Les rythmes sociaux ont changé, ils sont de plus en plus complexes et désynchronisés. L’allongement de la vie, l’entrée massive des femmes dans le monde du travail, la diminution des temps collectifs, l’éclatement des formes d’emplois, la flexibilité des horaires, l’accroissement du temps libre, l’alternance des périodes d’emploi, de formation, de chômage et les nouvelles technologies de communication ont profondément modifié les rythmes de vie. L’individualisation des modes de vie progresse et les rythmes privés et publics se désynchronisent . L’articulation des différents temps de vie est au cœur des préoccupations quotidiennes des citoyens en général et des salariés en particulier. Elle conditionne la qualité de vie au sein des territoires.
S’intéresser aux démarches temporelles d’un territoire signifie porter attention à la vie quotidienne des habitants, à leurs nouvelles contraintes personnelles et collectives, à leurs relations avec l’offre des services publics, à leurs adaptations souhaitées en matière de transport, de modes de gardes, d’organisation du travail, de formes d’emploi, de temps libéré. Cette revendication à une meilleure articulation des temps de vie en née d’une importante mobilisation de femmes en Italie. Aujourd’hui, aux quatre coins de L’Europe les initiatives et les acteurs se multiplient.
En France, ces acteurs sont réunis dans le réseau TEMPO Territorial. Cette association a été créée par des représentants, de collectivités (élus et techniciens), de l’Etat, d’entreprises, de syndicats, d’associations, et par des femmes et des hommes intéressés par l’échange, la mutualisation, la construction de démarches temporelles, dans un but non lucratif. Un diagnostic d’usage à partir d’une approche temporelle conditionne la mise en oeuvre d’une véritable conciliation entre les acteurs concernés, par exemple autour d’un problème d’accessibilité horaire, ou d’articulation entre des temps de travail et hors travail, ou de gestion d’un espace public aux usages conflictuels. Repérage des tensions, diagnostic partagé, conduite d’une médiation associant tous les acteurs concernés, construction partenariale de solutions à chaque fois différentes selon les contextes territoriaux, donc innovantes, sont les caractéristiques des démarches de conciliation que TEMPO Territorial entend inciter, accompagner et mutualiser.
TEMPO Territorial fonctionne à travers un bureau bimestriel et trois ateliers thématiques : les entreprises, les services et l’aménagement urbain. Par ailleurs, l’association organise des colloques et des séminaires dont elle publie les actes. Elle met à disposition des outils et des méthodes expérimentales locales (enquêtes, études thématiques) et réunit des personnes ressources pour des interventions ponctuelles.
La vocation de ce réseau est de devenir un centre de ressources sur les enjeux temporels, permettre le débat public à l’échelle européenne sur ces questions, et favoriser l’échange de bonnes pratiques en terme de concertation, de communication, d’analyse méthodologique.
Cette association à laquelle le Grand Lyon participe réunit aussi les Conseils Généraux de Gironde, du Val de Marne et de l’Essonne, la Communauté d’Agglomération de Poitiers, Montpellier Agglomération, la Communauté urbaine de Dunkerque, les Villes de Rennes, Saint-Denis, Paris, la Roche-sur-Yon, Chambéry,
Dijon, Clermont-Ferrant, Niort, l’Université Iris/Dauphine, l’Afet, les Francas, Sherpaa…