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Consentement, autonomie, égalité des sexes

Article

Conférence de Geneviève Fraisse

Synthèse de la conférence de Geneviève Fraisse, philosophe et historienne de la pensée féministe, dans le cadre du cycle "individualisme et dynamiques collectives".
Date : 13/12/2007

L’individualisme et l’autonomie, ces conquêtes de l’homme moderne ont déjà une très longue histoire. A travers ce cycle de conférences-débats, le Conseil de développement du Grand Lyon et l’ENS LSH vous invitent à réfléchir sur les modalités du vivre ensemble dans une société d’individus.
Le parcours proposé combine 3 questions :
● Quelles sont les formes actuelles de l’individualisme ?
● Les ressources mobilisées par les individus pour agir sur la société doivent-elles confortées ?
● Comment l’acteur public peut-il se saisir de ces évolutions pour concevoir le tissage du collectif aujourd’hui ?

LA CONFÉRENCE
La construction de la pensée de l’émancipation n’est pas seulement un acte de résistance et de subversion, mais aussi un raisonnement, une logique, une stratégie discursive. Les termes d’« autonomie  », de « consentement » et d’« égalité » permettent d’éclairer la forme du débat actuel sur la controverse des sexes.
L’autonomie (être source de sa propre loi) est l'aboutissement du « devenir sujet » des femmes à la fin du XXe siècle. Pourtant, ce devenir sujet dans l'autonomie économique et civique, par la maîtrise de la fécondité, le droit à l’avortement... ne supprime pas les relations qui font des femmes autant d'objets (d’échange, de communication, etc.). Le paradigme sujet/objet est aujourd’hui le plus heuristique. Dans ce contexte, il nous faut réfléchir à l’articulation de l’égalité et de la liberté, et ce à partir du mot « consentement ».

ÉCHO DES DÉBATS
Si l’on confronte toutes les valeurs « à égalité », la question de l’universel est mise à l’écart. Cette situation est problématique car, sauf à avoir un universel dominant, la question de l’universel est évacuée. Or, je crois que l’universel n’est pas de l’ordre de la valeur !

On cherche en permanence à sortir la question des sexes de l’histoire, à la rendre atemporelle. C'est la spécificité de la question sexuelle : il n’y a pas de « nous » et « eux », mon ennemi est mon ami. La question des sexes fait histoire.
La question de la grossesse est intéressante de ce point de vue : je choisis d’être enceinte, je dois consentir durant neuf mois à accepter cet enfant, à porter le corps d'un autre. Je suis amenée, par-delà la décision du « oui » à la grossesse, à consentir à être enceinte.

Depuis quand la démocratie, c'est seulement le consensus ? Le consensus appelle le dissensus. Comment « sentir-avec » ? Sentir ensemble, ce n’est pas seulement le sentiment. Poullain de la Barre défend l’égalité des sexes car en bon cartésien, il sépare l’esprit et le corps : si l’esprit n’a pas de sexe, cela ouvre la porte à la liberté – comme autonomie – de la raison !