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Universités : Des difficultés d’adaptations aux nouveaux enjeux qui créent un appel d'air pour le secteur privé

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Étude

Depuis plusieurs décennies, l’arrivée des réseaux numériques et l’internationalisation croissante des échanges ont profondément modifié la constitution et la diffusion des savoirs. Les savoir-faire de l’écriture, autrefois chasse gardée des lettrés universitaires, sont désormais appropriés par différents acteurs privés : plateformes en ligne, réseaux d’éducation à distance, écoles privées, etc. En France, les organismes publiques de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) peinent à trouver leur place dans cette nouvelle distribution des rôles.

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Date : 11/02/2021

L'essentiel

 

Comprendre le développement important de l’offre d’enseignement supérieur privé dans la métropole de Lyon nécessite de comprendre les changements qui traversent la société toute entière, en France et dans le monde.

L’enseignement supérieur public peine aujourd’hui à se renouveler face à une demande de formation de plus en plus importante, diversifiée, et à une concurrence qui s’étend maintenant bien au-delà des frontières nationales. La transformation des écosystèmes naturels - à l’image de la pandémie actuelle - rend plus que jamais incontournable une refonte des mécanismes de production et transmission de connaissances, autour notamment des technologies numériques.

 

Principaux enseignements

 

  • La demande générale de formation ne cesse de croître à l’échelle locale comme planétaire, avec des profils et demandes des étudiants de plus en plus variés.
  • L’arrivée des technologies numériques modifie en profondeur le rapport à l’écriture et au savoir, bousculant les prés carrés autrefois bien installés des disciplines scientifiques et de la division du travail.
  • La distinction entre formations initiale et professionnelle s’atténue avec la nécessité constante pour les étudiants d’acquérir de nouvelles compétences.
  • Le paysage pédagogique de la formation se transforme rapidement avec l’apparition de formations très courtes (quelques semaines ou mois), très appliquées (ateliers / workshops) et l’apprentissage en ligne.
  • Rigidités administratives, fautes de moyen ou conservatisme : l’université publique peine à faire face à ces changements et à la diversité des demandes de formation.
  • Des inégalités importantes entre filières et une organisation impropre des ressources mènent à des situations dangereuses pour le personnel enseignant, et à une baisse de qualité des enseignements.
  • La majorité des étudiants dans le monde se situe en Chine et Inde. Les étudiants internationaux sont une force majeure dans la constitution du paysage de l’enseignement supérieur en France.
  • Le désengagement de l’État suscite un transfert de compétences de la sphère publique vers la sphère privée. Cette situation n’est pas propre à l’enseignement supérieur.
  • Des initiatives d’envergure apparaissent dans la métropole de Lyon pour faire face aux défis présents et futurs de l’enseignement supérieur.

 

 

Questions prospectives – Quelles transformations majeures pour l’enseignement supérieur aujourd’hui ?

 

  • La production et circulation des connaissances reposent sur un système d’écriture qui les organise. L’apparition des réseaux numériques transforme en profondeur non seulement les techniques de production et de diffusion savantes, mais également les institutions du savoir. L’une des difficultés majeures pour les organisations d’enseignement supérieur (publiques comme privées) va être d’assurer une continuité - ou une rupture - entre les traditions issues des cultures du livre et les nouveaux modèles numériques de circulation de l’écrit.
  • Si la durée de formation moyenne s’allonge, la durée de chaque formation tend à raccourcir. D’une manière générale, le volume et la diversité de l’offre de formation ne cesse de croître pour répondre à un marché du travail mouvant et complexe. Ainsi, le rôle et la nature des organisations va devoir adapter ses méthodes (ex. nouvelles formes de certifications, diplômes, etc.).
  • La transformation des écosystèmes naturels va accroître la nécessité d’expertise locale et la nécessité de se saisir des réseaux internationaux de connaissances. Au-delà des outils techniques, les questions d’échelle territoriale vont être au cœur de la redéfinition du paysage de l’enseignement supérieur, avec une nécessité croissante de coordination internationale comme sur le territoire.

 

Enjeux pour la Métropole

 

Comment préparer au mieux le territoire lyonnais face à ses transformations à venir ?

Les établissements lyonnais et le devenir de la formation

  • Dans quelle mesure les établissements privés s’installant dans la métropole de Lyon se projettent-ils dans ses problématiques à venir (numérique, résilience, etc.) ?

Une meilleure connaissance des initiatives du territoire

  • Quels formats ou modèles pédagogiques intéressants se développent à Lyon pour répondre aux nouvelles exigences de formation ?

Soutenir l’expérimentation

  • Comment susciter ou soutenir le développement de nouveaux modèles expérimentaux sur le territoire lyonnais ?

Une stratégie d’échelles

  • Comment la Métropole s’intègre-t-elle aux réseaux numériques et internationaux de savoirs et de formations déjà existants ?
  • À quelle échelle doit-elle agir pour susciter de nouvelles intégrations ou de nouveaux réseaux ?

 

Méthodologie

 

Cette étude présente une synthèse d’expériences, discussions et réflexions menées par l’auteur au cours de son exercice dans l’enseignement supérieur universitaire et privé à Lyon, en France et ailleurs dans le monde (Suisse et Chine notamment). Elle s’attache à retranscrire divers observations et constats propre à l’enseignement secondaire en les replaçant dans des dynamiques de changements sociétaux plus larges. L’auteur Clément Renaud est aujourd’hui chercheur associé à l’Institut des systèmes complexes de l’ENS de Lyon.