Une idée qui germe dans un terreau collectif
Qulques agriculteurs des communes de Feyzin, Vénissieux et Corbas ont entrepris, depuis 2004, de fleurir leurs jachères situées sur le plateau des Grandes Terres. Ces agriculteurs sont en outre membres du Groupe d'Etudes et de Développement Agricole de l'Ozon. Les collectivités partenaires (Grand Lyon, Syndicat Intercommunal du plateau des Grandes Terres) assument le coût des semences et les agriculteurs prennent à leur charge le labour d’hiver et l’ensemencement. Ce projet nature a commencé en 1997 et consistait déjà en la création de sentiers avec panneaux d’information, nettoyage et entretien des équipements, réimplantation et entretien des haies et de bandes enherbées, animations pédagogiques auprès des écoliers. Le fleurissement des jachères est un pas de plus dans la logique de valorisation de ce plateau agricole, poumon vert de l’agglomération lyonnaise, lieu de promenade apprécié et espace naturel dont l’intérêt biologique augmente. Le projet permet ainsi de témoigner de la prise en compte du paysage par les agriculteurs, de valoriser et de préserver un espace agricole de qualité au contact de zones urbanisées et de revaloriser l’image agricole du plateau.
Des jachères vivantes et accueillantes
Les jachères sont un moyen de régénérer la terre par un repos entre deux périodes de culture. Toutefois nombre des jachères sont aujourd’hui des terres gelées pour éviter la surproduction de céréales. Ces terres ne peuvent voir pousser qu’un couvert herbager destiné à être broyé. De ce fait, les fleurs ne peuvent donc être ni cueillies, ni commercialisées et sont vraiment là pour éclairer le paysage et réjouir le spectateur. Mais elles ne sont pas seulement belles, elles sont aussi utiles, puisqu’elles contribuent par leur diversité à un enrichissement écologique du plateau. Le CORA (Centre ornithologique Rhône-Alpes) qui réalise un suivi de la faune sur le site, a constaté un accroissement du nombre d’espèces d’oiseaux au fil des ans (22 espèces en 2005 contre 6 en 2001) et une densification des populations (le nombre de couples nicheurs a doublé en 4 ans).
Un vif succès et des améliorations en cours
Cosmos, lin rouge, zinnia et centaurée, en culture basse ou haute selon le relief, le fleurissement des jachères est une réussite incontestable. Le spectacle offert passionne plus d’un photographe amateur et des concours photos ont été emportés. Puis en 2005, les fleurs, ayant égrainé l’année précédente, ont refleuri naturellement dès le mois de mai. Mais cette floraison précoce n’est pas une bonne chose puisque les voilà déjà sèches en juillet. Aussi, pour assurer un fleurissement de juin jusqu’en novembre, la décision a été prise de ressemer chaque année à la fin du mois d’avril, voire début mai.
Partenaires : Le projet nature dans lequel s’inscrit le fleurissement des jachères du plateau des Grandes Terres se poursuit grâce à la participation active de nombreux partenaires techniques et associatifs comme l’ONF, le CORA, la Chambre d’agriculture du Rhône et le Grand Lyon autour des acteurs principaux que sont les agriculteurs du plateau.