Antoine Lazzarus, professeur de santé publique et médecine sociale à l'Université Paris XIII. attire l' attention sur des problèmes particulièrement troublants qui supposent de la part des citoyens et des gouvernants un surplus de raison et de sagesse : celui de l'aspiration à une santé sans risque, avec les paradoxes de l'affirmation étatique d'une politique de santé publique tant il est vrai que la question sanitaire est étroitement liée à celle des raisons de vivre.
"Entre raisons et déraison... " Que dire... à propos de la santé ? Pour l’épidémiologie, que nous avons tous aujourd’hui comme premier modèle du discours public,peut-être une première question : " quelle est la mortalité générale dans la population ? " Si on ne précise pas sur quelle durée, on peut toujours croire qu’il s’agira d’un pourcentage annuel.
Mais, si on ne précise pas la période, la mortalité générale, notre mortalité à tous, est de cent pour cent. Rappel évident et redoutable, une naissancedonnera un décès. Pour éradiquer les décès, comme on voudrait éradiquer, maladies, accidents, risques, il faudrait arrêter de laisser venir au monde..."