Le musée d’art et d’industrie aborde l’histoire industrielle dans ses relations avec la création sur le bassin stéphanois. En effet, dès le XVIe et surtout à partir de la fin du XVIIIe, cette région fût un des grands centres de production manufacturière, avec notamment une industrie de la soie centrée sur la production de ruban, une production d’armes et une fabrication de cycles. L’industrie rubanière est présentée au premier étage du musée avec des métiers à tisser en état de marche ainsi que de très nombreux échantillons. Au sous-sol du musée, on trouvera les cycles, au second l’étage expositions temporaires et au dernier, les armes.
Créé en 1833 sous le nom de Musée de la fabrique, le musée abrite alors les collections rassemblées par les notables de la ville et se veut la vitrine de la production de l’industrie d’art stéphanoise. En 1889, il prend le nom de Musée d’art et d’industrie et s’installe dans un bâtiment d’ordonnancement classique, bénéficiant d’un superbe emplacement sur la ville. À la fin du XIXe, il est non seulement un lieu de conservation pour les beaux-arts, la rubanerie et l’armurerie, mais aussi un lieu de formation pour les artistes stéphanois qui se destinent aux dessins de rubans et à la gravure sur métal.
Le musée d’art et d’industrie abrite la plus grande collection au monde de rubans, ainsi que les machines, accessoires et outillages nécessaires à leur élaboration. Ce savoir-faire traditionnel, né à Saint-Étienne, permet aussi d’évoquer un milieu professionnel spécifique pour retracer l’histoire de ces générations de rubaniers, des évolutions de la production, de l’apparition de nouveaux textiles, l’essor du biomédical, etc. La visite permet à la fois de découvrir des échantillons de rubans depuis leur forme dessinée jusqu’à leur réalisation, de suivre les étapes du travail avec notamment la reconstitution du lieu d’échange entre le donneur d’ordre et le tisserand, et enfin, la possibilité de voir plusieurs types de métiers à tisser.
Le musée d’art et d’industrie est aussi remarquable parce qu’il est un musée vivant. Par exemple, les métiers à tisser sont replacés dans leur contexte industriel, présentant machines et produits finis, usage de ces rubans, etc. D’ailleurs les métiers sont encore en fonctionnement et des démonstrations ont lieu régulièrement. Le musée d’art et d’industrie s’est doté d’un service médiation particulièrement actif, relayé notamment par l’utilisation du multimédia par des bornes interactives délivrant des informations personnalisées, des images 3D, des DVD, etc.
Le musée propose aussi à la visite : Une collection d’armes allant des premières armes à feu aux armes de chasse les plus contemporaines. Le Musée a récemment bénéficié d’un dépôt du Musée de l’armée constitué des collections de l’ancienne Manufacture nationale d’armes de Saint-Étienne. Il est tourné vers l’histoire de la technique des armes. Il évoque aussi les merveilles de la gravure sur métal et ce faisant, aborde la naissance du design industriel.
Le musée d’art et d’industrie de Saint-Étienne propose aussi une remarquable collection de cycles. C’est en effet à Saint-Étienne, en 1886, qu’a été fabriquée la première bicyclette française. Une innovation qui a valu à la ville, notamment en raison de l’expansion de Manufrance, une réputation mondiale. Les collections du musée rendent compte de l’évolution historique et technique de ce véhicule de transport individuel. On y trouve une draisienne, un monocycle de Brescia datant de la fin du XVIIIe, de précieux vélocipèdes, une machine à courir de Valère, etc, jusqu’aux productions les plus contemporaines comme des prototypes de vélos à double pédalage ou encore ayant appartenu à des grands noms du cyclisme.