Vous êtes ici :

Les enjeux d’une politique destinée à encourager et favoriser l’innovation

Interview de Noël PAULl

<< Le nombre n’a jamais été une fonction déterminante pour développer l’innovation >>.

Atout décisif de l’attractivité d’un territoire, l’enseignement supérieur et la recherche constitue, depuis 2001, un axe de développement stratégique sur lequel les élus de la communauté d’agglomération ont décidé de s’engager. Soutien au développement de nouvelles formations, valorisation de la recherche, amélioration de la qualité d’accueil des étudiants et des enseignants-chercheurs, projets en cours ou futurs…
Noël Paul, Vice-président de Saint-Etienne Métropole en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, nous expose les tenants, aboutissants et enjeux d’une politique destinée à encourager et favoriser l’innovation.

En 2001, Saint-Etienne Métropole a choisi, dans le cadre de ses compétences optionnelles, d’apporter son soutien à l’enseignement supérieur et aux actions de valorisation de la recherche. Pourquoi ?
Pour être tout à fait exact, l’enseignement supérieur et la recherche est devenu une compétence optionnelle de la communauté d’agglomération en 2001. Cela étant, nous n’avons pas attendu cette date pour nous pencher sur la question. Dès la création de Saint-Etienne Métropole en 1995, la relation entre l’enseignement supérieur et la recherche nous est apparue comme un des axes prioritaires de la stratégie de développement de notre territoire. Quand on créé une communauté de destin, la meilleure façon de la faire vivre, c’est d’offrir un emploi à celles et ceux qui ont choisi de s’y associer. Pour ce faire, il faut développer et encourager l’innovation et donc en amont avoir des centres de formation de haut niveau. L’Histoire a montré et montrera encore qu’aucun territoire ne se développe réellement en dehors de ces centres de formation. La recherche scientifique et l’enseignement supérieur auquel elle est génétiquement liée est le levier principal du développement et de l’attractivité d’un territoire. Elle est le creuset où se forgent les instruments de notre indépendance industrielle et technologique, et donc de la compétitivité de notre bassin d’emplois.

Dans les faits, comment s’est traduit le soutien à l’égard de l’enseignement supérieur et de la recherche ?
Depuis 2001, Saint-Etienne Métropole a investi un million d’euro par an, divisé à part égale entre la recherche et l’enseignement supérieur. Dans le domaine de la recherche, la première action a été la mise à niveau internationale des laboratoires stéphanois. Il a fallu donner les moyens matériels à ces laboratoires d’aller plus loin dans leurs investigations. Entre le Conseil général, Saint-Etienne Métropole, les fonds propres et l’apport de la réserve parlementaire de Christian Cabal, ce sont au total près de 7 millions d’euros en 6 ans qui ont été investis dans l’achat de matériel à destination de la recherche. Résultat, aujourd’hui nos laboratoires sont reconnus sur le plan international. Bon nombre ont obtenu les labellisations CNRS, INSERM ou EA1 et la plupart sont engagés dans des coopérations internationales. 
Sur le volet enseignement, Saint-Etienne Métropole a souhaité porter son action sur le financement et le développement de nouvelles formations. La création par l’ENISE d’un Mastère « Dual Design » et l’arrivée en 2003 de l’Ecole Supérieure d’Optique à Saint-Etienne en sont des exemples probants. On peut citer aussi le Master Business Administration mis en place en 2001 par l’Ecole Supérieure de Commerce de Saint-Etienne, l’Option design intégrée au Mastère " Art et Littératures " et la création d'un Mastère sur les métiers du patrimoine à L'Université Jean Monnet ou encore le DESS sur les espaces publics, associant design et aménagement, à l'Ecole d'Architecture de Saint-Etienne.

Et les conditions d’accueil et de vie des étudiants ?
C’est le troisième volet de notre action. La communauté d'agglomération s’est associée entre autres à l’Europe, à l'Etat, à la Région Rhône-Alpes et au Conseil général de la Loire pour mener, sur la période 2000-2006, plusieurs opérations d’envergure : Réhabilitation des 11 500 m2 du site Denis Papin, construction de la Maison de l’Université et des Etudiants sur le site Tréfilerie, transfert de l’ISTP et de l’IRUP3 … L’objectif étant d’améliorer rapidement les conditions d’accueil, de travail et de vie de nos étudiants.

Les projets et actions futures en faveur de l’enseignement supérieur et de la recherche ?
Certains projets phares vont entrer prochainement dans leur phase de réalisation. C’est le cas de la Maison de l’Université et des Etudiants, du transfert de l’ISTASE sur le site du Pôle Optique et Vision, mais aussi de la construction du Centre Ingénierie et Santé de l’Ecole des Mines sur le site de l’Hôpital Nord. Saint-Etienne Métropole participe activement à ces projets et en assure de plus la maîtrise d’ouvrage déléguée.
De manière générale, la communauté d’agglomération entend bien poursuivre la politique mise en place depuis 2001. Cela passe évidemment par le soutien au développement de nouvelles formations, mais aussi par le renforcement de nos axes de recherche. L’objectif étant de donner les moyens matériels à nos laboratoires de poursuivre leur développement, tout en de favorisant le travail en réseau et les collaborations avec d’autres laboratoires. Il est d’ailleurs prévu qu’en 2007, deux antennes grenobloise du CEA ( Commissariat à l’Energie Atomique ), le LETI ( Laboratoire d’Electronique de Technologie de l’Information ) et le LITEN ( Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies nouvelles et Nanotechnologie) viennent s’installer à Saint-Etienne, sur le site du Pôle Optique et Vision. 
Autre point important, il faut améliorer la visibilité à l’international de notre potentiel de formation et de recherche. Les PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur) et les pôles de compétitivités ont été créés à cet effet. De son côté, Saint-Etienne Métropole a décidé d’investir dans l’aménagement d’une Maison Internationale de la Recherche pour favoriser l’accueil des enseignants-chercheurs en séjour à Saint-Etienne. 

Au regard des effectifs (20 000 étudiants), le pôle universitaire stéphanois peut-il se faire une place en Rhônes-Alpes ?
C’est évident ! Pour ma part, je ne crois pas à l’effet de masse. Certes la masse permet d’avoir un spectre large d’innovation, mais elle peut aussi conduire à une certaine inertie. En outre, le nombre n’a jamais été une fonction déterminante pour développer l’innovation. Je crois plus à la réactivité, aux structures de réseaux et à la capacité de l’agglomération stéphanoise à se positionner et à s’organiser sur des niches. 

1 Équipe d'Accueil : agrément ministériel

2 ISTP = Institut Supérieur des Techniques Productiques

3 IRUP : Institut Régional Universitaire Polytechnique