MULTIPLICITES
Workshop « Multiplicités » avec les étudiants de l'ENSBA de Lyon - 24 au 28 octobre 2011
Auteur : ENSBA
Mis à jour le : jeudi 1 janvier 1970

A travers la question du handicap, l’image que la société renvoie d’elle même est celle d’un monde de catégorisation des personnes et d’exclusion des plus fragiles. Or les cultures urbaines, fondées sur l’altérité et le métissage, devraient être au contraire ce laboratoire inventif où la différence des uns et des autres serait valeur d’enrichissement social, dans la cité affirmée comme lieu du multiple et de la diversité.
Se confronter à des questions de société de ce type est pour les étudiants de l’option Design d’espace de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Lyon l’occasion de participer, via leur projet, aux débats qui agitent le monde contemporain. C’est le principe du workshop «Multiplicités» qui a eu lieu du 24 au 28 octobre 2011 à l’ENSBA de Lyon. Construit dans le cadre de la collaboration avec La Direction de la Prospective et du Dialogue Public du Grand Lyon, il a été introduit par une journée séminaire le 7 octobre 2011, où se sont croisés des apports théoriques et un atelier de travail corporel. Les projets ont ensuite été élaborés dans le un temps très court, quelques journées de travail intensif. Sous la conduite de Sonja Dicquemare et Patricia Welinski, 25 étudiants de 3° et 4° année ont travaillé sur les perceptions et les représentations liées au handicap dans leur relation avec des situations et des contextes urbains ou collectifs.
A travers le prisme du handicap physique, le corps est remis au centre des recherches. Depuis le décalage des uns peuvent s’explorer d’autres possibles pour tous, comme un autre rapport au temps et à l'espace (Hybrides) ou le développement de certains sens (Cecity). Sont questionnées aussi les représentations collectives et les valeurs partagées, le corps augmenté et les prothèses (Handishop), le corps instable dans sa forme (Métafora). Dans le jeu s'éprouvent d'autres interrelations (L'île sans borne, aire de jeux pour enfants). |
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Quelque chose d’impossible se joue entre la réalité d’un corps et son instrumentalisation, son augmentation, sa perpétuelle déformation. Donner une vision absurde de l’outillage corporel pour amener à questionner le handicap et montrer qu’il n’est pas nécessairement une déficience.A partir de l’aspect formel des prothèses, nous nous sommes posé la question de la représentation du corps en déformation, complété et étendu à travers l'objet.
Par le dessin et son animation nous proposons notre regard laissant aux spectateurs une liberté d'interprétation.
A l'aube du XXIIeme siècle, la réalité économique pousse l'Homme à transformer et améliorer son corps pour répondre aux besoins toujours croissants de productivité. La prothèse devient alors très prisée et la population n'hésite pas à avoir recours à l'amputation volontaire afin de pouvoir se greffer des extensions bioniques accroissant les performances. L'être originel, non modifié, voit alors son manque de compétitivité et de productivité devenir handicap. Une fiction qui raconte cette évolution de la prothèse à travers les âges…
Notre préoccupation a été de comprendre comment le corps contraint dans le temps et l'espace pouvait nous donner à voir et à sentir l'espace urbain différemment. Nous avons donc filmé deux expérimentations où des contraintes singulières sont mises en situation pour questionner les notions de regard porté sur le handicap, d'équilibre, ou de points d'appuis. Générant ainsi des personnages aux formes hybrides qui circulent de l'espace privé à l'espace public, mettant en scène des états de corps dans la ville en utilisant des objets du quotidien.
Nous avons imaginé des lieux de rencontres au sein d’une aire de jeu destinée au plus jeune âge. L’idée ici est de sensibiliser les enfants à différentes formes de handicap à travers un rapport ludique pour transformer leurs regards de futur adultes et les habituer à vivre ensemble. Nous souhaitons privilégier l’échange entre tous, à travers des jeux impliquant le corps, l’activité physique et diverses expériences sensorielles. Une forêt de ballons et de bouées sonores, des cabanes végétales et un tunnel aux multi textures dominés par un espace adulte olfactif sont autant de structures qui constituent cette Ile sans bornes.
Chaque structure de cette aire de jeux à été pensée dans le but de mêler l’expérience sensorielle à celle de l'exercice physique. Afin de guider les personnes ayant une déficience visuelle, un ensemble de plantes ayant une odeur facilement identifiable (lavande, lilas, menthe et jasmin) servent à signaler les différentes zones de l'aire de jeux. Au centre se trouve une zone dite “l’Espace adulte”. Destinée à la surveillance des enfants, elle est conçue comme un espace commun de détente.La « forêt de ballons » que les enfants peuvent traverser, aussi bien en fauteuil roulant que debout, est constituée de grosses gouttes sur lesquelles il est possible de s’asseoir, de se heurter sans risque et autour desquelles on peut circuler librement.Chacun de ces ballons renferme un objet sonore type «grelot», les enfants peuvent ainsi se retrouver autour d'un « ensemble musical » en interagissant.Le « terrain de bouées » est constitué de boules caoutchouteuses qui font appel à différents sens par leurs qualités physiques (rebondissante), sonore (émettent un son lorsqu’on s’assoit dessus) et fonctionnelles (assises, sauts, repos, glissades...) La forme de l'installation dans son ensemble écrit le mot « jouer » en Braille.Les cabanes végétales ont pour principale objectif de sensibiliser les enfants au sens du toucher par le jeu.Les différents revêtements intérieurs et extérieurs (herbe, liège, métal, caoutchouc), et les ouvertures dans les parois (alternance d’ombre et de lumière) construisent le jeu.Par le toucher, l’ouïe ou les impressions visuelles, les enfants se guident et peuvent inventer des jeux de cache-caches, de rôle ou d’escalade à l'envie.
Plongés dans le noir, on écoute des voix qui racontent une ville, une ville particulière, une ville fictive dont la caractéristique est d’être majoritairement habitée par des non ou mal-voyants.
Petit à petit émerge de ces textes dits la description d'un espace commun fait d'odeurs, de sons, de courants d'air, de reliefs, d'atmosphères... Ce projet a été conçu avec une spatialisation du son: plusieurs enceintes permettent de déplacer les voix dans l'espace de diffusion, en une sorte d'inscription chorale d'un espace collectif. Textes écrits à partir d’extraits du livre d’Italo Calvino, “Les villes invisibles”.
CÉCITY, ville aveugle avec Leïla Fourgeaud Camille Nesonson Marianne Nicolas Inès Sassi Lauren Tortil
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