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1- Redéploiement durable de l’activité citoyenne dans la société civile ou effet de mode ? |
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1- Redéploiement durable de l’activité citoyenne dans la société civile ou effet de mode ?
La participation politique « non conventionnelle » progresse depuis les années 1980-90. Considérés comme plus efficaces que le vote, ces différents modes de participation politique sont l’expression de l’évolution de nos sociétés et pourraient donc s’ancrer durablement dans l’espace public. Par exemple, la montée de l’individualisme et le refus de cadres trop contraignants expliquent en partie l’engouement temporaire pour des actions concrètes, qui appellent des résultats immédiats.
Certains observateurs et acteurs de ces nouveaux modes de participation politique, comme Hervé Chaygneaud-Dupuy (délégué général des Ateliers de la citoyenneté), parlent d’un véritable tournant : « ce qui me semble le plus frappant, c’est le décalage entre les capacités de mobilisation de la société civile et les modes d’action de la classe politique. On est à un tournant, le système que nous vivons aujourd’hui ne durera pas : soit il aura implosé avec une régression vers un régime autoritaire, soit une configuration politique recomposée aura permis une plus grande démocratie. Le politique ne sera d’ailleurs probablement pas à l’origine de ce mouvement, ce sont les citoyens qui vont l’exiger (...). »
2- Le rôle central des élus conforté
La participation favorise la prise en compte de points de vue différents, de besoins nouveaux ou méconnus, de problèmes sociaux peu explorés… En bref, les dispositifs participatifs étendent la gamme d’options, d’intérêts et d’enjeux que doit prendre en compte l’élu. Parallèlement, les citoyens prennent conscience de la responsabilité d’arbitrage des élus et de la difficulté de cette tâche. Selon Bernard Jouve (chercheur), l’élu se trouve finalement conforté dans sa position de régulateur ou d’arbitre : « le recours à la participation vient, paradoxalement, dans les faits, renforcer les traits des systèmes politiques, la centralité des élus. Quels que soient les contextes institutionnels, la légitimité issue des élections reste un des fondements essentiels de l’ordre politique. »
3-Comment articuler la participation citoyenne et la représentation politique ? L’enjeu de la délibération publique
« Il faut une démocratie représentative forte, qui assume ses responsabilités et ses engagements. C’est sur elle que se base la légitimité démocratique. Mais pour être pleinement représentative, la démocratie doit être participative et délibérative. La démocratie s’appuie en effet sur trois piliers : la représentation politique, la participation citoyenne et la délibération publique » (Gérard Claisse, vice-président du Grand Lyon chargé de la participation citoyenne et du conseil de développement).
Une authentique délibération publique est donc essentielle à la « montée en généralité » des questions abordées, à l’articulation du privé et du public, à l’arbitrage entre les situations et les intérêts des différents groupes et enfin, à la construction d’une opinion collective. Présentée par Loïc Blondiaux (sociologue) comme « un horizon régulateur des pratiques », la délibération repose sur le principe d’argumentation (« le débat démocratique doit consister avant tout en un échange de raisons. C’est la force du meilleur argument qui doit prévaloir »), le principe d’inclusion (« la discussion doit être ouverte au plus grand nombre, et dans l’idéal à tous ceux qui sont susceptible d’être affectés par la décision ») et le principe de publicité ou de transparence.
>>Pour approfondir
- Débat public et dynamique démocratique, 2007, Catherine Foret, www.millenaire3.com
- La démocratie participative : état des lieux et premiers éléments de bilan, 2007, Cédric Polère, www.millenaire3.com
- Interview de Gérard Claisse (vice-président du Grand Lyon chargé de la participation citoyenne et du conseil de développement), 2007, www.millenaire3.com
- Interview de Hervé Chaygneaud-Dupuy (délégué général des Ateliers de la citoyenneté), 2007, www.millenaire3.com
- La démocratie en métropoles : gouvernance, participation et citoyenneté, 2005, Bernard Jouve, Revue française de science politique, vol 55, n°2
- Démocratie délibérative et démocratie participative : une lecture critique, 2004, Loïc Blondiaux, Démocratie participative et gestion de proximité, Paris, La découverte









