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Parcours & ressentis d'étudiants en écoles privées

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Étude

Synthèse de la table ronde du 20/02/2020

En France, en 2018, plus de 520 000 étudiants étaient inscrits dans un établissement d'enseignement supérieur privé, soit une augmentation de 77 % depuis 1998. Bien plus, les données prévisionnelles chiffrent aux alentours d’un tiers (33 %) la part des étudiants qui pourraient être inscrits dans le supérieur privé dans dix ans. Ainsi, ce phénomène semble voué à s'amplifier. L’objectif de la présente démarche prospective est donc de mieux comprendre l’impact à venir de l’enseignement supérieur privé, qui s’impose de plus en plus face à l’enseignement supérieur public.

Découvrez l'étude complète en téléchargement, et son essentiel sur cette page.
Date : 04/02/2021

L’essentiel

Dans un contexte de développement de l’enseignement supérieur privé en France comme dans la métropole de Lyon, Nova7 s’est intéressé au point de vue des étudiants qui ont choisi ces formations. Il s’agit de comprendre les représentations qu’ont les étudiants vis-à-vis de l’enseignement supérieur privé, leurs attentes et leurs critères de choix mais aussi le vécu de leur cursus dans ces écoles.

 

Principaux enseignements

 

  • Les étudiants ont des motivations différentes dans leur choix de formation supérieure et nous avons repéré quatre profils archétypaux :
  1. Certains optent pour une école qui correspond à leurs valeurs et leurs aspirations. Ils sont en quête de sens et s’inscrivent dans un cursus qui aborde des enjeux sociétaux qui leur tiennent à cœur : de l’écologie à l’intelligence artificielle, en passant par l’humanitaire ou la santé.
  2. D’autres étudiants cherchent avant tout leur épanouissement personnel, et optent pour une formation dans laquelle ils voient la réponse à une « vocation », ou encore à laquelle ils associent le confort d’une promotion soudée, à taille humaine et bien encadrée.
  3. Pour d’autres encore, le choix de la formation résulte d’une comparaison bénéfice/coût rationnelle. Ils perçoivent l’inscription dans une école comme un investissement et cherchent avant tout une garantie d’insertion sur le marché du travail.
  4. Enfin, certains anticipent les évolutions de la société ou de l’économie et souhaitent une formation qui les préparent à de nouveaux métiers, ou même à en changer plusieurs fois tout au long de leur vie.
  • Les étudiants valorisent la diversité de l’offre d’enseignement supérieur mais regrettent qu’elle ne tienne pas toujours ses promesses.
  • Les étudiants sont démunis face à des choix d’orientation complexes et à fort enjeu pour eux.
  • Les étudiants reconnaissent la professionnalisation des formations privées mais critiquent les inégalités qu’elles génèrent.

 

Questions prospectives – Qu’est-ce qu’une formation d’avenir pour les étudiants ?

 

  • Une formation opérationnelle, qui crée des liens forts entre les étudiants et le monde de l’entreprise ou du travail par le biais de stages, de projets concrets, de l’accompagnement à l’entrepreneuriat, de la présence de professionnels dans le corps enseignant, par les réseaux, etc.
  • Une formation adaptée aux besoins du marché du travail, qui offre des débouchés dans des secteurs qui recrutent aujourd’hui et recruteront demain, en s’adaptant aux évolutions socio-économiques.
  • Une formation transversale, qui apprend à penser de manière systémique, à développer son esprit critique, à interagir avec différents types d’acteurs extérieurs à l’école, etc.
  • Une formation à la pédagogie alternative, qui valorise des méthodes d’apprentissage pair-à-pair, des modes de gouvernance participatifs, de l’expérimentation, etc.

 

Enjeux pour la Métropole

 

Sur le lien entre l’enseignement supérieur public et privé :

  • Est-ce que la Métropole doit valoriser et stimuler la diversité de l'offre globale d'enseignement supérieur privé, ou plutôt tenter de la réguler pour garantir la qualité des formations proposées sur le territoire ?
  • Face à l'attractivité croissante de l'offre privée, quel rôle la Métropole peut-elle jouer pour revaloriser et renforcer l'offre publique ?
  • Dans quelle mesure la Métropole peut-elle favoriser les collaborations entre écoles publiques et privées sur le territoire ? Avec quels objectifs et par quels moyens ?

 

Sur l’accompagnement des étudiants :

  • Comment accompagner tous les étudiants dans leurs choix d'orientation, quels que soient leurs profils et leurs priorités ?
  • Comment clarifier l'offre de formations sur le territoire et la rendre plus lisible pour les étudiants ?
  • Comment accompagner les étudiants de manière « neutre » et objective vis-à-vis d'écoles privées qui n’ont pas toujours d’accréditations ou de certifications ?

 

Sur la connexion entre les écoles et le territoire :

  • Comment connecter tous les étudiants au monde professionnel sur le territoire pour favoriser leur future insertion professionnelle ?
  • Comment les aider à choisir des formations professionnalisantes adaptées aux besoins des employeurs publics ou privés de la région ?

 

Méthodologie

Cette étude qualitative exploratoire s’est appuyée sur l’organisation d’un focus group réunissant 10 étudiants de différentes écoles supérieures privées de la métropole de Lyon : ESPI (enseignement des professions immobilières), Supécolidaire (enseignement des métiers de la transition écologique et solidaire), ITECH (école d'ingénieurs en chimie), ECEMA (école de management), École Emile Cohl (école d'art), EPSI (école d'ingénierie informatique), ECAM (école d'ingénieurs en arts et métiers), Cours Diderot (établissement proposant une offre de formation diverse : tourisme, diététique, protection de la nature), CIEFA (école de communication).

Les étudiants ont été recrutés sur des critères variés (filière, taille et statut des écoles, niveau socio-économique, année de formation, genre...) pour garantir la diversité des participants et des points de vue exprimés.

L’objectif était de recueillir les représentations, perceptions et retours des étudiants sur l’enseignement supérieur privé, en centrant les échanges sur les motivations à intégrer une formation, et sur les critères de choix d’une école. Pour ce faire, le focus group, utilisant des supports projectifs et d’expression collective, comportait trois parties :

  1. Les représentations de l’enseignement supérieur privé, les motivations et les choix d’un cursus et d’une école ;
  2. Le vécu de la formation, et la comparaison par rapport aux attentes initiales ;
  3. Une ouverture prospective sur le thème d’une « formation d’avenir » et sur la projection professionnelle des étudiants.