De l’eau potable pour tous ?
1,1 milliards de personnes n’ont pas accès à des ressources en eau potable et 2,6 milliards à un service d’assainissement de base. Selon les Nations Unies, si les conditions d’hygiène étaient améliorées, 1,6 millions de vie pourraient être sauvées chaque année… En 2000, dans sa Déclaration pour le Millénaire, l’organisation internationale s’est proposée de réduire de moitié d’ici à 2015 la proportion de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable. Les résultats affichés dans le rapport 2006 des Nations Unies semblent malheureusement loin de l’objectif. Néanmoins, chaque Etat Membre a été incité à prendre des mesures dans ce sens. En 2005, la France a doté ses services publics de moyens de coopération solidaire plus pérennes avec l’adoption de la loi Oudin : agences et services publics de l’eau ont la possibilité de consacrer jusqu’à 1% de leur budget de fonctionnement à des politiques de solidarité à l’égard des pays du Sud. Sans force de caractère obligatoire, la loi Oudin permettrait de mobiliser 120 millions d’euros par an si toutes les collectivités locales jouaient le jeu : une goutte d’eau au regard des besoins qui se chiffrent en milliards, mais une véritable autonomie d’action pour les initiatives de coopération des agences et syndicats de l’eau.
La Direction de l’Eau du Grand Lyon se mobilise
Avec un salarié à plein temps et des agents volontaires selon leur disponibilité personnelle, la Direction de l’Eau des 57 Communes de l’Agglomération Lyonnaise s’investit dans des actions de solidarité internationale par le biais de deux dispositifs :
- La coopération décentralisée
En lien avec le Service de Coopération Décentralisée du Grand Lyon, la Direction de l’Eau passe des accords avec des collectivités locales étrangères. Le principe ? Mettre à disposition l’expertise du Grand Lyon pour optimiser la politique de gestion de l’eau du service institutionnel partenaire : structurer une politique de santé publique, établir un règlement d’assainissement ou un comité de bassins… Incluant un échange de personnel et un accompagnement sur le terrain, les parrainages sont limités à trois par an, de manière à pouvoir leur accorder l’attention et les moyens qu’ils méritent. Les bénéficiaires actuels sont le Liban, la Palestine et Madagascar.
- Le fonds de solidarité pour l’eau
Résultat d’un accord conclu entre la Direction de l’Eau et Véolia Environnement lors de la renégociation du contrat d’affermage de ce dernier en 2002, ce fonds est alimenté par 0,4% des recettes en eau potable du Grand Lyon. Evalué ainsi à 600 000 euros par an, ce financement solidaire est attribué à une dizaine de projets associatifs: opérations de forage, assainissement et distribution de l’eau… Définies par les élus, les zones géographiques préférées sont l’Afrique de l’Ouest et Madagascar.
Pionnier avec Paris et le SEDIF dans cette démarche, le Grand Lyon est la seule métropole française à cumuler ces deux dispositifs d’aide à la solidarité internationale dans le domaine de l’eau.