Rituel funéraire juif

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Grand Rabbin régional

Interview de Richard WERTENSCHLAG

<< La communauté juive de l'agglomération lyonnaise va être confrontée à la nécessité de trouver un lieu de sépulture pour inhumer ses morts. C'est une réalité incontournable  >>.

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Date : 08/04/2013

Du décès à l’inhumation, quelles sont les grandes étapes du rituel funéraire juif et quel est le sens des mots et des gestes dont il est fait ?

Pour le judaïsme et aussi pour toutes les religions monothéistes, notre vie ne s’arrête pas ici-bas mais a un prolongement après la mort. Le passage vers l’au-delà est donc un moment important pour un croyant. La vie éternelle est réservée à ceux qui se sont bien conduits et qui reçoivent une juste rétribution de leurs actes, contrairement à ce qui a cours durant la vie terrestre où nous avons l’impression que parfois, il n’y a pas de justice immanente. Tout être humain sera amené à, comparaître devant le Juge suprême et devra rendre compte de ses actes, de ses bonnes et mauvaises actions. Dans ce monde de la modernité, les gens ont peur de la mort ; ils ne veulent pas l’approcher — et on voit  cela même au cimetière ! C’est pour cela que lorsque l’être humain va mourir, il doit être entouré. C’est même un devoir pour les membres de la famille et même de la communauté d’accompagner l’agonisant qui peut avoir peur lui-même d’entrer dans ce monde inconnu. Il ne faut donc pas avoir de propos qui pourraient l’inquiéter ou lui faire de la peine en manifestant son déchirement à l’idée de le voir partir — qu’il soit conscient ou non, car nous ne savons pas exactement ce qui se passe durant le coma. Une fois que le décès est constaté par le médecin — constat qui n’est d’ailleurs pas tout à fait conforme à ce qui est indiqué par le Talmud qui prend en compte la fin du souffle et des battements cardiaques et non, comme les médecins, uniquement, la fin de l’activité cérébrale —, on ferme les yeux du cadavre, on  le couvre d’un drap blanc, y compris le visage, et on le veille afin qu’il ne soit pas seul. Le rituel voudrait qu’on le place par terre sur de la paille, ce qui est impossible dans un hôpital. Le plus souvent, le corps est emmené dans un centre funéraire adapté pour recevoir les familles, car ce n’est pas toujours le cas des hôpitaux. Normalement, deux bougies sont allumées, aux pieds et à la tête de la dépouille mortelle qui est veillée par la famille, les amis et connaissances, et la Société du dernier devoir. En principe, il devrait y avoir une chaîne de récitation des Psaumes, du décès jusqu’à la levée du corps, pour réconforter l’âme encore présente et qui reçoit de ce fait un soutien. Je dis en principe car dans la pratique, les centres funéraires ferment pour la nuit. La communauté se plie à cette exigence — et d’ailleurs souvent les familles n’aiment pas rester toute la nuit —, mais normalement, le rituel voudrait que l’on reste toute la nuit aux côtés de cette âme. Avant la fermeture du cercueil, on procède à la toilette rituelle. Celle-ci est indépendante de la toilette faite, à l’hôpital, par le personnel hospitalier. Il s’agit d’un rite de purification assuré par des bénévoles de l’Association du Dernier Devoir. On coupe les ongles des mains et des pieds et on verse de l’eau sur le corps, tout en respectant l’intimité du mort. L’Association du Dernier Devoir agit sans attendre remerciement — puisque le mort ne peut le faire — et afin que tous les morts en bénéficient, quelle que soit leur condition antérieure. Les enfants du défunt viennent demander pardon, chaussent les pieds de leur parent avec des chaussons spéciaux, mais ils n’assistent pas au revêtement du linceul blanc.

Vient ensuite le moment de l’inhumation. Les défunts sont accompagnés à leur dernière demeure, au cimetière, par les proches, les amis et les connaissances. C’est un hommage qui est rendu au défunt et qui, en même temps apporte consolation à la famille. La cérémonie des obsèques ne se déroule pas à la synagogue mais au cimetière. Elle est conduite par le rabbin qui prononce un éloge funèbre. De plus en plus, car c’est devenu la mode, les enfants ou les petits-enfants, qui tiennent à exprimer leur sentiment, prennent la parole pour dire quelques mots.

Durant les sept jours qui suivent l’inhumation, les sept proches (parents, mari, épouse, enfants, frères et sœurs) ne doivent pas exercer des activités professionnelles. La famille reste sur place, dans la maison. Ils ne doivent pas s’asseoir sur des chaises ou des fauteuils mais uniquement sur des tabourets très bas. Ils ne doivent pas porter de chaussures de cuir. Les hommes se laissent pousser la barbe en signe d’affliction — lls doivent même la laisser pousser durant 30 jours. L’usage veut aussi que les sept proches déchirent leur chemise ou leur veste en signe de détresse, au moment où le cercueil est descendu en terre ou au retour du cimetière. C’est un geste public pour les hommes, plus discret pour les femmes qui le font en dehors de la présence des hommes. Cette chemise est conservée toute la semaine, sauf pour le jour du shabbat. Les endeuillés ne participent pas à des réjouissances pendant trente jours, et les enfants des défunts, pendant douze mois ; ni télévision, ni théâtre, ni cinéma, ni musique, ni distractions qui ne correspondraient pas à l’esprit du deuil. Ils ne prennent pas part  à des repas conviviaux. Pendant les sept premiers jours de deuil, les bains d’agrément sont proscrits. Les affligés ne changent pas de chemise, sauf pour le jour du shabbat durant lequel les familles sont autorisées à revêtir les habits du shabbat et à quitter leur maison pour se rendre aux offices de la synagogue. Le reste du temps, comme la famille ne doit pas quitter la maison, des services religieux sont organisés sur place. On laisse brûler une  bougie, ou une veilleuse électrique, on couvre les glaces. A la fin du 7e jour, il est d’usage d’organiser  un office solennel suivi d’une collation au cours de laquelle, les rabbins et les membres de la famille se succèdent  pour faire des commentaires rabbiniques sur le sens de la vie, la signification du kaddish, etc. et faire les éloges de la personne disparue. La veille au soir du 30e jour, le soir, on réunit les familles à la synagogue, et le lendemain, les gens se rendent au cimetière pour se recueillir devant la sépulture, comme cela a été déjà le cas après l’office du matin du 7ème jour de deuil. Cela concerne le rite séfarade car dans le rite ashkénaze, on ne se rend pas au cimetière, durant les 11 mois de l’année consécutifs à l’inhumation, pour ne pas trop insister sur le culte des morts. Durant 11 mois, les enfants doivent réciter le kaddish, la prière de sanctification  de la Providence Divine. C’est une expression de la foi, restée solide malgré l’épreuve. Elle prouve que les enfants des défunts sont restés fidèles au Maître du monde, en toutes circonstances. Le 11e mois a lieu l’inauguration de la stèle funéraire. Enfin, à la fin des 12 mois, le deuil se termine.

Est-ce que le rituel religieux a d’autres fonctions ? Une fonction psychologique et individuelle ou encore une fonction sociale, comme marquer la cohésion de la communauté ?

Je crois qu’il y a les deux. Le rituel religieux apporte du réconfort et de la consolation aux familles qui sont confrontées à l’irréparable. Les discours sur l’immortalité de l’âme, sur la résurrection des morts, sur la récompense des bonnes actions du défunt que l’on met en avant, etc., tout cela est d’une aide psychologique considérable pour les proches. Par ailleurs, la famille endeuillée n’est pas seule, il y a des visites de condoléances à domicile et du monde vient constamment pour l’entourer. Beaucoup de gens qui étaient éloignés de la pratique religieuse s’en sont rapprochés après avoir connu un deuil et retrouvent le chemin de la prière et de la pratique religieuse. On se rapproche du ciel, en voyant que si l’homme vient de la poussière et qu’il retourne à la poussière, son âme retourne vers la Source de la vie. Ainsi se rend-on compte que nos années sont comptées et qu’il faut donner un sens à la vie.

Quant à la dimension sociale, elle est donnée par le mynian, que l’on peut définir comme un quorum : dans le judaïsme, pour qu’il y ait un office public, il faut la présence de 10 hommes juifs adultes. S’il n’y a pas le mynian, on ne peut pas lire le kaddish par exemple. Cela remonte à l’histoire de la ville de Sodome et Gomorrhe que le patriarche Abraham cherchait à sauver de la destruction. Dieu accepte de discuter du salut de la ville, mais comme Abraham ne peut produire un minimum de 10 hommes justes, celle-ci est détruite. Le fait qu’il y ait communauté, c’est aussi avoir le sentiment d’être accompagné et fortifié par cette présence communautaire.

Quels sont les cimetières dont dispose la communauté juive ?

Il y a trois types de cimetières. Un cimetière originellement privé, des cimetières que nous ont confiés certaines municipalités et des carrés confessionnels dans les cimetières municipaux.

Nous bénéficions encore de l’ancien cimetière de la Mouche, créé 1790, qui est propriété de la communauté juive et qui bénéficie d’une situation particulière.

Depuis la loi de laïcité, il est impossible de créer des cimetières confessionnels ou même d’étendre ceux qui existent. Heureusement, grâce à la compréhension de certaines municipalités de tout bord, nous avons trouvé des arrangements. Ainsi, au cours du temps, la communauté juive a acheté des terrains qu’elle a donnés aux municipalités, qui lui en concèdent la gestion pour 99 ans reconductibles. Cela concerne les cimetières juifs de Cusset, à Villeurbanne, de La Boisse, dans l’Ain, et de Champagne au Mont d’or. Les cimetières de la Mouche et de La Boisse sont administrés par le Consistoire de Lyon, quai Tilsitt, le cimetière de Champagne  administré par le Consistoire sepharad de la synagogue de Neve Shalom, et celui de Cusset, par le Consistoire de Villeurbanne de la synagogue Malherbe.

Enfin, il y a des carrés juifs dans certains cimetières municipaux de date plus récente, comme le cimetière communautaire de Bron. Il y a également des communes comme Meyzieu et Vaulx-en-Velin qui sont en train de créer des carrés confessionnels. Dans ce cas, c’est la mairie qui administre directement les entrées et les sorties du cimetière, mais dans une sorte de gentleman agreement en accord avec les responsables des communautés concernées et dans le respect de leurs normes, à savoir dans l’esprit du principe de carré confessionnel, confirmé par la circulaire ministérielle JOXE

Comment se fait le choix du lieu d’inhumation ?

Souvent les familles choisissent un cimetière parce que des proches y sont enterrés. A la Mouche, il y a de vieilles familles juives lyonnaises, et aussi des juifs qui sont venus d’Algérie, déjà dans les années 20 ou de Turquie, etc., et leurs petits-enfants souhaitent y être enterrés à leurs côtés. Il y a aussi des raisons de proximité, surtout dans le monde séfarade où l’on va souvent au cimetière, notamment durant l’année de deuil. Il y a encore d’autres raisons plus personnelles, comme l’aspect végétal d’un cimetière, sa position centrale… Cela peut dépendre de regroupements familiaux, mais aussi de celui des communautés. Par exemple, dans les communautés de Saint-Fons et de Vénissieux, qui vivent comme une grande famille, les gens ont souvent des préférences pour le carré juif du cimetière municipal de Saint-Fons.
Dans les cimetières confessionnels juifs, on enterre des juifs de toutes convictions, y compris les athées ou des juifs qui ne pratiquent pas mais qui veulent y être enterrés. Pour autant, ce sont des cimetières réservés à ceux qui sont de religion juive, c'est-à-dire quiconque est né de mère juive ou converti au judaïsme, conformément aux règles de conversion. Cela pose parfois des problèmes avec les familles exogamiques dans lesquelles un des conjoints n’est pas juif mais qui veulent être enterrés ensemble. Pour ces cas, il y a un carré spécial, en dehors du carré juif, qu’on appelle carré libéral, dans le cimetière de Rillieux ou au cimetière de Vienne.

Pourquoi cette volonté de se regrouper ?

Ce n’est pas qu’une question de religion. On voit parfois des gens qui ne croient pas à la vie après la mort et qui souhaitent pourtant être enterrés à côté de ceux qu’ils aiment. On peut comprendre l’envie d’être enterré avec sa grande famille qu’est la communauté. Chacun aime être dans son environnement. Je peux comprendre que des laïcs ou des chrétiens n’aient pas envie d’être au milieu de tombes avec des symboliques juives ou musulmanes.
Et puis l’exemple est montré par Jacob et Joseph : la famille de Jacob, le Patriarche, est allée vivre en Égypte, mais le Patriarche a exigé de retourner vers la Terre Promise après sa mort. De même, Joseph, qui était Premier ministre de l’Égypte, a demandé que sa dépouille soit transportée en terre d’Israël. C’est aussi une des raisons pour laquelle beaucoup de gens demandent à être enterrés en Israël. Notre tradition nous apprend que c’est en Terre Sainte, qu’aura lieu en premier la résurrection des morts.

Cela touche-t-il une partie importante de la communauté ?

Oui. Malgré la chance dont nous bénéficions en France d’avoir des facilités pour inhumer nos morts selon nos traditions, une forte minorité souhaite se faire enterrer en Israël, alors même que les intéressés n’y ont pas vécu et que, parfois, ils n’y sont même jamais allés.

Y a-t-il un problème de place qui se pose dans les cimetières juifs ?

Oui. Tous les cimetières existant connaissent ou vont rapidement connaître des problèmes de place. La communauté juive de l’agglomération lyonnaise va être confrontée à la nécessité de trouver un lieu de sépulture pour inhumer ses morts. C’est une réalité incontournable. Le problème est d’autant plus complexe que pour nous, afin de respecter la dignité des morts, nous ne devons pas exhumer les corps — sauf cas particulier, comme un risque d’inondation ou lorsque que les survivants veulent rassembler les familles ou exhumer les restes en Israël. A la Mouche par exemple, les morts qui ont été inhumés à la création du cimetière y sont toujours. Nous allons donc devoir trouver rapidement des solutions.

Les carrés juifs des cimetières municipaux sont-ils une réponse ?

Oui, mais une réponse provisoire car nous sommes confrontés au problème de l’expiration des concessions. Comment faire lorsqu’il n’y a plus de famille ? Si c’est la communauté qui doit supporter le poids financier du renouvellement des concessions, c’est très lourd. Sans compter que parfois, on ne sait pas qu’une concession arrive à expiration. C’est la raison pour laquelle nous essayons d’obtenir des carrés pérennes de 99 ans. Malheureusement nous sommes dans une situation où les municipalités, qui sont pourtant prêtes à trouver des solutions concertées avec nous, en sont empêchées par la rigidité du cadre juridique d’une laïcité fermée. Je crois qu’aujourd’hui, on pourrait trouver un assouplissement pour s’accorder aux réalités et qui permette de vivre ensemble dans un cadre républicain. Car la République n’interdit pas l’exercice de la religion. C’est un état d’esprit qui pose problème, un attachement à la lettre qui fait que la justice refuse tout accord entre les municipalités et les associations cultuelles. Il y a par exemple eu des problèmes, très rares heureusement, qui montrent la difficulté de ces positions. À Grenoble, il y a quelques années, un jugement a validé la volonté des parents d’enterrer leur enfant non-juif — car issu d’un couple mixte — dans le carré juif ! Que faire ? Si c’est un carré juif, il faut qu’y soient inhumés les juifs selon la tradition, sinon, ce n’est plus un carré juif, en tout cas, il ne peut plus prétendre être un carré confessionnel. Il me semble que nombreuses sont les mairies qui préféreraient bénéficier de souplesse en la matière et pouvoir discuter librement avec les communautés plutôt que d’avoir à subir une laïcité répressive et stricte. Nous n’avons aucun problème avec la plupart des maires, de quelque bord politique qu’ils soient, mais avec le cadre législatif qui les contraint et nous contraint, et qui n’est pas adapté aux réalités contemporaines. Mais aujourd’hui, on sent une évolution de la société, et un jour il faudra avoir le courage de prendre le problème à bras le corps pour essayer donner à toutes les communautés religieuses la possibilité de vivre comme elles le souhaitent, dans la mesure où cela ne gêne personne. Ceux qui voudront aller au cimetière municipal iront au cimetière municipal, etc., chacun selon ses convictions.
 

Qui sont les opérateurs des pompes funèbres des cimetières juifs ?

C’est laissé au choix des familles, qui sont totalement libres. Dans les funérailles juives, l’usage est d’avoir la tête couverte pour les hommes, d’où un problème parfois avec les employés des pompes funèbres. Il y a quelques années, ils portaient des casquettes, ce qui nous convenait parfaitement. Aujourd’hui, ils n’en portent plus car, parait-il, les casquettes risquaient de tomber. Certes, les non- juifs ne sont pas soumis à nos règles rituelles, mais c’est vrai que dans le cadre d’une cérémonie juive, par politesse, la plupart des personnes qui y assistent le font généralement en portant une casquette, un chapeau, voire une kippa. C’est un signe d’humilité qui est particulièrement important dans ces moments-là et nous sommes parfois un peu gênés que les employés des pompes funèbres qui portent le cercueil soient tête nue. C’est un non-dit et personne n’a jamais eu la mauvaise idée de protester. Ces dernières années, nous avons bénéficié de la création d’une société juive de pompes funèbres, tout le personnel n’est pas forcément juif, mais elle veille à ce que les porteurs de cercueil soient coiffés d’une kippa pour respecter nos coutumes traditionnelles. Elle accepte aussi plus facilement d’accompagner les funérailles le dimanche et fait le maximum pour organiser des veillées funèbres.
Mais je dois dire que, de façon générale, les pompes funèbres générales manifestent un très grand respect pour nos pratiques et nous ne pouvons que nous en louer.

Y a-t-il des conflits avec d’autres communautés, du fait du partage des lieux funéraires ?

Quand vous avez des carrés qui se jouxtent ou que le convoi funèbre doit  traverser tout le cimetière catholique, marqué par les croix, pour arriver aux trois rangées du carré juif, cela n’a jamais suscité le moindre problème de la part de nos fidèles, ni des adeptes d’autres religions. Les enterrements n’ont jamais lieu à la même heure, de toute façon.
Il pourrait y avoir aussi des difficultés dans les hôpitaux qui n’ont pas d’installation pour les toilettes rituelles ou une salle d’accueil pour les veillées. C’est pour cette raison que les centres funéraires de Berthelot, à Lyon, et de Cusset, à Villeurbanne, nous rendent énormément service. Les hôpitaux nous le demandent, et nous faisons transporter les corps dans ces lieux où les installations sont adéquates.

Le rite vaut parce qu’il reproduit un geste à l’identique. Il est donc par nature difficile à articuler avec le changement. Qu’en est-il du rite juif ? Il y a-t-il des évolutions ? Des demandes des familles ?

Il y a des adaptations à la réalité de l’environnement. On comprend qu’il puisse y avoir des contraintes dans les hôpitaux et on s’adapte, d’autant qu’on trouve aussi des solutions dans la mesure où, très rapidement, les corps peuvent être transportés dans un centre funéraire.
Les familles ont parfois des demandes particulières, en imitant d’autres cultes, pour demander par exemple qu’on diffuse de la musique. Je leur propose de le faire au moment des condoléances. On essaie de trouver des solutions. Il y a aussi de plus en plus de femmes qui tiennent à dire quelques mots alors que ce n’était pas l’usage jusqu’alors, pour des raisons de discrétion féminine. On ne veut pas contrecarrer ces bonnes intentions, même si cela peut froisser les habitudes.