Le passé de l’historien se construit dans le présent. C’est une construction, et une construction scripturaire. C’est pourquoi l’histoire, disait Michel de Certeau dans L’écriture de l’histoire, est "historiographie". À ce titre, on peut dire la même chose de la préhistoire. Comme pour l’histoire, le passé que construit le préhistorien varie, en fonction du présent dans lequel il le construit.
Ce colloque qui réunira des spécialistes de différentes périodes, de la préhistoire à l’époque actuelle, entend réunir préhistoriens et historiens autour d’un thème de réflexion commune, l’objectif étant de provoquer un véritable échange entre spécialistes ayant peu l’occasion de se côtoyer. L’influence du contexte historique de la recherche concerne en effet aussi bien historiens qu’archéologues, et ce, quelle que soit la période de recherche envisagée.
Les idées sur le passé de l’homme ont toujours été tributaires des connaissances et des mentalités de leur époque. Ainsi, les Romains de l’Antiquité voyaient leur passé d’une manière bien différente de la nôtre. De même, les historiens du Moyen Âge ne pouvaient l’envisager comme nous le faisons aujourd’hui. C’est donc à travers les yeux de nos prédécesseurs, parfois lointains, mais parfois presque nos contemporains, que ce colloque invite à se pencher sur notre passé.