Un havre de verdure à vivre
Suite à l’abandon d’un projet urbanistique, un terrain délaissé à l’angle des rues Sébastien Gryphe et Montesquieu dans le septième arrondissement de Lyon est devenu, grâce à la Galerie Tator, un véritable havre de verdure à vivre. C’est l’îlot d’Amaranthes.
La Galerie Tator est implantée dans le quartier de la Guillotière depuis plus de dix ans. Au delà de son activité principale, plus proche d’un centre d’art à la limite du design et des arts plastiques que d’une galerie commerciale, elle a notamment créé l’opération Superflux. Cette dernière consiste à réunir, chaque année au moment des fêtes du huit décembre, de nombreux artistes d’horizons variés pour réaliser des créations lumineuses inédites dans une quarantaine de lieux du quartier de la Guillotière. Forte de son implication dans le quartier, l’équipe de la Galerie Tator a souhaité conduire un projet artistique sur l’îlot d’Amaranthes autour de l’idée de jardin. Le principe était de questionner par l’art ce lieu délaissé, pour lui redonner un statut et inviter les spectateurs, non pas au spectacle d’un « résultat » mais à l’organisation d’une évolution, et ainsi créer une intervention du temps sur l’espace.
Le projet est né en 2003 et a évolué au cours des trois années qui ont suivi au fils des rencontres avec les habitants et commerçants du quartier. Dans un premier temps, l’artiste jardinier, Emmanuel Louisgrand, a réalisé une œuvre vivante dans un espace fermé, une serre luxuriante formée de tubulures métalliques oranges. Des premières rencontres et échanges établis lors de cette réalisation, est née la deuxième phase du projet : la création d’un véritable jardin divisé en parcelles autour d’un sentier. La troisième phase a consisté à construire une terrasse équipée de mobilier urbain et à planter des arbres sur l’espace minéral mitoyen du jardin.
Aujourd’hui, l’îlot est aussi un lieu d’animation que diverses associations et structures du quartier se sont approprié pour organiser des manifestations, à l’exemple du grand bal du 14 juillet organisé par l’association de la rue des Asperges, de la fête de la boulangerie du Prado ou encore des soirées dégustation du caviste « le verre coquin ».
La galerie est, par convention avec le Grand Lyon (propriétaire du terrain), gestionnaire des deux premiers espaces, la serre et le jardin. Le troisième, l’espace planté et complètement ouvert, est géré par la Direction des espaces verts de la ville de Lyon. Ce projet a été financé dans le cadre de la politique de la ville, ce qui suppose un multi financement sur trois ans. Ainsi, la Ville de Lyon, la DDE, la DRAC (FIV) et la Région Rhône-Alpes ont apporté pour la réalisation totale du projet, 15000€ en 2003, 25000€ en 2004 et 31000€ en 2005.
Sur ce projet expérimental, CTV, chaîne câblée, a produit un documentaire d'une heure sur les espaces alternatifs, réalisé par Stéphane Chabas (diffusion sur TLM et CTV) ainsi qu'une émission dans le cadre des Ateliers de la citoyenneté sur : quelles initiatives pour les habitants dans l'espace urbain ?