Les Subsistances sont un exemple des usages successifs d’un même site : Couvent au XVIIe siècle (pour sa partie droite), caserne militaire au XIXè (pour sa partie gauche), lieu d’entrepôt pour les denrées vivrières (d’où son nom), le bâtiment a été remis à la Ville de Lyon en 1995 qui en a fait un lieu culturel ouvert au public en 2000. Actuellement, sur les 22 000 m2 disponibles, 19 500 ont été rénovés. Avec l’implantation de l’École nationale des beaux-arts de Lyon en mars 2007, Les Subsistances représentent, aujourd’hui, un site unique en France, alliant un pôle de formation aux arts visuels et un pôle de résidence et de production artistique dans les arts vivants.
Tout d’abord dirigées par Paul Gremeret puis par Klaus Hersche, les Subsistances ont actuellement à leur tête Guy Walter (qui pilote aussi la Villa Gillet) et Cathy Bouvard (venue du Théâtre de la Croix-Rousse). En janvier 2004, les deux directeurs ont redéfini le projet artistique. S’il demeure centré sur la création comme au moment de son ouverture, il s’est orienté sur un projet de soutien aux artistes dans la phase de production d’une œuvre.
Les Subsistances se présentent aujourd’hui comme un « laboratoire de création artistique, [elles] sont un lieu pluridisciplinaire de confrontation et d’expérimentation consacré aux nouveaux langages du spectacle vivant : danse, théâtre, nouveau cirque… ». Elles fonctionnent essentiellement par l’accueil d’artistes en résidence. Chaque année, plus d’une une trentaine d’artistes y séjournent pour développer une création ou amorcer un travail de création. Ils viennent de la région Rhône-Alpes, de France ou de l’étranger. Les Subsistances s’intéressent à toutes les disciplines, notamment au théâtre, à la danse et au nouveau cirque, mais aussi aux artistes capables de croiser plusieurs arts.
En lien avec les moments de création des artistes, des rendez-vous sont donnés au public sous différentes formes : certains ont un aspect événementiel comme les week-end de création ou le festival Les Intranquilles, et d’autres sont placés au cœur du temps de travail. Ainsi en va-t-il des spectacles (présentation de la création d’une équipe en fin de résidence), des performances (proposition artistique le plus souvent unique), des chantiers (étape de création ou répétition ouverte au public), des visites récréatives (visites guidées historiques et patrimoniales du site suivies d’un chantier).
Les rendez-vous publics témoignent de l’activité artistique quotidienne des Subsistances. Les créations (aboutissements d’une résidence de travail) sont souvent précédées et conclues par de nouvelles formes d’échanges conviviales avec le public :
– Soupe à la répèt : répétition publique puis rencontre entre le public et l’équipe artistique autour d’un menu-soupe ;
– Babel : rencontre avec l’équipe artistique à l’issue d’une représentation ;
– Mécano du langage : à l’occasion d’une résidence, des artistes invitent des spectateurs à travailler pour des sessions courtes autour d’une thématique précise