Annie Collovald, professeur en science politique, à l' Université
Paris X de Nanterre, attire l' attention sur des problèmes particulièrement
troublants qui supposent de la part des citoyens et des gouvernants un surplus
de raison et de sagesse : celui de la démocratie ici, qui déconstruit
lidée même de populisme trop facilement invoquée dans
les débats publics.
"Les élections présidentielles de 2002 en ont témoigné
: le "populisme" occupe désormais une place prédominante
dans les commentaires politiques pour désigner des phénomènes
qui, à l'instar du Front National (FN), étaient jusqu'alors pensés
comme relevant de l'extrême droite. Le terme paraît certes pouvoir
décrire un phénomène politique qui bouscule le clivage
droite-gauche, en empruntant à l'une et à l'autre de leurs traditions
politiques, tout en leur donnant une expression qui leur est étrangère
: "solution autoritaire" via le pouvoir d'un leader et l'appel au
"peuple", le tout s'accomplissant pardelà toutes les médiations
établies et contre les représentants politiques en place. S'il
est rappelé parfois que la mobilisation s'effectue sur des propositions
nationalistes, xénophobes sinon racistes, "inentendues" depuis
longtemps sous cette forme ("préférence nationale",
"la France aux Français"), cette dimension tend à disparaître
derrière la singularité des liens unissant le leader à
ses adeptes. ..."