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Métropole et solidarité : œuvres croisées.

Texte

Date : 01/09/2012

Martin Vanier est géographe, professeur en géographie et aménagement à l'Université Joseph Fourier de Grenoble, à l'Institut de géographie Alpine et directeur d'étude au sein de la coopérative conseil ACADIE. Ses recherches évoluent dans le champ des transformations des politiques publiques et du renouvellement de l'action collective, entre changements d'échelles et recompositions territoriales. Il a notamment formalisé, le concept d'interterritorialité et il développe la dimension prospective dans une part importante de ses recherches et activités.
(source http://territoires2040.datar.gouv.fr/spip.php?auteur5 )
Dès lors qu’un groupe s’est construit et identifié – famille, clan, tribu, ville, village, communauté, corporation, club, coopérative, association, ligue, nation, fédération – et qu’elles qu’en soient les modalités et les dimensions, il existe toujours une forme de solidarité, fût-elle jugée négative : l’effort régressif de l’impôt sur le revenu en France, pour les tranches les plus élevées, rend bel et bien solidaires… les classes moyennes avec les riches  !
Les formes d’interdépendance qui se sont stabilisées au sein d’un groupe, au point parfois de passer pour instinctives (la famille, encore) ou du moins éthiques (la nation), sont re-questionnées dès qu’on change d’échelle.
La métropolisation est un de ces changements d’échelle. La mondialisation et ses constructions intermédiaires, comme l’Union Européenne, en sont une autre. L’une comme l’autre sont puissamment animées par le marché, l’échange monétarisé, la compétition des valeurs.
Avec la question de la solidarité, on est donc au cœur du processus de construction de la métropole. Apprécions-en trois difficultés et trois promesses.

Sommaire

Première difficulté : la métropole comme nouveau collectif toujours « en retard d’une solidarité » ?
Deuxième difficulté : négocier une solidarité de plus en plus hétérogène.
Troisième difficulté : la rivalité des échelles de solidarité.
Première promesse : pouvoir rendre solidaires les systèmes de solidarité.
Deuxième promesse : un hors-marché proportionnel à la vigueur du marché.
Troisième promesse : réinventer le fait social métropolitain en même temps que sa solidarité.