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Valpré, un centre pour le tourisme religieux

Interview de Marc FAIVRE

<< Nous avons une histoire religieuse très riche à Lyon, et je suis convaincu qu’il y a un potentiel de développement assez fort pour le tourisme religieux >>.

Le centre Valpré bénéficie d’une infrastructure particulièrement intéressante pour accueillir « des rencontres d’envergure » : un amphithéâtre de 170 places, une salle de 330 places , 110 chambres, soit 150 lits. Ce lieu accueille avant tout des organisations et manifestation religieuses importantes et d’envergure souvent internationale : Conférence des Evêques de France, les Œuvres Pontificales missionnaires , Œuvres Pontificales Missionnaires. Ce centre est donc particulièrement attractif pour le tourisme religieux mais aussi pour le tourisme d’affaire. D’une part, il y a énormément de congrégations implantées dans la région Rhône Alpes et d'autre part, les entreprises (nationales ou régionales) y trouvent, un lieu propice pour leurs séminaires.
Malgré cette attractivité aux retombées économiques non négligeables, la Ville de Lyon néglige quelque peu cette forme de tourisme.
Rencontre avec Marc Faivre d’Arcier, Directeur du Centre de séminaires de Lyon-Valpré.

Réalisée par :

Date : 29/06/2004

Quels sont les publics que vous accueillez à Valpré et quelles sont les particularités de ce lieu ?
Nous avons deux types de public : les organisations religieuses, comme la Conférence des Evêques de France, les Œuvres Pontificales missionnaires, des congrégations… qui représentent environ 25% de notre activité. Cela tient en particulier à une des spécificités de ce lieu, qui appartient à la congrégation des Assomptionnistes. Le reste de l’activité concerne des entreprises et des associations, des syndicats, des congrès universitaires ou médicaux... Ils viennent pour des séminaires à la journée ou des séminaires résidentiels, des congrès, des formations, profitant le plus souvent d’une autre particularité importante de ce lieu, qui est de pouvoir proposer dans un cadre de verdure des salles de travail (10 salles de 10 à 40 places), un amphithéâtre de 170 places, une salle de 330 places et une capacité d’hébergement unique. Nous avons sur place 110 chambres, soit 150 lits : autant dire qu’il n’y a pas beaucoup d’équivalent à Lyon. Que ce soit la semaine ou le week-end, on ne trouve pas beaucoup de lieux où vous avez à la fois des équipements pour travailler et une possibilité d’hébergement pour 150 personnes. Nous avions par exemple la semaine dernière, pendant toute la semaine, les acheteurs mondiaux du groupe Lafarge, soit une centaine de personnes venues organiser leur séminaire… Même à Paris, vous n’avez pas de centre de séminaires avec une capacité d’accueil aussi importante, ce qui explique que beaucoup de structures parisiennes choisissent d’organiser leurs rencontres à Valpré. Ce qui plait aussi aux personnes qui viennent ici, c’est que c’est vraiment un lieu de travail, puisque vous avez tout sur place. On reçoit même des orchestres qui viennent répéter pendant une semaine chez nous. Une autre particularité, que nous n’avons pas vraiment exploitée jusqu’à présent : il y a ici une bibliothèque avec un fonds de plus de 80 000 ouvrages ! Nous menons donc une réflexion pour voir comment nous pourrions valoriser ce patrimoine, en imaginant par exemple d’attirer des chercheurs, qui peuvent être logés et nourris sur place. C’est bien sûr un micro marché pour nous, mais il peut être très porteur en terme d’image.

Comment travaillez-vous avec les autres acteurs du tourisme lyonnais ?
J’ai un peu l’impression aujourd’hui que ce qui est privilégié à Lyon, c’est Eurexpo, la Cité Internationale, la future salle des 3000 et le Sofitel, et les grandes institutions lyonnaises du centre ville. C’est un peu comme ça que je ressens les choses, sans doute parce que nous ne sommes pas assez connus… Mais il se passe ici des rencontres d’envergure. En 2005, nous allons avoir par exemple les Sessions Internationales des Œuvres Pontificales Missionnaires, soit 250 personnes venues du monde entier et accueillies ici pendant 10 jours. Toujours en 2005, le Chapitre Général de la Congrégation du Saint Sacrement se réunira à Valpré : là encore, ce sont plus de 100 personnes qui viendront du monde entier et que nous accueillerons ici. J’ai l’impression que, malgré des manifestations de cette ampleur, nous sommes encore isolés, et que personne ne prend vraiment la mesure de ce qui se passe ici. Le fait de ne pas être au centre ville nous handicape sans doute un peu, mais il ne faut pas plus d’un quart d’heure pour aller d’ici au centre ville. La plupart des structures religieuses qui organisent des séminaires ou des congrès viennent chez nous, mais je n’ai pas vraiment l’impression que la Ville de Lyon s’intéresse à ce que nous faisons ici.

Au-delà de vos capacités d’accueil, pourquoi ces organisations viennent-elles à Lyon ?
La destination de Lyon est très importante pour eux, il y a un vrai tourisme religieux dans notre région. Lyon est tout de même la capitale des Gaules, et il y a énormément de congrégations implantées dans la région Rhône Alpes. Par exemple, je viens de recevoir une demande de prestation d’hébergement pour la communauté des Béatitudes, qui organise en 2005 une retraite sacerdotale mondiale à Ars, avec plus de 2000 personnes attendues. Ils ne viennent pas dans la région par hasard. Nous avons une histoire religieuse très riche à Lyon, et je suis convaincu qu’il y a un potentiel de développement assez fort pour le tourisme religieux.

La diversité de vos publics, et en particulier la présence des secteurs non lucratif et religieux, vous permet-elle d’avoir une activité mieux répartie dans l’année ?
On s’aperçoit qu’on a ici les mêmes problèmes de saisonnalité que le Novotel. L’activité est très importante à l’automne : la maison est pleine du 1er octobre au mois de décembre. On essaie de décaler au mois de septembre, de proposer des tarifs avantageux mais il n’y a rien à faire : que ce soient des entreprises, des associations, des syndicats, ils veulent tous organiser leurs séminaires à partir du mois d’octobre. Même les associations de retraités Page 3 fonctionnent de cette façon. J’ai n’ai pas réussi à convaincre l’Amicale des Anciens de Centrale Lyon d’avancer leur séminaire sur la première quinzaine de septembre ! Tout le monde est calé sur l’activité du privé. Les seules exceptions, et c’est un axe de développement important pour nous, concernent les universités d’été d’organisations religieuses, qui se tiennent souvent entre juillet et août.