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Les enjeux du secteur industriel de l’agglomération

Interview de Patrick OLIVIER et Jean-Marie LEMAHIEU

<< Pour exister, il faut s'afficher clairement. Ce qui parle le plus, c'est le niveau de R&D >>.

Cet entretien a été réalisé Par Bruno Bigourdan et Xavier Lachapelle dans le cadre de l’élaboration d’une note de synthèse, relative aux enjeux du secteur industriel de l’agglomération, de l’évolution de la sous-traitance et des processus actuels de regroupements d’entreprises sous forme de pôles d’excellence.

Quelle est votre positionnement en matière d’appui au développement économique ?

Nous sommes en changement de métier ! L’action de l’Etat se veut plus anticipatrice, notamment sur les mutations industrielles. Nous n’avons pas de pression politique ou économique. Nous sommes là pour aider à prendre du recul dans un esprit de neutralité. Nous travaillons principalement sur l’innovation, la prise de risques, la recherche et développement et pas sur les aspects récurrents.

Quels sont vos leviers d’action ?

Nous avançons à partir du travail de nos pôles et agences, qui constituent une forme de délégation sur le terrain. Ces interventions prennent de plus en plus la forme de démarches collectives, dont l’objet est de faire la démonstration de la mise en oeuvre de méthodes nouvelles. Nous abordons ainsi des sujets comme la réflexion stratégique, l’ouverture de l’entreprise vers l’extérieur ou l’accompagnement à la compréhension des relations avec le marché et les clients. Nous venons de faire par exemple, un programme ouvert avec la plasturgie, pour développer des partenariats sur des projets innovants. Ce type de programme fait allusion au concept de "supply chain" (*), d’entreprise étendue, avec tous les acteurs nécessaires  pour apporter de la valeur dans un service complet (concepteur, mouliste, injecteur ou thermoformeur, finisseur, marquage, logistique …).

Et pour la sous-traitance ?

Nous essayons de réguler la relation avec les donneurs d’ordres, particulièrement en activant la notion de plateforme collaboratrice, de recherche étendue.

Sur quel domaine travaillez-vous en ce moment pour les sous-traitants ?
Actuellement, nous travaillons dans le cadre d’un programme expérimental, au développement du service (mettre du service dans le produit industriel, valoriser ce service …) pour anticiper les besoins des donneurs d’ordres.

A ce titre, quelle est votre action sur les regroupements d’entreprises sous forme de cluster, SPL ou pôle de compétences ?

La force des territoires sera leur positionnement. Pour exister, il faut s’afficher clairement. Ce qui parle le plus, c’est le niveau de R&D (Recherche et Développement) et nous agissons sur ce plan. Dans ce domaine, Lyon est un pôle équilibré qui a défini un plan d’action par des volontés de choix, bien que l’on trouve de tout et dans tous les domaines et toutes les dimensions.

Quels sont les spécialisations de territoires que vous avez repérés ?

Il y a bien sûr le décolletage dans la Vallée de l’Arves, la plasturgie sur Oyonnax, la carrosserie poids lourds et l’alimentaire sur Bourg en Bresse, la logistique sur l’axe de Grenoble - Chambéry … sur Lyon le numérique, les biotechnologies, la santé,… et d’autres qui se construisent.

Ne pensez-vous pas qu’il peut être dangereux d’avancer sur une (ou des) spécialisation(s) territoriale(s) qui aurait(ent) pour conséquence d’amener une certaine fragilité ?

Non. D’abord il faut se mettre d’accord sur l’identité. S’agit-il d’un secteur ou d’une zone géographique ? Il vaut mieux exister pour un territoire sur une position sectorielle forte que ne pas exister du tout. Mais c’est au niveau  de la région qu’il faut être présent sur tous les savoir-faire pour sécuriser le développement, c’est notre rôle ! (*)Nda : La mise en place d’une logistique performante passe par la maîtrise de la chaîne complète de l’anticipation de la demande jusqu’à la gestion de fournisseurs partenaires (Supply Chain Management). C’est une approche globale qui intègre les aspects stratégiques, organisationnels, humains et financiers de l’entreprise pour obtenir des gains tangibles sur la tenue des délais, la réduction des stocks, des temps de cycles, des coûts et l’augmentation de la productivité.