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UN RETARD AU DÉMARRAGE

Mis à jour le : jeudi 1 janvier 1970



L’art contemporain fait une entrée assez tardive sur le territoire du Grand Lyon. Marianne Homiridis, auteure d’un très utile guide de « l’art contemporain dans les espaces publics du Grand Lyon 1978/2008 » a choisi pour date inaugurale 1978, soit la tenue du Premier symposium de sculptures, à l’initiative de l’adjoint à la culture de Lyon de l’époque, André Mure. 

Lire : Le guide L’art contemporain dans les espaces publics du Grand Lyon 1978/2008 par Marianne Homiridis et Perrine Lacroix, édition BF15.

Les premiers symposiums de sculptures à Lyon

Condition paradoxale de Gérald Martinand (1982), parc de la Cerisaie

Pourtant, les premiers symposiums de sculptures qui se tiennent en Europe datent de 1950. Lyon démarre donc avec vingt ans de retard, et sur le modèle, déjà presque passéiste, de ce que les Anglo-saxons nomment les « dropped sculptures » : des sculptures posées dans un lieu sans lien réel avec le contexte.

En 1978, Lyon achète des œuvres qui n’ont pas été créées in situ pour les disposer ensuite dans un quartier alors en pleine construction : la Part-Dieu. C’est le cas du Pollueur de Joseph Ciesla (dalle piétonne, la Cité administrative), de Synchromie n°1 de René Roche (dalle piétonne près de l’immeuble « le PDG ») ou encore d’Etre de Louis Molinari (devant L’Hôtel du Grand Lyon). « Politiquement, il était important de tenter de faire en sorte que la population s’approprie ce quartier qui était très décrié. Il s’agissait d’ « adoucir » peut-être la brutalité architecturale et urbanistique de ce nouveau quartier » se souvient Marie-Claude Jeune, ancienne conseillère pour les arts plastiques à la DRAC de Rhône-Alpes, Direction régionale des affaires culturelles. Pourtant, dix ans auparavant, à l’occasion des JO de 1968, la Ville de Grenoble avait passé commande d’œuvres in situ à quinze sculpteurs.


Lire l’entretien avec Marie-Claude Jeune : « L’art contemporain est aujourd’hui plus diffus, mais aussi plus concernant »


Un deuxième Symposium de sculptures, en 1980, crée des parcs de sculptures dont celui de la Cerisaie (Lyon 4e), sur un modèle américain alors en vogue, mais là encore assez vite dépassé. Lors des Journées Européennes du patrimoine 2010, la Ville de Lyon a inauguré un parcours intitulé « Art et Paysage : le parc de la Cerisaie » présentant diverses œuvres installées en 1980 et récemment restaurées. Parmi elles, Autoportrait de Jean-Pierre Raynaud, Hommage à Léon de César et Cathédrale de Geneviève Dumont.

Villeurbanne militante de l’art public

le Totem de Guy de Rougemot

Parallèlement, les villes de Villeurbanne et Vénissieux développent une politique beaucoup plus raisonnée en matière d’art public. « Dans les années 80, Villeurbanne a développé une politique d’art public en contre-point de la tristesse lyonnaise en la matière » se souvient Yvon Deschamps, alors directeur des affaires culturelles de Villeurbanne.  Avec militantisme, les élus villeurbannais portent un idéal de démocratisation culturelle : « il faut aussi que l’art puisse aller à la rencontre des gens là où ils sont ». Les bâtiments publics sont donc « truffés » d’œuvres d’art et les carrefours et les ronds points villeurbannais, points de rencontre obligés, deviennent le support d’œuvres emblématiques : le Totem de Guy de Rougemot place Albert-Thomas (1981), Autour d’un abri jaune d’Etienne Bossut au carrefour Greuze-Pressensé (1987) ou encore le Giratoire de Patrick Raynaud (1989) au rond-point des Buers. Dommage que Villeurbanne ait cessé cette politique d’intervention artistique sur les ronds-points car ils sont devenus par la suite, une exception française par leur nombre et le déferlement kitschissime qui les décore !

 Lire l’entretien avec Yvon Deschamps.




 



Dès 1980, à l’invitation du Nouveau musée et de son fondateur Jean-Louis Maubant, Daniel Buren réalise le premier guide de la statuaire dans l’espace public lyonnais et villeurbannais, Ponctuations : Statue / Sculpture. L’artiste créateur de l’in situ y interroge la place des œuvres dans l’espace urbain à un moment où vient de se tenir le Symposium de la Sculpture de 1980 et où le territoire lyonnais commence à se couvrir d’œuvres d’art contemporain, plus particulièrement dans les stations de métro. Par la suite, le Nouveau musée de Villeurbanne favorise continûment un dialogue entre les espaces publics et les œuvres contemporaines. Ainsi, en 1990, parallèlement à son exposition Apprendre à lire l’art, Lawrence Weiner conçoit une installation permanente dans l’espace public sous la forme de trois magnifiques jeux de Marelle.

 

 



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