Véritable salle d’exposition en plein air, les 25 peintures murales de la cité Tony Garnier présentent l’œuvre de l’architecte et d’autres visions d’artistes sur le thème de la cité idéale
Le Musée Tony Garnier, du nom du 1er architecte-urbaniste du 20ème siècle, (né en 1869 à Lyon, à la Croix Rousse) est un centre muséographique singulier, un centre culturel d’un nouveau genre et de dimensions exceptionnelles : une cité ouvrière dont la construction remonte à 1920-1934, composée de 49 immeubles, aujourd’hui réhabilités, et parcourue d’espaces publics réaménagés.
Un quartier marqué par son concepteur
Après un 1er chantier, la laiterie-vacherie municipale du parc de la Tête d’Or réalisé à Lyon en 1904, Tony Garnier a produit une partie du patrimoine architectural de la ville : le stade de Gerland, l’hôpital Edouard Herriot, la Halle Tony Garnier, les abattoirs de la Mouche, le marché aux bestiaux. Fils de canuts, marqué par les conditions de vie difficiles des ouvriers de la soie, il s’est attaché à élaborer des réponses au problème social du logement et a conçu le 1er ensemble HBM (Habitations à Bon Marché) de France : le quartier des Etats-Unis dans le 8ème arrondissement de Lyon.
Une requalification complète du quartier
Au début des années 1980, une opération de requalification urbaine de la cité d’habitat social « les Etats-Unis », propriété de l’OPAC du Grand Lyon, est à l’origine d’un projet unique : la création en 1988 du concept de musée urbain. Le projet inclus la réhabilitation de quelques 1600 logements et le réaménagement des espaces publics (places et jardins publics, cours, trottoirs). Simultanément, à la demande des locataires, et pour en signifier le changement symbolique, la cité des « anciens Etats », longtemps assimilé à « banlieue », devient la « Cité Tony Garnier ».… accompagnée d’une très forte mobilisation à l’initiative des habitants.
Le rôle du comité des locataires, créé en 1983, assidu aux réunions hebdomadaires de chantier et porte-parole des locataires auprès de l’OPAC, a joué un rôle moteur dans la tournure de l’aventure. Une approche transversale de la réhabilitation (sociale, technique et humaine) s’organise avec un soutien multipartenarial : Ville de Lyon, Grand Lyon, conseil général du Rhône, conseil régional Rhône-Alpes, direction départementale de l’équipement du Rhône. Une très forte mobilisation d’habitants et d’artistes accompagne la définition et l’avancement du projet. La rencontre, en 1988, avec les artistes peintres muralistes de la « Cité de la Création » va apporter un sens supplémentaire à la finalisation du concept de musée urbain. Sur les murs pignons, d’immenses fresques évoquent l’œuvre de l’architecte, ainsi que d’autres cités idéales du monde.
La reconnaissance internationale de l’UNESCO
Avec l’obtention en 1991 d’un label « décennie mondiale du développement culturel », le musée a pu s’enrichir de 6 fresques internationales. En 2002, il obtient le trophée du tourisme de la région lyonnaise. En 2005, il est labellisé « Patrimoine du 20ème siècle ».
Et un travail de mémoire
A l’occasion du 70ème anniversaire de l’arrivée des 1ers locataires dans la cité HBM, un travail de mémoire du quartier a été entrepris en 2003 : collecte et recueil de traces, par entretiens et recherche d’archives, avec transmission aux nouveaux arrivants.
Aujourd’hui un quartier à voir et à vivre
Un parcours déambulatoire à travers les rues, aux pieds des immeubles, conduit à la visite d’un appartement des années 30, aménagé en 1991, sur une initiative conjointe du comité des locataires et de l’OPAC du Grand Lyon.
En plus de visites guidées, le Musée Urbain propose conférences, expositions, ateliers de travail, sur des thématiques variées - ville, architecture, utopies urbaines, techniques des murs peints -, fédérées par la présentation de l’œuvre de Tony Garnier. L’ensemble de ces initiatives converge pour mettre en valeur le caractère patrimonial du quartier et la figure emblématique de l’architecte Tony Garnier.
Remarque : une salle d’exposition intérieure a été ouverte en 2006 au sein des locaux du musée. Elle est le support d’un centre d’interprétation urbain en devenir qui s’organise sous l’égide d’un comité scientifique riche de personnalités d’horizons divers.
Musée urbain Tony Garnier