socialiste et communiste dénonce une réforme non concertée, porteuse  de dérives bureaucratiques et centralisatrices

3. Le nouvel organigramme : qu’est-ce qui change ?

4. Une modification de l’équilibre entre gestion directe et gestion concédée à des opérateurs privés

5. La communauté urbaine maîtrise son budget, et voit ses effectifs diminuer

6. Une réorganisation qui ouvre la voie à la prise en main du développement urbain par les services communautaires

7. Nouvelles approches de la gestion urbaine : planification flexible, mode projet et transversalité de l’action, logique de mission