Ce Musée du Tisserand témoigne d’une histoire industrielle qui se développe sur un peu plus d’un siècle. Après les violentes émeutes des canuts lyonnais contre les prix pratiqués par les fabricants, ces derniers cherchèrent à délocaliser la production, de manière à ne plus avoir à faire à des concentrations qui favorisent l’union entre les ouvriers. S’ils ont choisi La Bâtie-Montgascon, c’est en raison de sa situation proche de Lyon, sur une colline bien exposée à la lumière.
Dans ce village pauvre, les fabricants lyonnais peuvent imposer leurs méthodes de travail. Ce sont eux qui fournissent les métiers à tisser, la matière première (la soie) et qui achètent la production en la payant au tissu produit (et non à l’heure de travail par exemple). Ceci suppose un important bouleversement du modèle de production, puisqu’à Lyon, les canuts sont propriétaires de leur métier à tisser. Ce système fonctionnera très bien et dans les années 20, on dénombre près d’un millier de métier à tisser, soit autant que d’habitants.
Une période de prospérité économique, qui s’étale du milieu du XIXe aux années soixante s’ensuit alors. Mais avec le développement de la mécanisation, les changements de mode d’habillement et de décoration, la concurrence de fibres synthétique, ce système de production devient rapidement obsolète. De ce fait, des années 1960 aux années 1990 on assiste à un lent démembrement de l’industrie de la soie à La Bâtie-Montgascon.
C’est toute cette histoire que relate le Musée du Tisserand Dauphinois, issu d’une initiative locale. Les canuts se sont en effet constitués en association pour collecter des métiers à tisser et garder la mémoire de leur savoir-faire et de leur passé ouvrier. Le musée a été ouvert en 2000 dans un ancienne usine de tissage de quelque 700 m2. Il propose de très nombreux métiers à tisser (métier à bras, métiers mécaniques jusqu’aux métiers automatiques) qui sont tous en état de marche. Ce sont les bénévoles anciens canuts, qui assurent la bonne marche de ce musée, proposant démonstrations et explications. Une très belle collection d’étoffes produites sur place est aussi exposée : brochés, velours de Gênes, damas, lampas, etc.
À noter : le Musée est lieu extrêmement vivant, qui permet de toucher les tissus. Il propose des parcours destinés aux enfants sous forme de jeu de piste et d’atelier, qui permettent de mieux comprendre le processus très technique du tissage.
Horaires : ouvert de mai à octobre, du mercredi au dimanche de 14h à 18h. Visite de groupe de mars à octobre, sur réservation.