Entre ces deux visions tranchées, Anne-Marie Bertrand (ENSSIB) est plus nuancée : « Le côté collaboratif est évidemment une nouveauté importante dont il faut tenir compte. Car de plus en plus, la science et le savoir peuvent s’élaborer de cette façon, comme le montrent, dans le champ universitaire, les HAL. C’est une nouveauté tout à fait assise et acquise. Mais sur les wikis, je serais beaucoup plus réservée. Wikipédia pose le problème de la disparition du travail éditorial et des repères de validation de l’information. (…) Je ne pense pas que le rassemblement de 300 ignorants produise du savoir ! » Elle ne prône pas pour autant un modèle vertical (de type purement universitaire) de validation des savoirs. Car selon elle, « Les expertises sont partout ; elles sont diffuses. Je crois à une régulation au sein de communautés assez réduites d’historiens, de physiciens, de cuisiniers, qui eux-mêmes créent de la compétence ».
Le modèle collaboratif fonctionne déjà bien dans le milieu universitaire ou dans des communautés relativement homogènes.
Cette dimension collaborative change le rapport entre les institutions de la mémoire et leurs usagers. Moins passifs et captifs, ils peuvent eux aussi participer à l’enrichissement ou l’indexation des documents mémoriels. Les Archives municipales de Lyon s’apprêtent ainsi à ouvrir l’indexation collaborative de leurs documents en ligne, notamment l’état civil. « C’est la magie des TIC de permettre de capitaliser toutes ces informations produites individuellement pour l’usage de tous » estime Anne-Catherine Marin (Archives de Lyon).
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Lire entretien avec Daniel CHARNAY Directeur adjoint du Centre de Communication Scientifique Directe, laboratoire où a été créée l’archive ouverte HAL.
Lire entretien avec Ghislaine CHARTRON, Professeur titulaire de la chaire d’ingénierie documentaire au Centre National des Arts et métiers (CNAM-Paris)
Lire entretien avec Anne-CatherineMARIN, directrice des Archives municipales de Lyon, l
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