Comme souvent sur la région, le Musée du tissage et de la soierie de Bussières dans la Loire est dû à une initiative privée, émanant de professionnels de la soie qui ne veulent pas voir disparaître leurs savoir-faire. Ainsi à Bussières, en 1977, et alors que l’activité de tissage était en très fort déclin depuis 1960, un groupe de tisserands encore en activité, entreprend de créer ce musée. Ne disposant au départ que d’un petit local et de quelques métiers à tisser, le musée a réellement commencé à prendre de l’ampleur à partir des années 1990. En 1993, la municipalité de Bussières achète un local de 560 m2 dans lequel est installé le musée actuel.
À la collection d’origine – un métier de passementerie, un métier à bras, une bobinoire circulaire et une repiqueuse de dessins Verdol–, se sont ajoutés métiers à bras, métiers pick-pick, métiers à éponges et métiers à velours et métiers en grande largeur (4m20). La plus ancienne machine date de 1800, la plus récente est un métier à jet d’air couramment utilisé par l’industrie textile. De plus le musée a accumulé plusieurs milliers de pièces diverses et d’outils en lien avec le tissage et la soie.
Le musée est organisé en trois espaces. Dans le premier, on y explique les techniques de filage du cocon, de dévidage, de mise en ourdissage, qui permettent de monter le métier à tisser avec les fils de soie. Dans le second espace, sont présentés tous les aspects de la mécanique Jacquard, et notamment la mise en carte ou fabrication du carton (perforation, enlassage et repiquage). Enfin dans l’espace atelier, le visiteur découvre et voit fonctionner les différents types de métier à tisser, du métier à bras au métier jet d’air.
Le musée dispose aussi d’une boutique proposant des productions locales de soierie, des foulards, des voilages, mais aussi des tableaux tissés, ces créations destinées à montrer la précision des métiers Jacquard et qui connurent un immense succès au XIXe.
Le tissage est une activité implantée à Bussières depuis le Moyen Age, où l’on tissait alors du chanvre et du lin. Mais ça n’est qu’après les premières révoltes des canuts (1831 et 1834) que les soyeux lyonnais commencèrent à délocaliser la production vers les campagnes. Bussières connut alors un développement fulgurant. Cette ville de taille modeste fut choisie à la fois en raison de sa proximité avec Lyon mais aussi de son savoir-faire ancestral. Au tournant du siècle, le travail change, notamment en raison de l’arrivée de l’électricité et l’amélioration de la mécanisation des métiers à tisser. Cette modernisation a pour corollaire une réduction des emplois conduisant à une récession majeure dans les années 1960. À partir de cette date, la plupart des tisserands se reconvertissent dans d’autres métiers, notamment la métallurgie à Balbigny ou Feurs toutes proches. Cependant, on compte encore une dizaine d’entreprises aujourd’hui et au moins autant d’ateliers indépendants.
À noter : Le Musée de Bussières propose une vue d’ensemble de l’activité de tissage des étoffes, avec une approche centrée sur la soie.