Améliorer les conditions de travail des plasticiens
La formation des plasticiens est aujourd’hui considérée comme un préalable à l’exercice de ce métier. Elle est notamment assurée par la présence de 5 Ecoles d’art en Rhône-Alpes. La difficulté pour les étudiants qui souhaitent ensuite se consacrer au métier d’artiste –de très nombreux étudiants vont exercer des métiers plus traditionnels comme le graphisme ou la médiation culturelle– est de s’insérer dans le milieu professionnel. Pour cela, ils doivent pouvoir réaliser leurs œuvres, c’est-à-dire disposer d’un espace de travail adéquat. Ce qui est particulièrement difficile pour un jeune artiste qui démarre et qui n’a en général pas les ressources pour financer un atelier. Aussi, la proposition de Francheville est-elle particulièrement adaptée à un contexte tendu en matière d’espace de travail spécifiquement destiné aux plasticiens sur l’agglomération lyonnaise.
Un fort militaire en reconversion culturelle
La commune de Francheville a transformé la destination du fort militaire construit sur son territoire en un espace dédié aux arts plastiques. Outre un espace d’exposition, le fort dispose maintenant d’une quinzaine d’ateliers, situés au premier étage de cette ancienne caserne. Chaque atelier est équipé de l’électricité et se présente comme une longue salle voûtée d’une surface d’environ 100m2, haute de 3 m en son centre, ouverte sur la cour principale par 3 grandes baies orientées à l’est. Ces ateliers ne sont pas chauffés par la ville et ne sont pas aménagés en logement, ils sont donc destinés uniquement au travail de production des artistes.
Sélection par une commission
Les ateliers sont attribués par une commission composée de professionnels de l’art contemporain, qui évalue le projet que leur soumettent des plasticiens. À cet effet, ils remplissent un dossier de candidature où ils précisent leur situation actuelle, leur parcours de formation et présentent leur travail artistique. Ils doivent aussi décrire ce qu’ils envisagent de faire de leur séjour au Bruissin : Définition du projet professionnel pour les 3 années à venir, axes de travail, problématiques artistiques, etc. Les ateliers sont attribués pour des durées variables allant de 2 à 3 ans, reconductibles une fois. Les plasticiens en résidence acquittent un loyer annuel de 2 800 E, mais ils peuvent demander une exonération totale ou partielle en fonction de leurs revenus.
Une cité d’artistes
La Ville a assaini les locaux et les a mis aux normes avant d’ouvrir les ateliers aux artistes. Son rôle repose essentiellement sur une mise à disposition des ateliers. Il n’y a pas un directeur artistique qui chapeaute l’ensemble des actions du Fort du Bruissin et qui organiserait par exemple des expositions avec les artistes présents ou qui leur commanderait des œuvres. Mais la ville envisage à terme de transformer le Fort du Bruissin en un véritable centre d’art. À l’heure actuelle, les plasticiens sont parfois sollicités pour intervenir dans les écoles de la commune.
Historique du Fort du Bruissin
À la suite de la défaite de 1870, une couronne de forts militaires a été construite autour de Lyon. Édifié entre 1878 à 1881, le Fort du Bruissin a été acquis par la Ville au Ministère des armées en 1981. Ce lieu est aujourd’hui destiné aux activités culturelles sur 3 domaines en particulier : les arts plastiques et visuels avec l’aménagement d’ateliers et à terme la mise en œuvre d’un centre d’art ; les musiques actuelles et improvisées avec l’organisation d’une saison musicale et d’un festival de jazz tous les ans en juin (Fort en Jazz) ; la mise en valeur de ce patrimoine monumental et naturel par diverses actions ponctuelles.
Partenaires et financeurs
La Cité des artistes du Fort du Bruissin est mise en œuvre par la Ville de Francheville avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) Rhône-Alpes.