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Entre travail individuel et action collective : la question de la coopération

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Conférence de Christophe Dejours

Synthèse de la conférence de Christophe Dejours, médecin-psychiatre, professeur au CNAM.
Date : 10/04/2008

L’individualisme et l’autonomie, ces conquêtes de l’homme moderne ont déjà une très longue histoire. A travers ce cycle de conférences-débats, le Conseil de développement du Grand Lyon et l’ENS LSH vous invitent à réfléchir sur les modalités du vivre ensemble dans une société d’individus.Le parcours proposé combine 3 questions :
● Quelles sont les formes actuelles de l’individualisme ?
● Les ressources mobilisées par les individus pour agir sur la société doivent-elles confortées ?
● Comment l’acteur public peut-il se saisir de ces évolutions pour concevoir le tissage du collectif aujourd’hui ?Nous avons souhaité vous offrir, à la suite de chaque conférence, une synthèse sous forme de vade-mecum où vous retrouverez la teneur de l’exposé, afin de tisser avec vous un lien tout au long du cycle.

LA CONFÉRENCE

Quel est le rapport entre le travail et l’action ? À quelles conditions les évolutions actuelles du monde du travail peuvent-elles être transformées ?
« Individualisme et dynamiques collectives » rappelle une contradiction centrale de la théorie politique : la noblesse du politique serait du côté de l’action, alors qu’il conviendrait de se méfier de l’individu. Or, sous la loupe du travail, cette contradiction n’est pas antagonique. L’individu n’est pas un obstacle à l’action mais une exigence spécifique : penser ensemble l’action et la vie. Mieux, l’action (collective) pourrait gagner en rationalité si elle intégrait l’exigence de respecter la vie (individuelle). Réfléchir au travail, c'est rendre ce compromis possible.
1- Qu’est-ce que le travail ?
2- Du travail à l’action
3- La construction de la coopération
4- La délibération : le sens politique du travail
5- Sens collectif du travail et management de l’individu

ÉCHO DES DÉBATS
Les dirigeants qui cherchent à réformer leur organisation du travail n’ont aucune idée sur la manière de procéder, étant tous issus des mêmes écoles de commerce ! Seule la gestion ayant été valorisée, ils ne savent plus penser le travail.
Le monde du travail peut être l’école de la solidarité et de la démocratie, mais aussi celle du pire, l’utilisation jusqu’à la mort des hommes et femmes jetables. Lorsque l’entreprise vient s’occuper de la Cité, elle la transforme de fond en comble… et pas dans le bon sens ! La puissance critique du travail nous permet d’éviter cette aliénation, au plan individuel et collectif.
Le travail peut accroître la santé car il profite directement à la construction de l’identité personnelle : lorsque la qualité de mon travail est reconnue, ma souffrance du départ est transformée en plaisir d’accomplissement de soi. Comme l’identité est l’armature de la santé mentale, ma santé s’accroît. Etant reconnu comme un pair, j’appartiens à une communauté, et je conjure la solitude.