Comprendre cette hybridation implique de changer de regard sur les notions de réel et de virtuel, dont les définitions semblent aujourd'hui obsolètes. Comme l'explique Hugues AUBIN (*) lors de la dernière table ronde : "Il devient nécessaire de reconsidérer l’opposition entre réel et virtuel, entre objectivation et fiction dans les modélisations de ville". Il dit en effet ne pas souscrire à "l’opposition entre ville réelle et virtuelle. Selon Wikipedia, « virtuel est un adjectif utilisé pour désigner ce qui est seulement en puissance, sans effet actuel ». Cette définition conduit à se demander si ce qu’il se passe sur Internet ou un ordinateur est dénué d’effet actuel".
De même, Boris BEAUDE (*), en réponse à la question d'un auditeur, estime que la ville et le numérique sont complémentaires : ils "s’affirment respectivement comme des moyens matériels et immatériels de maximiser l’interaction sociale". Il semble alors "plus juste de distinguer interaction matérielle et immatérielle, plutôt que réel et virtuel". Et d'enfoncer le clou : "il serait dangereux et anachronique de considérer les technologies de communication numériques comme irréelles". Il s'agit donc d'admettre la "réalité" de cet univers "virtuel", et surtout de l'exploiter au service de nouvelles formes urbaines, nécessairement hybrides.
----------
(*) Hugues AUBIN : chargé de mission TIC à la ville de Rennes. Lire l'intervention
(*) Boris BEAUDE : géographe et chercheur à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, maître de conférences à l'IEP de Paris. Lire l'intervention
Retour Accueil Dossier