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Les missions de l'Office du tourisme

Interview de François GAILLARD

<< Le territoire du Grand Lyon est indéniablement adapté à la promotion de Lyon comme destination touristique >>.

François Gaillard, directeur général de l'Office du tourisme et des congrès du Grand lyon, fait le point sur les différentes missions et l'organisation de l'office. Il revient sur la notion de territoire touristique et présente les grandes orientations actuelles pour le développement du tourisme dans l'agglomération lyonnaise.

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Date : 16/10/2006

Les missions principales d’un OT sont définies par le code du tourisme, mais votre cadre d’actions est souvent plus large. Pouvons-nous commencer par faire le point sur les différentes missions de l’OT ?
Les missions dévolues par nature à un OT sont les missions de promotion touristique, d’accueil, d’information, voire de coordination des partenaires touristiques locaux.
A cela s’ajoutent l’accompagnement et le conseil des prestataires dans leur activité, la commercialisation de prestations de services touristiques telles que la « Lyon City Card », les « Week-ends découverte », les « Visites Guidées » ainsi que la gestion d’une «  Centrale de Réservation » pour individuels. Notre rôle est de stimuler l’activité touristique et non de nous substituer aux prestataires touristiques. Ceux-ci attendent en effet de l’OT la promotion de la destination, un accueil, et une information optimale donnée au client, ce qui est une mission plutôt complexe à mener à l’échelle d’une agglomération telle que le Grand Lyon. L’OT développe aussi des outils d’observation des flux afin d’étudier les grandes tendances et adapter les stratégies de ses différents services.… A ce sujet, nous avons créé récemment un observatoire du tourisme d’affaires qui vient compléter les données de l’observatoire de l’hôtellerie. 
L’OT joue aussi un rôle de stimulateur, voire d’accompagnateur. Par exemple, l’OT a été associé très tôt au projet « Lyon, le Grand Tour » et a apporté son expertise dans le montage du dossier. Des Maires, souhaitant réfléchir au développement de produits touristiques, nous sollicitent pour l’assemblage et nous pouvons ensuite organiser un test de ces produits à certaines occasions, comme, par exemple, lors des Journées du patrimoine. Autre exemple parmi tant d’autres, nous avons mis en place le label  I love events  destiné à l’accueil des touristes d’affaires : des centaines d’établissements, restaurateurs, commerces, bars, discothèques, se sont engagés à réserver un accueil personnalisé et spontané aux visiteurs portant le badge de leur congrès. Ce dispositif est une belle réussite.

Comment est organisé l’OT pour faire face à ces différentes missions ?
Depuis sa création en 1905, les compétences de l’OT ont considérablement évolué. D’un statut « passif » de Syndicat d’Initiative il est passé à un statut « pro-actif » d’Office du Tourisme et des Congrès. Aujourd’hui, l’OT est plutôt bien calibré et représente une équipe d’environ 60 salariés. On distingue les Services Réceptifs en charge de l’accueil (10 personnes) qui reçoivent près de 400 000 personnes par an. Ce service comprend aussi le Bureau des Guides (30 guides et 4 administratifs) qui, chaque année, organise plus de 110 000 visites (80 % des visites de groupes, 20 % des visites « d’individuels »). Le Bureau des Congrès, qui est le département tourisme d’affaires de l’OT, comprend 7 personnes. Le service communication (7 personnes) gère toutes les publications de l’OT (plus d’un million par an), le site internet (le 3ème site le plus visité de l’agglomération), les relations avec la presse, les relations avec les adhérents (600 professionnels) et la veille événementielle… A cela s’ajoute évidemment un service gestion (5 personnes).

Comment est financé l’OT ?
L’OT est une association . Elle est subventionnée par la Ville de Lyon, par le Grand Lyon et par la CCI. Ces subventions représentent environ 70 % des ressources. Le financement de l’OT est complété par l’adhésion de ses partenaires, au nombre de 600 (il s’agit d’hôteliers, de restaurateurs, de prestataires…) et par la vente des produits : Visites guidées, Lyon City Card, Centrale de réservation, merchandising. L’ensemble représente un budget d’environ 4,4 millions d’euros.

Peut-on dire que l’OT se situe à l’interface des demandes des visiteurs et de la population locale, des attentes des professionnels et de la stratégie de la collectivité ? Comment concilier ces différentes attentes ?
Le temps où le tourisme faisait peur est aujourd’hui révolu. Les développements effectués pour l’accueil des touristes profitent à la population locale (ex : Amphithéâtre) et vice versa. L’activité touristique est une véritable industrie génératrice de chiffres d’affaires importants et de dizaines de milliers d’emplois : elle devient un enjeu majeur de développement économique et de rayonnement pour les agglomérations, particulièrement en France où le tourisme est la première industrie. Elle ne peut plus être perçue comme une gêne au quotidien par la population locale mais plutôt comme un éléments de valorisation (« ma ville est belle, elle est visitée »). Enfin, du point de vue de la collectivité, les Offices de Tourisme ne sont pas des postes de dépense comme les autres : ils génèrent au sein de l’agglomération des chiffres d’affaires très importants. L’approche doit donc s’effectuer en terme d’euros investis et d’euros générés.

Le statut juridique de l’OT est-il en adéquation avec ses activités ?
Aujourd’hui, oui, car il doit parfois concilier des logiques différentes. Le co-financement d’un OT par une ville, une communauté urbaine et une CCI implique une bonne connaissance des objectifs de chaque structure. Aujourd’hui, afin de simplifier la mise en place de stratégies, la tendance veut que les OT soient, soit de ville, soit d’agglomération. En outre, tourisme d’affaires et tourisme d’agrément sont intimement liés, envisager une stratégie unique à l’échelle d’une agglomération paraît donc cohérent. Le statut associatif apporte une souplesse de gestion et de gouvernance adaptée aux Office du Tourisme. Aujourd’hui, nous constatons que de plus en plus d’Offices du Tourisme de grandes villes deviennent Offices du Tourisme d’Agglomération et optent alors pour un statut d’EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial) souvent plus rigide.

Pour l’exercice de ces missions, le territoire du Grand Lyon est-il le territoire touristique pertinent ?
Oui, ce territoire est indéniablement adapté à la promotion de Lyon comme destination touristique. L’offre touristique ne s’arrête pas aux portes de Lyon : vu de Shangaï, les contours de Lyon ne sont pas les mêmes… Suivant les marchés cibles, nous devons ainsi adapter notre discours et notre positionnement au sein de notre environnement. Nous développons aussi des partenariats régionaux, nationaux et européens, avec d’autres structures, d’autres OT. Les réseaux sont très importants dans nos actions, notamment dans les démarches de benchmark permanent. Nous faisons ainsi partie de nombreux clubs, comme le « Club des Grandes Villes », animé par Maison de la France, qui vise à promouvoir le tourisme urbain et la diversité des villes françaises. Le Bureau des Congrès de l’OT adhère aussi à diverses associations professionnelles internationales.

Quelles sont les grandes orientations actuelles pour le développement du tourisme de la métropole lyonnaise ?
L’objectif actuel est de faire de Lyon une destination majeure du tourisme d’affaires en Europe. Nous en avons le potentiel et le travail du Bureau des Congrès de l’OT est probant. En 2004, Lyon est entrée dans le « Top 100 » du classement de l’Union des Associations Internationales, à la 77ème place mondiale et à la 30ème place européenne. En 2005, Lyon occupait la 50ème place mondiale devant des villes telles que Rio, Toronto, Boston, et la 26ème place européenne ! Ces résultats prouvent que notre stratégie est efficace. Notre objectif est d’intégrer le « top 15 » européen, mais, pour cela, il faut continuer à s’en donner les moyens face à 25 autres pays qui ont les mêmes ambitions que nous, dont 25 capitales !...
Nous travaillons en parallèle sur le développement des courts séjours, sur les week-ends, qui complètent idéalement l’activité tourisme d’affaires, concentrée en semaine. L’OT s’attache notamment à diffuser des idées de séjours d’agrément sur Internet, à donner la possibilité de découvrir la destination à travers de nouvelles formules originales de week-ends, à contribuer au développement des low cost qui sont une opportunité unique de générer des flux importants de visiteurs.
Enfin, d’un point de vue « produit », il semble important que Lyon se tourne vers ses fleuves car l’eau est un facteur d’attractivité naturel indéniable. Le Rhône et la Saône sont donc des atouts incroyables. L’aménagement des Berges du Rhône, la création du quartier de la Confluence sont des chantiers ambitieux et judicieux qui vont métamorphoser la ville et les comportements dans le bon sens. Tout le cœur de Lyon est articulé autour de ces axes fluviaux. A mon sens, il faudra donc aller plus loin et proposer des transports en commun fluviaux.