Le thème de la socialisation a régulièrement suscité l’intérêt des spécialistes de la construction européenne. La notion a souvent été utilisée pour décrire les transformations qui affecteraient les comportements des représentants des Etats membres, sous l’effet d’une co-fréquentation intensive au sein des instances européennes ; les débats se focalisant notamment sur la mesure de l’attachement de ces acteurs au processus de construction européenne.
Co-organisé par des chercheurs des universités de Lille 2 et Lyon 2, ce colloque propose de décaler et d’élargir le regard porté sur cette question. S’intéressant aux modes de faire et de penser l’Europe partagés par un ensemble d’acteurs en lien avec les institutions européennes (hauts fonctionnaires et hommes politiques mais aussi «intermédiaires » tels que journalistes, lobbyistes, syndicalistes, etc. …), il interrogera les mécanismes de production, de transmission et d’apprentissage de savoirs et savoir-faire spécifiques à cet espace politique et institutionnel. L'accent sera notamment mis sur les apprentissages qui précèdent une entrée dans l’espace communautaire (formations à l’Europe, universitaires et militantes ; modes de sélection d’acteurs européens : concours des eurofonctionnaires, désignation au niveau national de représentants dans les instances européennes). On s'interrogera aussi sur les transformations des pratiques et des représentations liées à une immersion dans un « milieu européen » (arènes de négociation, institutions, environnement social et urbain de Bruxelles...). Et enfin sur la "durabilité" et la portée de ces adaptations à l’Europe : que deviennent par exemple les acteurs politiques et associatifs, les représentants syndicaux ou encore les fonctionnaires de retour dans leurs espaces nationaux ? Quelles sont les modalités de reconversion de leurs expériences européennes ?