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L’eau dans l’agglomération lyonnaise, ressource et bien de consommation

Étude

Date : 01/03/2007

Quiconque traverse la métropole lyonnaise est frappé par la manière dont le Rhône, la Saône, et la vallée du Gier marquent ce territoire : du paysage, à l’urbanisation et en passant par l’expansion économique, l’essentiel de ce qui fonde l’identité de la métropole s’inscrit dans ce rapport à l’eau et aux vallées. Le fleuve incarne ainsi, mieux que tout autre emblème, l’urbanité de la métropole lyonnaise dans toutes ses dimensions, forme urbaine, fonctions sociales, culturelles, économiques, et rapport à la nature, ainsi que notre engagement en faveur du développement durable. Depuis la fin des années 80, les retrouvailles avec les fleuves sont en marche. Dans leur sillage, elles nous invitent à relire la carte métropolitaine. A l’intérieur du Grand Lyon, plusieurs territoires fluviaux existent, bien différents, qui appellent une vision à long terme et des projets mobilisateurs, pour que l’agglomération lyonnaise développe ses charmes et devienne une métropole fluviale rayonnante. Nos sociétés qualifiées « d’aquavore » (Goudert, 1986) appréhendent l’eau comme un bien qui leur serait acquis. Car leur rapport à l’eau s’est construit sur le principe d’une consommation non perturbée par des coupures ou  pollutions (hormis les restrictions en période de sécheresse).
Pour une grande majorité de la population, l’eau demeure une ressource abstraite, dont le cycle est souvent mal connu, alors que l’eau est surtout un bien précieux de plus en plus vulnérable. La connaissance de l’élément se limite à ce qu’ils en perçoivent dans le cadre de leurs usages quotidiens, et au-delà du robinet point d’existence (prix, quantité, circuit d’alimentation, dispositif de gestion).L’agglomération lyonnaise, métropole fluviale, n’est pas pour l’heure en manque de ressource. Pour autant elle doit combiner sa politique en matière d’alimentation à celle relative à la valorisation de la ressource au travers d’une politique de gestion des sites. Un des ressorts de cette gestion tient dans la capacité de l’ensemble des acteurs à rendre visible l’invisible et intelligible le monde souterrain. Les procédures de gestion de milieux y contribuent. Mais il faut aller plus loin : reconquérir la part visible des fleuves, mettre en œuvre d’actions de sensibilisation au milieu et surtout développer un attachement de chacun à la ressource, pour cette valeur devienne un bien commun.D’où provient l’eau que nous consommons ? Les lyonnais savent-ils qu’ils boivent l’eau de la nappe d’accompagnement du Rhône ?