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ARTS / CULTURE / VIE DES IDÉES : ACTEURS
 
 
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Musée des Beaux-Arts de Lyon


La fleur, motif d’inspiration


Le Musée des Beaux-Arts de Lyon est aujourd’hui un musée des beaux-arts généraliste, qui présente des collections allant du XVe au milieu du XXe. Il dispose en outre de collections « parallèles » et notamment une section Antiquité, une autre dédiée à la numismatique, etc. Mais avant de présenter ce magnifique ensemble d’œuvres d’art, le musée a connu plusieurs destinations et a notamment été un lieu d’apprentissage pour les dessinateurs de motifs destinés à la soierie lyonnaise. De fait, Lyon s’est spécialisé, en raison des besoins de son industrie locale, sur une forme d’art appliquée très spécifique tant par sa destination –la soie– que par son thème –les fleurs–.


C’est à partir du XVIIe que le secteur de la soierie prend de l’ampleur, à la fois en raison du fait que la région toute entière se spécialise sur cette activité –la Drôme sur la sériciculture, l’Ardèche et le nord du Rhône sur le filage et le moulinage, Saint-Étienne sur les rubans et Lyon sur les tissus plus larges– et parce que c’est sur la région que sont améliorées les techniques de productions et notamment la mécanisation des métiers à tisser due à plusieurs innovateurs dont l’histoire a retenu les noms de Vaucanson et Jacquard. Mais au-delà de ces avancées techniques, ce qui fait la réputation des productions lyonnaises et stéphanoises, c’est leur incroyable inventivité visuelle. Pour parvenir à un tel niveau de renouvellement des motifs, de très nombreux dessinateurs, dont la plupart des noms sont aujourd’hui oubliés, ont été mis à contribution.


Ainsi, la « fabrique » (nom de l’ensemble des métiers attachés à la production de la soie), avait elle besoin d’une forte créativité pour pouvoir renouveler son offre sur des marchés volatiles puisque liés au goût, par nature changeant, et à la mode. Pour cela, les soyeux lyonnais ont cherché à s’attacher les services de dessinateurs spécifiquement formés pour leurs besoins c’est-à-dire capables d’intégrer les contraintes techniques de la production (un dessin doit être reporté sur un plan quadrillé avant d’être mis en carte) mais aussi dotés d’une forte créativité.


Malgré l’importance du dessin, il faudra attendre le début du XIXe pour que soit créée à Lyon une véritable Ecole des beaux-arts, comprenant une section dédiée à la peinture de fleurs. On y apprenait la gravure, la transposition de reliefs, la botanique, l’application du décor au textile et la peinture de fleurs pour les élèves les plus avancés. Plusieurs professeurs s’y sont succédé comme Jacques Barraband (1807-1809), Antoine Berjon (1810-1823), Jean-Marie Reignier (1854-1884), Castex-Dégrange (1884-1918). Les traits caractéristiques de ces peintures est leur souci de précision que l’on peut comparer à la méticulosité hollandaise.


Le Musée des Beaux-Arts a donc longtemps été affecté à la formation des dessinateurs –il a d’ailleurs longtemps accueilli dans ses bâtiments l’Ecole des  Beaux-Arts–, où ils devaient pouvoir trouver des sources d’inspiration et notamment des motifs floraux. Pour ce faire, une salle leur était réservée, le Salon des fleurs. Mais en parallèle à ce mouvement utilitariste qui cherchait à affecter les compétences de dessinateurs à une tâche unique, les «  dessinateurs industriels », comme on les appelant alors, ont progressivement dégagé une marge d’autonomie. L’un des premiers à parvenir à imposer cette option, fut Simon Saint-Jean (1808-1860) qui produisait presque exclusivement de la peinture de chevalet avec des compositions très complexes. À partir de là, la peinture de fleurs devint à son tour une source d’inspiration pour l’industrie… permettant l’émergence d’une peinture de fleur paysagiste (pratiquée notamment par François Vernay 1821-1896) et à un courant plus novateur encore animé par Adolphe-Louis Dégrange dit Castex-Dégrange (1840-1918). Les exemples de cette «  école des fleurs » lyonnaise sont présentés dans le Musée des  Beaux-Artsde Lyon dans les nombreuses salles consacrées à la peinture du XIXe.


À noter : Si le Musée des  Beaux-Arts ne présente plus aujourd’hui de manière permanente sa collection de peintures florales, cette histoire est néanmoins lisible pour qui voudrait faire une visite « ciblée » sur ces questions dans cette institution.


 


 


 


 




... pour en savoir plus
20 place des terreaux
69001 Lyon
Tél : 04 72 10 17 40
Fax : 04 78 28 12 45
Web : www.mba-lyon.fr
Email : communication@mba-lyon.fr
Fiche actualisée le : 18/07/2007
paf
 
Fiche indéxée dans :
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Société » Patrimoine et Identité »» Objets de mémoire
Metropole » Emblèmes »» Soie
 
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