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L'identité lyonnaise entre performance et renouvellement

Étude

Date : 15/12/2003
Chronologies réalisées par Tremplin pour Millénaire3.L’image de Lyon est traditionnellement associée à la gastronomie, à la fête des lumières, au cinéma, à la soierie, à la Résistance et même parfois au sport ou à la religion catholique… Cette identité lyonnaise, ancrée dans une histoire riche et variée, est encore bien vivante aujourd’hui et ne cesse de se renouveler sous l’impulsion de quelques personnalités comme Michel Noir, Paul Bocuse, Bertrand Tavernier ou Grégory Coupet…6 chronologies :> La capitale mondiale de la gastronomie dispose d’un formidable potentiel à faire fructifier> Fête des Lumières : la ferveur religieuse est transformée en engouement touristique ?> Cinéma : une histoire prestigieuse mais quelle vitalité aujourd’hui ?> Textile : Lyon ville textile deviendra-t- elle une ville de mode ?> Lyon, une ville sportive en devenir ?> La résistance est toujours d’actualitéLa capitale mondiale de la gastronomie dispose d’un formidable potentiel à faire fructifierPourquoi ne valorise-t-on pas d’avantage le patrimoine gastronomique lyonnais ? D’autant qu’il est encore bien vivant, en témoigne la vitalité des restaurants, bouchons et commerces alimentaires en tous genres. L’image gastronomique de la ville est même le principal facteur d’attractivité pour des touristes qui se disent enchantés par la qualité de notre cuisine. Quelques projets d’envergure, de nouvelles idées originales et une communication cohérente, autant d’ingrédients pour doter la métropole lyonnaise d’un positionnement international unique et parfaitement crédible.XIX° siècle : « les Mères », à leurs débuts, tenaient « table ouverte » pour les Compagnons du tour de France, elles sont d’extraordinaires tenancières d'auberge qui proposent une cuisine traditionnelle. De nos jours, leurs recettes traditionnelles inspirent toujours les grands chefs lyonnais.XX° siècle : Lyon a développé une cuisine simple, familiale, sans prétention, servie dans les "Bouchons" : bistrots-restaurants à la clientèle modeste, longtemps halte des canuts et ouvriers de tous métiers. Ils ont conservé et maintenu la véritable cuisine lyonnaise. Les bouchons aux prix abordables pérennisent les classiques de la cuisine lyonnaise à base d’abats et de charcuterie.1935 : Le critique Curnonsky consacre Lyon « capitale mondiale de la gastronomie » dans le Principe des Gastronomes.1959 : Paul Bocuse est issu d’une longue lignée de cuisiniers lyonnais. Après avoir travaillé pour les plus grands de l’époque, il reprend, à la mort de son père, la tête de son restaurant en 1959. Deux ans plus tard, il décroche le titre de Meilleur Ouvrier de France. En 1965, son restaurant obtient une troisième étoile au Guide Michelin. Le « pape de la gastronomie », comme on le surnomme, a porté dans le monde entier les couleurs de la cuisine lyonnaise.1971 : Des Cordeliers, les nouvelles Halles de Lyon déménagent dans le quartier de la Part Dieu. Inaugurées par le Maire de Lyon Louis Pradel, elles regroupent une soixantaine de commerçants qui proposent des produits gastronomiques très prisés par les Lyonnais et les visiteurs de passage. Les Halles seront réaménagées en 2005 pour offrir un service encore meilleur.1990 : Ouverture à Lyon de l'École des Arts Culinaires et de l'Hôtellerie sous l'impulsion du ministère de la culture française. Son objectif est de promouvoir l'art culinaire et le "savoir recevoir" à la française. Son président est Paul Bocuse.1991 : Création du Salon international des métiers de la bouche qui va devenir en 2003 le Salon international de la restauration et de l’hôtellerie (Sirha). Ce salon professionnel réunit une vingtaine de pays et accueille deux concours internationaux : le Bocuse d’or et la Coupe du monde de la pâtisserie.2002 : Dans une grande enquête menée par la ville de Lyon et l’Office du Tourisme et des Congrès auprès des touristes dans la ville, la gastronomie apparaît comme le premier trait d’image caractéristique de Lyon. L’étude révèle également des taux de satisfaction impressionnants en ce qui concerne les restaurants.2002 : Un nouveau projet est lancé, il s’agit de créer à Lyon un Palais du Goût qui sera dédié à la culture du goût et aux cuisines du monde. Il sera aussi une véritable vitrine du patrimoine gastronomique lyonnais. Reste encore à lui trouver un lieu et un financement…Fête des Lumières : la ferveur religieuse est transformée en engouement touristique ?Certaines des origines religieuses de la Fête des Lumières perdurent encore mais les illuminations deviennent aujourd’hui pour la ville un réel atout de rayonnement commercial, culturel et touristique. Peut-être pourrait-on encore imaginer d’autres déclinaisons de cette image de « ville Lumière » comme le suggère la nouvelle formation aux métiers de l’éclairage qui s’est ouverte en 2002 ?1852 : Une statue dédiée à Marie devait être inaugurée le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge. Mais de fortes précipitations reportent les festivités au 8 décembre. Un grand nombre de laïcs illuminent alors spontanément leurs fenêtres. De là est née la tradition des illuminations du 8 décembre.1960 : La fête du 8 décembre est récupérée par la municipalité qui propose des animations. L’idée est reprise par les commerçants qui décorent leurs vitrines et dynamisent ainsi leurs affaires.1989 : Michel Noir lance le Plan Lumière : un éclairage très sophistiqué met en valeur les bâtiments historiques, qui restent illuminés pendant toute l’année.1999 : La journée du 8 décembre s’est transformée en Fête des Lumières : pendant quatre nuits la ville s’illumine et redécouvre ses monuments, mis en scène par des artistes et des architectes de lumière internationaux. Des centaines de milliers de touristes affluent venant de toute la France et même de l’étranger.2001 : Lyon prend l’initiative de créer un réseau international des villes de lumières dont le but est de promouvoir la lumière au service des villes comme outil majeur de la vie, de l'architecture et de l'aménagement urbain. Aujourd'hui, c'est une trentaine de villes du monde entier qui a manifesté sa volonté de rejoindre l’association LUCI (Lighting Urban Community International Association).2002 : Une première licence professionnelle « Conception et Management en Eclairage » s’ouvre aux étudiants grâce à un partenariat entre le lycée Assomption Bellevue, l’IAE Lyon III et le CFA Forma-Sup. L’éclairage est un nouveau métier et il est né à Lyon.Cinéma : une histoire prestigieuse mais quelle vitalité aujourd’hui ?Le cinéma est né à Lyon mais s’est développé ailleurs, de Hollywood à Paris en passant par Bombay… La dimension économique a pris le dessus et la plupart des studios de production se sont concentrés dans quelques points du monde. Pourtant le cinéma a retrouvé ces vingt dernières années une nouvelle vitalité dans l’agglomération grâce au foisonnement d’événements variés, portés par une multitude de structures associatives, privées ou publiques. Ce sont les dimensions culturelles et sociales du cinéma qui fondent cette nouvelle dynamique sur le plan local.1895 : Les Frères Lumière mettent au point le cinématographe et tournent le 1er film mondial dans le quartier de Monplaisir : « la sortie des usines Lumière ».1896 : Ouverture de la première salle de cinéma à Lyon, la salle Lumière.1980 : Le Festival du film court de Villeurbanne projette 130 films chaque année. Il organise de nombreuses discussions avec les réalisateurs, comédiens, producteurs de films. Il propose également un Forum des métiers du cinéma.1982 : L’Institut Lumière est installé à Monplaisir, là ou les frères Lumière ont inventé le Cinématographe. A la fois musée et cinémathèque, on y projette des films, on y invite les metteurs en scène, on y organise des expositions. Ses deux missions sont le patrimoine et le cinéma vivant.1990 : Rhône-Alpes Cinéma est une société anonyme créée par Roger Planchon avec la Région Rhône-Alpes comme actionnaire. Elle participe à la production de films dans la région et assure leur diffusion et l’animation culturelle.1995 : Le "hangar du 1er film" est classé Monument Historique par le ministre de la Culture. Restauré, il abrite une salle de cinéma de 270 fauteuils.2002 : Le Grand Lyon et Millénaire 3 recensent dans l’agglomération plus de 20 événements récurrents (festivals, rencontres…) sur le thème du cinéma.2003 : Ouverture du Studio 24 à Villeurbanne qui propose une prestation complète aux professionnels qui cherchent un décor moins "parisien". Ce projet s’inscrit dans la continuité des soutiens de Rhône Alpes Cinéma et de la Commission du Film Rhône Alpes pour développer la création cinématographique en région.Textile : Lyon ville textile deviendra-t- elle une ville de mode ?L’histoire du textile et de la soierie s’est construite à Lyon mais aujourd’hui, la production s’est largement délocalisée dans des pays aux coûts de main d’œuvre plus faibles. L’enjeu est de trouver une place pour la ville dans le monde de la création et de la mode. Les récents efforts seront-ils suffisants pour affirmer l’originalité de Lyon face à Paris, Londres ou Milan ?1538 : François 1er donne aux négociants lyonnais le privilège de la fabrication des tissus de soie. Lyon bâtit ainsi sa fortune et sa renommée mondiale en tissant des kilomètres d'étoffe.1804 : Jacquard met au point le premier métier à tisser mécanique et les « canuts » commencent à l’utiliser sur la Croix Rousse.1864 : Le Musée Historique des Tissus ouvre ses portes et présente des textiles de toutes les époques.Années 1920 : Des peintres d’avant-garde -Dufy, Delaunay, Delvaux- réalisent des dessins pour les soyeux Ducharne, Bianchini-Ferrier, Bucol-Tassinari et Chatel. La soierie lyonnaise rayonne par sa créativité.1977 : Des tisseurs lyonnais créent une entreprise, Première Vision, pour promouvoir l’industrie du textile habillement à diffusion internationale. Pour cela, ils inventent un nouveau concept de salon professionnel. Les tendances de la mode sont analysées par l’Observatoire International de Première Vision et validées par des réunions de Concertation avec tous les acteurs de la filière avant d’être présentées sur le salon.1985 : La première édition de Lyon Mode City, le 2ème Salon mondial de la lingerie, ouvre ses portes à Lyon.1990 : Un DESS Mode et Création est ouvert à l’Université Lumière Lyon II. Cette « université de la mode » avec une forte spécialisation professionnelle est la première de France.1994 : Le siège de l’ITF (Institut Textile de France) s’installe à Lyon et fusionne ensuite avec le Centre Technique des Industries de l'Habillement (Cetih) pour devenir l’Institut Français Textile-Habillement (IFTH).1996 : Les ateliers A.S. de Pierre Bénite, qui impriment les carrés pour le compte de la maison Hermès, présentent aux femmes des chefs d’état participants au G7 à Lyon un aperçu de leur artisanat.1999 : Lyon rénove le Passage Thiaffait pour créer un véritable « village des créateurs » et promouvoir son savoir-faire en France et dans le monde.2003 : La Villa Créatis s’installe à Vaise et regroupe la Maison du Textile et de l’Habillement, le Centre Régional de Promotion du Textile ainsi qu’un Espace Mode et Création pour devenir un pôle dédié au service, à la création et à la promotion internationale.2003 : Brochier Soierie lance les premiers tissus éclairants. Grâce à un mélange de fibres optiques et de tissu classique, ils diffusent de la lumière par des micro-perforations. Ses applications pourraient être nombreuses : équipement pour des voitures, écrans textiles publicitaires, vêtements à usage sécuritaire ou thérapeutique…2003 : La créatrice de mode Biche de Bere revient s’installer à Lyon et y ouvre son nouvel atelier de création.2003 : Lyon lance la première édition de Vision Mode, qui récompensera chaque année des Lyonnais aux talents reconnus, vivant en France ou à l’étranger. Six domaines sont “griffables” : la mode, l’artisanat d’art, le multimédia, la communication visuelle et le graphisme, le design et la décoration, et enfin la gastronomie.Lyon, une ville sportive en devenir ?De nombreuses manifestations sportives originales se déroulent à Lyon, les clubs de l’agglomération se construisent un palmarès remarquable sur le plan national et des champions émergent dans de nombreuses disciplines (patinage, boxe, judo…). Lyon est-elle pour autant considérée comme une ville sportive ? Peut-être qu’il manque encore l’engouement populaire que l’on connaît à Marseille, St Etienne ou Liverpool. Quelques signes laissent cependant augurer une nouvelle culture sportive en train de se construire : une équipe de football deux fois championne de France, une étape du Tour de France et des retransmissions publiques sur grands écrans…1894 : Depuis cette date, le tournoi de Pentecôte de la boule lyonnaise a toujours lieu. Il se déroule sur les bords du Rhône à La Mulatière. La boule lyonnaise est une pratique différente de la pétanque, elle se joue sur un terrain délimité, en terre battue ou en gore et les boules sont plus grosses que celles utilisées pour la pétanque.1947 : Le rallye de Charbonnières est devenu international en 1949. Il jouit toujours d'une très bonne réputation puisque le vainqueur du « Charbo » termine presque systématiquement champion de France des Rallyes.1949 : Depuis cette date, l’ASVEL joue en première division. C’est le club français de basket-ball le plus titré : 16 titres de champion de France dont 2002, 8 coupes de France dont 2001.1960 : Le maire Louis Pradel prépare une candidature de Lyon pour l’accueil des Jeux Olympiques. Ce projet ne voit malheureusement jamais le jour…1986 : Le Grand prix du Tennis de Lyon (GPTL) est un événement sportif très attendu des Lyonnais. Cette compétition est inscrite dans le circuit ATP et attire de grands joueurs internationaux de tennis.1991 : C’est à Lyon que l’équipe de France de tennis remporte la coupe Davis sur les Etats-Unis, ce qui n’était pas arrivé depuis 1933.1996 : Le lyonnais Djamel Bourras est médaillé d’or de judo aux Jeux Olympiques d’Atlanta.1997 : Jean-Christophe Rolland remporte le titre de champion du monde d’aviron à Aiguebelette. En 2000, il est sacré champion olympique.1997 : Hacine Cherifi est champion d’Europe de boxe poids moyen. En 1998 il est champion du monde et en 2002 champion de France.1998 : Le stade de Gerland construit en 1920 par l’architecte Tony Garnier a été rénové pour recevoir six matchs de la coupe du monde de football, Lyon étant une des 10 villes organisatrices.1999 : L’ASUL, le club de volley-ball de Lyon est champion de France nationale 2. En nationale 1, il est vice champion dès la saison suivante.2000 : Le couple Anissina-Peizerat est champion du monde de danse sur glace et en 2002, il conquiert le titre olympique.2001 : L’OL (Olympique Lyonnais) remporte la Coupe de la ligue, premier jalon pour compter dans les grands clubs européens.2002 : L'OL est admis au G14, cette association qui regroupe les 18 plus grands clubs de football européens. Le G14 milite auprès des instances internationales de ce sport pour défendre les intérêts des clubs.2002 : ça y est, l’OL est champion de France !!! Et l’ASVEL aussi !!!2003 : Le Tour de France fait étape à Lyon. La première fois remonte à 1903 lorsque le Tour est passé à Vaise. Mais depuis 1991, il n'y avait eu aucun nouveau passage dans l’agglomération.2003 : Pour faire vivre ce nouvel élan pour le sport, la municipalité projette de développer les retransmissions d’événements sportifs mondiaux sur grands écrans et d’en faire de grands événements populaires.2003 : L’OL est Champion de France pour la deuxième fois mais il reste encore du chemin a parcourir sur la scène européenne.La résistance est toujours d’actualitéLyon a écrit une page importante de son histoire pendant la deuxième guerre mondiale. Son rôle dans la résistance à l’occupation allemande a fortement marqué les esprits et la mémoire de ces événements perdure aujourd’hui.1940 : Lyon fait partie de la zone « non-occupée » et abrite écrivains, journalistes, artistes… Les journaux nationaux y sont fabriqués : Paris-Soir, le Figaro et le Temps. Ces 2 derniers se saborderont en 1942 en même temps que le Progrès de Lyon. La ville devient le berceau des grands journaux de la Libération. En 1941 sortent les premiers numéros de Franc-Tireur et de Combat.1943 est une année très importante dans l’histoire de la résistance : c’est la création des Mouvements Unis de la Résistance (M.U.R.), des maquis, ainsi que l’arrestation de Jean Moulin et de 7 dirigeants de l’Armée Secrète à Caluire.1944 : le Mouvement de Libération Nationale (M.L.N) est créé et le Général de Gaulle qualifie Lyon de capitale de la Résistance.1946 : La médaille de la Résistance française est décernée à la ville de Lyon.1987 : Devant la Cour d'assises du Rhône s'est déroulé le procès de Klaus Barbie. Il a été reconnu coupable de crimes contre l'humanité et condamné à la réclusion à perpétuité.1992 : Le Centre d'histoire de la Résistance et de la Déportation est inauguré dans l'ancienne Ecole de santé militaire. Ce choix est hautement symbolique, car la Gestapo en avait occupé les locaux du printemps 1943 au 26 mai 1944, date de leur destruction par l'aviation alliée. Dans ces lieux, des hommes, des femmes, des enfants ont souffert de la barbarie nazie.