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Héros ordinaires : repérage d'initiatives sobres en carbone dans l'agglomération lyonnaise |
Vingt ans après l'émergence de la notion de développement durable, où en sommes-nous ? Nos modes de vie, de consommation, de déplacements, de travail ont-ils singulièrement évolué ? Il n'existe pas de réponse unique à ces questions. Experts de leur empreinte écologique, « héros ordinaires » progressant à petits pas, sceptiques prêts à se laisser convaincre, opposants niant presque le changement climatique... notre société avance à des rythmes dissonants. Mais ces pratiques variées interpellent plus que jamais la collectivité qui s'est engagée « en tête de file » à atteindre des objectifs fixés par des mesures législatives internationales. | >>> POINTS DE VUE >>> | // AGENDA // | Changer nos modes de vie, la solution pour un développement durable ? |
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Quelle pratique avez-vous adopté (ou seriez-vous prêt à adopter) en faveur du développement durable ? Répondez à la question | N'en déplaise aux sceptiques, la réponse est oui : changer nos modes de vie est une partie de la solution. « Les impacts environnementaux d'un territoire apparaissent très liés aux modes de consommation et de vie de ses habitants ». Il ne faut bien sûr pas s'arrêter aux dépenses énergétiques directes (chauffage, électricité, essence), mais aussi considérer les dépenses indirectes (incorporées dans les biens de consommation et infrastructures bâties). « Une deuxième raison de la montée en puissance des modes de vie comme objet politique est liée à l'inégale répartition des ressources et richesses planétaires ». L'empreinte écologique des pays développés excède de loin la capacité bioproductive de leurs territoires, à l'exception de quelques exceptions notables (Canada, Scandinavie, Russie). Ces modes de vie occidentaux s'exportent mais ne pourront s'étendre sans crise écologique majeure. Nous vivons en « sur-régime » et consommons bien plus que « notre part de planète ». Bien sûr, nous n'avons pas totalement la main pour tendre vers des modes de vie durables... surtout lorsque notre société incite à une consommation croissante de ressources.
| Où en sommes-nous ? |  Pour Cyria Emelianoff (spécialiste de la ville durable), « un changement culturel est amorcé, une réappropriation du sens, des impacts et des solidarités impliquées par l'habiter sur terre ». Si la nécessité d'une évolution de modes de vie pour faire face au changement climatique est aujourd'hui admise par la majorité des Français. Qu'en est-il du passage à l'acte ? Changer de comportement est un processus complexe et au rythme très variable selon les individus. Largement médiatisés, les ruptures brutales et les changements rapides de modes de vie sont certainement symboliques du « moment écologique » que nous traversons mais ne représentent certainement pas, ou que très partiellement, ce qui se passe actuellement. Adopter un comportement en accord avec les principes du développement durable passe le plus souvent par des arbitrages complexes et de multiples changements, modestes, très étalés dans le temps. Et lorsqu'on s'attarde sur les parcours de ces « héros ordinaires », on voit combien les motivations varient et combien de multiples facteurs entrent en jeu dans ce processus : du facteur financier aux contraintes règlementaires, de l'envie de nouveauté à l'expérimentation « forcée » (par des grèves, des conditions climatiques...). Découvrez en vidéos les parcours de « héros ordinaires » de l'agglomération lyonnaise | Quid des entreprises ? | Comme pour les habitants, les attitudes des entreprises en matière de développement durable sont variées : de la simple prise de conscience aux actions les plus volontaristes (comme celles du pôle de compétitivité Axelera). Certaines entreprises s'engagent dans une démarche de RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Il s'agit d'une démarche volontaire de développement durable : l'entreprise s'engage à dépasser les exigences règlementaires en matière environnementale et sociale en définissant librement son champ d'action. Cette démarche implique les parties prenantes de l'entreprise, c'est-à-dire les dirigeants, les salariés, leurs représentants, les sous-traitants, les fournisseurs, les partenaires financiers, les riverains... Mais la contribution du monde économique au développement durable peut emprunter d'autres chemins. Il est possible de faire évoluer le modèle économique actuel en introduisant de la durabilité dans les modes d'organisation et de fonctionnement de l'activité économique (production, distribution, consommation des richesses). Il peut s'agir par exemple de vendre des services de mobilité plutôt qu'une voiture, de s'appuyer sur l'intelligence collective pour assurer la conception de biens ou services, ou encore de privilégier les circuits courts (des fournisseurs aux consommateurs).
| La collectivité, une « tête de file » indispensable pour un développement durable ?
|  Dans le cadre de son Plan Climat (2007), le Grand Lyon s'est engagé à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre et les consommations d'énergie, et de consommer 20% d'énergies renouvelables d'ici 2020. Pour atteindre ces objectifs, le Grand Lyon agit en transversalité sur tous les leviers d'action dont il dispose (habitat, déplacements, urbanisme...), mais aussi sur sa capacité à fédérer les acteurs du territoire, notamment au niveau du développement économique. Car le Grand Lyon, comme toute autre collectivité, n'a pas la maîtrise totale pour atteindre ces objectifs : sa marge de manoeuvre directe et indirecte ne suffit pas. En revanche, il se positionne comme « le garant de la production de la vision stratégique globale qui va permettre à chacun des acteurs locaux de mettre en oeuvre des actions. Cette vision doit être produite dans le cadre d'une gouvernance et en concertation avec les acteurs économiques, institutionnels et bien sûr les habitants » (Pierre Crépeaux, chef de projet Plan Climat au Grand Lyon). Informez-vous sur le blog plan climat du Grand Lyon | >>>A PARAÎTRE>>> | La mobilité | |