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Conjuguer le bien commun avec l’aspiration à l’autonomie et le refus des contraintes : une lecture de la ville contemporaine

Article

Synthèse de la conférence de Marie Christine Jaillet

L’individualisme et l’autonomie, ces conquêtes de l’homme moderne ont déjà une très longue histoire. A travers le cycle de conférences-débats "Individualisme et dynamiques collectives", le Conseil de développement du Grand Lyon et l’ENS LSH vous invitent à réfléchir sur les modalités du vivre ensemble dans une société d’individus.
Le parcours proposé combine 3 questions :
● Quelles sont les formes actuelles de l’individualisme ?
● Les ressources mobilisées par les individus pour agir sur la société doivent-elles confortées ?
● Comment l’acteur public peut-il se saisir de ces évolutions pour concevoir le tissage du collectif aujourd’hui ?
Nous avons souhaité vous offrir, à la suite de chaque conférence, une synthèse sous forme de vade-mecum où vous retrouverez la teneur de l’exposé, afin de tisser avec vous un lien tout au long du cycle.
Date : 15/11/2007

LA CONFÉRENCE
L'individu a été longtemps encadré par des systèmes de valeurs qui donnaient du sens à sa vie. Il était inséré dans des groupes organisés : la famille, l’usine, le syndicat, le parti... Il était établi dans des lieux : le quartier, la commune, le village... Cela produisait un individu relativement sécurisé, disposant d’une place (pas toujours choisie) dans la société. Ce système s'est désagrégé. L'individu y a gagné de la liberté et de l'autonomie ; il accepte de moins en moins d’être pris dans la pesanteur de relations obligées, gouvernées par la hiérarchie ou l’autorité. Les relations doivent obéir aujourd'hui au principe de la satisfaction et du libre choix. Les liens sont nombreux mais ténus, souvent sans contact direct. Dès lors, les individus ont perdu le sentiment de l’interdépendance, même s'ils ne sont de fait pas moins dépendants les uns des autres. Or, l'expérience de l’interdépendance a conduit à abandonner la violence, à se ménager, à privilégier l'échange. Elle est un préalable au développement de la solidarité avec « celui qui ne fait pas partie des siens ».