L’activité de tissage, et en cela elle ne diffère pas de l’ensemble des professions que l’on trouve sous l’Ancien Régime, est strictement définie par le pouvoir central qui, sous forme de lettre patente, autorise l’exercice de la profession. En effet, avant la Révolution Française, les métiers sont organisés en corporations qui bénéficient d’un droit à exercer tel ou tel type d’activité. Le pouvoir royal va aussi contribuer au XVIIe siècle à la définition de l’organisation économique de la production, notamment sous l’influence de Colbert. Ce mode d’organisation de la profession perdure au-delà de la Révolution, bien que les corporations disparaissent officiellement.
Ainsi, si l’industrie de la soie est essentiellement présente dans les mémoires parce qu’elle s’est développée au XIXe siècle, elle est une activité implantée depuis le XVe siècle en terre lyonnaise. Louis XI fut le premier à souhaiter le développement de cette activité, sans beaucoup de succès, le Consulat lyonnais refusant finalement l’octroi de ce privilège, le tissage se développant alors à Tours. François 1er autorise à nouveau l’activité de tissage de drap d’or, d’argent et de soie en 1536, qui est cette fois acceptée par les édiles locaux. Enfin au XVIIe siècle, Colbert définit les principaux règlements qui organisent la profession.
Sommaire
A – L’autorisation à exercer Pourquoi Lyon ? Implantation difficile au XVe Le rôle clé de François 1er Henry IV et « l’intégration » de la production
B – Le modèle colbertiste de la Grande Fabrique Une profession rigoureusement encadrée Le premier âge d’or de la soierie lyonnaise
C – Commandes royales ou publiques Les commandes sous Louis XIV et au XVIIIe siècle La relance napoléonienne
Ccl : La mise en place de la condition des soies |