Le passé industriel stéphanois repose sur un triptyque : la mine, la sidérurgie et la soie. C’est cette activité que met en avant la Maison du Passementier, à Saint-Jean-Bonnefonds, dans les environs proches de Saint-Étienne. Cette commune tirait l’essentiel de ses emplois dans la passementerie au début du XXe siècle. Mais ce secteur s’affaiblit dans les années 50 et disparaît complètement dans les années 80. Alors que vers 1900, plus de 100 familles font battre une cinquantaine de métiers à tisser, et qu’on en compte près de 180 au tournant des années 30. Pour témoigner de ce passé et restituer les savoir faire, Saint-Jean-Bonnefonds a acheté une ancienne maison de passementier, bâti original présent dans toute la ville et reconnaissable à ses hautes fenêtres.
Ayant fait le choix de la reconstitution, la Maison du Passementier évoque de manière très vivante, à l’aide d’une mise en scène réaliste, de compléments filmés et surtout de visites commentées, la vie quotidienne d’un passementier dans les années 1910 / 1920. Réalisé en collaboration avec le Musée d’art et d’industrie (MAI) de Saint-Étienne, pour veiller à une complémentarité entre les deux structures, la Maison du Passementier aborde l’aspect social au moins autant que technique du travail. On y apprend comment vit au quotidien le passementier, on mesure à quel point le travail et la vie de famille ne font alors qu’un. Au premier étage, on pourra voir deux métiers Jacquard en état de fonctionnement ainsi que tous les outils nécessaires à leur bonne marche. Sont aussi aménagés un coin cuisine et une salle d’exposition temporaire.
De plus, un espace distinct présente la recette de fabricant, c’est-à-dire le lieu où le passementier venait prendre la commande auprès du fabricant. Le fabricant est le donneur d’ordre, il fait fabriquer, son travail consistant à vendre les productions commandées. Et à l’étage, on trouve deux petits métiers manuels permettant aux enfants de réaliser eux-mêmes quelques motifs simples, ainsi qu’une « chambre des savoirs » présentant des informations sur l’activité passementière d’hier et d’aujourd’hui.
Le passementier est le tisseur qui fabrique le ruban. Contrairement à une idée courante, le ruban fut une activité majeure, car il était très prisé dans l’habillement (que ce soit pour faire tenir un vêtement que pour l’ornementer). Il était aussi très employé dans le costume liturgique, la chapellerie, etc. Aujourd’hui, si l’activité rubanière a cessé à Saint-Jean-Bonnefonds, elle demeure un secteur spécialisé du textile. De nouvelles techniques de production sont mises en œuvre, on travaille en usine et non plus à domicile, le rôle des designers s’est accru et de nouveaux débouchés se sont fait jour sur dans le domaine médical ou encore du cordage tressé.
À noter : Un espace temporaire permet de présenter des expositions thématiques en lien avec la soie ou avec l’histoire locale. Plusieurs thèmes ont déjà été explorés : les instruments de mesure et de pesage spécifiques au textile ; Le rôle des Lamaizière, architectes stéphanois qui ont construit de très nombreux édifices destinés à la rubanerie ; Les nouveaux produits de la passementerie ; Etc.