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Les résidences service pour personnes vivant seules : de nouvelles formes de voisinage

Étude

Thèse soutenue le 30 mai 2002 en Sociologie et Anthropologie.
Date : 01/01/2002

Les résidences services ont pour particularités de rassembler essentiellement de petits logements (équipés et meublés), de comprendre des espaces collectifs (une laverie, une salle de télévision, etc.) et d'accueillir un type de ménage particulier: des ménages d'une personne.
Leur apparition récente marque une rupture avec la façon dont est traditionnellement envisagé le logement des personnes vivant seules, et qui consiste à rassembler des individus homogènes du point de l'âge (les maisons de retraite) ou de la condition (les résidences étudiantes, les foyers pour jeunes travailleurs). Ici, la structure domestique apparaît comme le critère discriminant et est au contraire revendiquée une "transversalité" des situations.

Cette recherche vise à saisir et analyser les effets qu'induit sur la sociabilité de voisinage (relations et perceptions mutuelles), l'agrégation d'habitants unis du point de vue de la situation domestique mais différenciés sous d'autres critères. Elle montre que les deux principales catégories d'habitants (des étudiants et des non-étudiants) forment une configuration relationnelle du type établis-marginaux (référence à Norbert Elias, Logiques de l'exclusion). Les non-étudiants sont en position défavorable dans le rapport de forces qui les oppose aux étudiants (ce sont les "marginaux"). Ils sont stigmatisés, leur présence est imposée comme incongrue, illégitime. Ceci nous conduit à nous intéresser aux fondements de la hiérarchie des statuts et du pouvoir symbolique des étudiants, ainsi qu'à la façon dont les non-étudiants intériorisent, vivent, interprètent et gèrent le processus de stigmatisation.