Vous êtes ici :

M3 Société urbaine et action publique- Hors-Série n°1

Retour à la liste des publications

ISSN 2268-2953

avril 2013

Après quatre numéros, la revue M3 s’accorde une pause  pour appréhender les grandes mutations que connaissent nos sociétés, et elles sont nombreuses. Une pause aux côtés d’intellectuels prestigieux et expérimentés qui, venus de tous les horizons disciplinaires, permettront à chacun d’acquérir une vision large et polymorphique des choses. Une pause pour saisir au fond ce « temps long » cher à Fernand Braudel, qui trop souvent échappe.

C’est d’abord notre rapport à l’histoire qui est interrogé.
Quelque chose d’essentiel. Pour un pays, comme l’évoque avec brio Jacques Le Goff. Mais aussi pour une ville : Lyon ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui si elle n’avait pas été successivement une ville marchande, une ville de la soie, puis une ville de la chimie et de l’industrie du vaccin. Il faut sans cesse penser l’action dans le temps long de l’histoire.

L’action, précisément, est en elle-même point d’entrée fructueux pour saisir les évolutions sociales. C’est l’objet de la seconde thématique : appréhender les hommes par une connaissance pratique. Travailler, consommer, créer : ces actes du quotidien dévoilent souvent un sens profond, caché. Grand spécialiste des pratiques de consommation, Gilles Lipovetsky montre comment celles-ci révèlent la montée de l’individualisme dans nos sociétés. Un phénomène qui interroge évidemment les politiques publiques.La troisième thématique peut paraître plus classique, puisqu’il est question d’écologie, un sujet désormais incontournable. Mais là encore, c’est en faisant un pas de côté que Michel Serres, Corine Pelluchon et Dominique Bourg l’abordent, en interrogeant notre rapport à la nature. Comment la protéger ? Quel statut lui donner dans un monde de plus en plus artificialisé ? Ce sont des questions centrales.

Et puis, il y a cette thématique transversale, à la croisée de toutes les autres : la démocratie. Internet a mondialisé l’espace public et bousculé les schémas traditionnels. Les États sont concurrencés par des échelles qui les dépassent. La démocratie représentative est contestée, mais aussi enrichie d’une pratique quotidienne, où chaque citoyen peut prendre la parole.

À un moment de crise, où comme l’écrit Antonio Gramsci « le vieux se meurt et le jeune hésite à naître », il est bon pour les acteurs publics de faire le point sur ce que nous sommes, pour mieux faire advenir ce que nous serons.

SOMMAIRE DU NUMÉRO

I- L’épaisseur historique de la culture, point d’appui du rapport au monde
- Jean-Pierre Le Goff : Réinscrire le pays dans un récit historique
Philippe d’Iribarne : Forces et faiblesses de l’étrangeté française
Richard Sennett : Comment faire coopérer les tribus ?

II -  Ce que nos activités disent du sens que nous donnons à l’existence
Pierre-Yves Gomez : Le travail vivant contre l’esprit de rente
Gilles Lipovetsky :  La dimension existentielle de la consommation
David Gauntlett :  Créer + partager = contribuer

III Lorsque la nature met en tension notre éthique de vie
- Michel Serres : Actualité du contrat naturel
Corine Pelluchon : Éthique pour un monde habitable
- Dominique Bourg : Sortir du déni pour choisir

IV - La démocratie entre retour aux fondamentaux et nouvelles frontières
Silke Helfrich :  Pour une société des communs
Raymond Boudon :  Plaidoyer pour le libre arbitre
- Myriam Revault d’Allonnes : Préserver la démocratie