Cette synthèse retrace tout d’abord l’évolution du rôle de l’animal en tant qu’élément de sacrifice dans la bible, dans la religion catholique et dans la religion musulmane.
Elle fait ensuite un état des lieux de l’organisation générale et pricipalement dans le Rhône de l’Aïd-el-Kébir (choix de l'animal, de l'abattage…) et constate que le cadre français a imposé ses limites.
Dans la tradition biblique, le sacrifice de l’animal permet de sceller puis de commémorer un pacte avec Dieu.
Le sacrifice christique est quant à lui, le sacrifice par excellence, celui qui rend tous les autres caducs : en étant sauvé, l’homme contracte une dette envers Dieu. Le sacrifice rituel est ainsi aboli chez les Chrétiens mais ceux-ci commémorent . le sacrifice de Jésus lors de l’Eucharistie. Ainsi Jésus est-il l’Agneau
symbolique.
Chez les musulmans, la fête de l’Aïd-el-kébir commémore le sacrifice demandé par Dieu à Abraham en témoignage de foi et de soumission.
C’est la célébration de l’acte fondateur de l’alliance entre Dieu et Abraham .
Le sacrifice du mouton symbolise cet acte de soumission en retour duquel Dieu accorde ses bienfaits au sacrifiant et à sa descendance.
L’Aïd-el-kébir est l’occasion d’une vie sociale
et familiale mais elle a dû s'adapter aux impératifs législatifs français : l’Aïd-el-Kébir, fête du sacrifice, est devenue une fête sans sacrifice et il est ainsi probable que si les Musulmans souhaitent conserver la fête de l’Aïd comme un moment important de la vie de la communauté, ils devront trouver un autre mode d’organisation composant avec les prescriptions religieuses et les impératifs légaux pour aboutir à une forme renouvelée et occidentalisée de cette fête.