La ville moderne, née au milieu du XIXe siècle avec le chemin de fer et les
grands magasins, a fait de l'accélération de la vitesse la preuve du progrès.
Un siècle plus tard, avec la généralisation de l'automobile et le déploiement
des nouvelles technologies de l'information et des communications, l'instantanéité
et la simultanéité concourent à modifier les modes de vie des urbains et à imposer
de nouvelles normes temporelles.
Ces évolutions, qui semblent faciliter la vie quotidienne des citadins, méritent
d'être examinées, car elles sont aussi parfois chronophages et contraignantes
:
comment les temporalités propres aux différentes institutions qui façonnent
cette vie quotidienne (l'entreprise, l'école, l'administration, le magasin,
la société de transports en commun) peuvent-elles se concilier pour en améliorer
la qualité ? Une écologie du temps n'est-elle pas devenue nécessaire pour maîtriser
les " bienfaits " des machines-à-gagner-du-temps ? Que faut-il penser de la
création de "bureaux du temps" dans de nombreuses villes ?
Ces questions nouvelles interpellent aussi bien les élus que les personnels
municipaux et les urbanistes. D'où l'intérêt de cet ouvrage, où des spécialistes
de plusieurs disciplines proposent une appréciation critique des tendances à
l'œuvre et tentent de dégager des propositions concrètes afin de mieux concilier
les exigences contradictoires des citadins. Vivre à plusieurs temps ? Pourquoi
pas, à la seule condition que chaque individu ne soit pas dépossédé de son temps-à-soi
qui garantit sa singularité.
Thierry Paquot, philosophe, est professeur à l'Institut d'urbanisme de Paris,
université de Paris-XII (Créteil) et éditeur de la revue Urbanisme.
Les auteurs : Patrick Baudry, Jean-Yves Boulin, Jean Chesneaux, Gilles Jeannot,
Michel Lussault, Ariella Masboungi, Alain Metton, Thierry Paquot, Marie Raynal.
Préface de Edmond Hervé Président de l'Institut des villes. Député-maire de
Rennes.