Soierie vivante est une association de passionnés à qui la Ville de Lyon a confié la gestion et l’animation d’un atelier familial de tissage, datant de 1880. On y découvre plusieurs sortes de métiers à tisser et notamment trois métiers pour la passementerie (galons d’or et d’argent), ainsi qu’un métier à tisser à bras (tissus en soie). Une visite guidée abordant les principaux aspects techniques permet aux visiteurs de se faire une idée du fonctionnement de ces machines qui sous leur apparence rustique sont extrêmement sophistiquées et mettent en jeu une mécanique d’une grande précision.
Installé rue Richan, au cœur du quartier historique de la soie à Lyon, l’atelier permet de découvrir le tissage de passementerie : on y voit des métiers à tisser spécialisés, dotés d’une mécanique Jacquard. La passementerie désigne les tissus de faible largeur (rubans et galons). Ils sont employés pour l’ameublement, les festons et galons militaires, les vêtements et ornements liturgiques, etc. Sont aussi exposés des dessins sur papier quadrillé (papier de mise en carte), des cartons perforés pour comprendre le processus de fabrication. Dans cet atelier, on trouve aussi un métier à bras (manuel) qui permet la production de tissus unis comme le taffetas, le satin, etc.
Juste à côté, il est possible de visiter sur rendez-vous un atelier de guimperie, qui produit des fils d’or ou d’argent utilisés dans les brocards par exemple. On y verra comment un fil de coton, sur lequel on enroule un fil métallique d’or ou d’argent préalablement aplati, se transforme en objet précieux qui parachève de nombreux tissus et cordelettes en soie.
Soierie vivante gère un autre atelier, rue Justin Godard, toujours sur le plateau de la Croix-Rousse quartier historique du tissage de la soie. Cet atelier présente « dans son jus » un atelier canut, où une seule pièce servait à la fois de lieu de production et d’habitation, avec un coin cuisine et des lits aménagés au-dessus des métiers à tisser.
Ce passage par Soierie vivante permet de prendre conscience de l’importance de la soie à Lyon. Simple bourgade au Moyen Age, Lyon a connu une croissance très forte à partir du moment où elle a été autorisée, avec Tours, à travailler la soie. À la fin du XVIIIe ce développement prend un tour nouveau avec la mécanisation des métiers à tisser, due aux inventions successives de plusieurs tisseurs comme Vaucanson et Jacquard. Autrement dit, la soie est un des facteurs essentiels dans l’avènement de la révolution industrielle sur la région, qui commence par une multiplication des ateliers juxtaposant des milliers de petites unités de production familiales (domestic system) avant que des lieux de productions accueillant de nombreux ouvriers ne se mettent en place, notamment avec la filature et le moulinage.
L’association soierie vivante a été créée en 1993 pour « veiller et contribuer à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine lyonnais des métiers de la soierie ». Elle a été fondée par d’anciens tisseurs et professionnels du textile lyonnais, et notamment Mme Letourneau passementière et M. Mattelon tisseur à bras. Soierie vivante compte parmi ses membres, outre les professionnels de la soie, des universitaires, des historiens et des habitants du quartier. « Leur but commun n’a pas été de créer un musée de plus, mais de maintenir dans le quartier, en place et en activité, un matériel et un savoir-faire inestimables, qui constituent l’essentiel du patrimoine Croix-Roussien ».
Site Internet : Consulter le site Internet de cette association peut s’avérer très utile pour préparer la visite ou pour « fixer les idées ». Il comporte en effet de nombreuses informations et notamment une description précise et claire du fonctionnement des métiers à tisser et des différents types de tissus produits. www.soierie-vivante.asso.fr
Parcours : L’association propose des itinéraires de la soie dans le 4ème arrdt de Lyon, qui permettent de visiter des lieux de fabrication et de voir plusieurs démonstrations de métiers à tisser en fonctionnement, couvrant toutes sortes de métiers : passementerie, tissage à bras, tissage mécanique, etc.
À noter : Outre diverses contributions pour contribuer à préserver les métiers à tisser sur le quartier de la Croix-Rousse, Soierie Vivante a mis en place des stages d’initiation au tissage pour les enfants et les adultes, ainsi qu’un cycle de conférences.