Contexte de la synthèse : Après avoir créé une communauté de moyens il y a 40 ans de cela, sous l’impulsion de l’État, le Grand Lyon constitue aujourd’hui une communauté de projets autonome, reconnue pour son efficacité dans la gestion d’un territoire qui regroupe 57 communes et plus de 1,3 millions d'habitants. Mais l’histoire ne s’arrête jamais : cette collectivité reste en devenir et l’enjeu est désormais de constituer une véritable communauté de destin, inscrite dans le grand bassin de vie de l'agglomération, à savoir le territoire qui, de Saint-Etienne à Ambérieu-en-Bugey, de Vienne à Villefranche-sur-Saône, regroupe plus de 2 millions d'habitants. 2 millions d'habitants rapprochés par les réalités de la vie quotidienne, mais aussi par la nécessité de former une masse critique capable de maintenir la capacité d'innovation et le rang du Grand Lyon dans le contexte de la concurrence internationale du 21e siècle. Pour y parvenir, il s’agit non seulement de partager collectivement des projets, mais aussi de se doter de racines communes.
Résumé :Dès son élection à la mairie de Lyon, en 1995, Raymond Barre, ancien Premier Ministre, de sensibilité centriste, affirme sa volonté de dépasser les « étiquettes politiques » et les « a priori idéologiques » dans la gestion de la Communauté urbaine — qui comprend à l’époque 55 communes et dont la population a voté à Gauche à près de 50 %. S’ouvre alors une période d’intenses négociations entre les élus de sa majorité (Centre et Droite réunis) et ceux de l’opposition, que le Président souhaite faire entrer dans l’exécutif du Grand Lyon. Les discours des uns et des autres dans les mois qui suivent illustrent la manière dont les élus vont parvenir à surmonter conflits partisans et identités municipales pour « travailler ensemble », au nom de l’intérêt supérieur de l’agglomération. « Pragmatisme », « réalisme », « concertation », « charte d’objectifs », recherche « d’équilibre » et invocation récurrente de la nécessaire « solidarité entre communes » sont les maîtres mots de ce patient exercice diplomatique, qui aboutira 3 mois plus tard à l’adoption à une large majorité d’un ambitieux plan de mandat.
Sommaire :
1. Quel statut pour l’opposition ? Les débats de 1995 sur l’ouverture de l’exécutif communautaire 2. Dépasser les clivages partisans pour travailler ensemble 3. « L’équilibre » et la « solidarité d’agglomération » invoqués pour deux réformes stratégiques 4. Compromis ou consensus ? Quand « l’intérêt général de l’agglomération » prend le pas sur les identités communales
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