La ségrégation urbaine serait-elle dûe à la mobilité résidentielle ?
Un texte de Thomas Kirszbaum écrit pour millenaire3.
Thomas Kirszbaum est sociologue, chercheur associé à l'Institut des Sciences sociales du Politique (ENS Cachan-CNRS UMR 7220). Ses recherches portent sur les politiques urbaines d'intégration des minorités ethniques. Il a notamment publié, « Rénovation urbaine. Les leçons américaines », PUF, coll. La ville en débat, 2009 ; « Mixité sociale dans l'habitat », Revue de la littérature dans une perspective comparative, HALDE, Etudes & Recherches, Paris, La documentation française, 2008.
Dans ce texte Thomas Kirszbaum présente une analyse typologique des lieux d’habitat où se pose la question de la mixité sociale. Il aborde la mixité comme un processus et insiste sur l’importance d’accroître la capacité de choix des citadins qui en ont le moins. Il rejoint en ce sens la notion de capabilité développée par Amartya Sen : "la possibilité de choisir son quartier étant très inégalement partagée, promouvoir la mixité et la mobilité en général revient en pratique à favoriser ceux qui disposent déjà des ressources permettant d’arbitrer entre mixité et entre-soi, entre mobilité et immobilité. Si l’on veut éviter que les politiques urbaines ajoutent de l’inégalité aux inégalités existantes, il faut apprécier la valeur des politiques de mixité et de mobilité à l’aune de ce critère simple qu’est l’augmentation de la capacité de choix des citadins qui en ont le moins." Thomas Kirszbaum porte un regard critique sur les politiques de seuil, celui des populations dites « défavorisées » dans les quartiers ou des logements sociaux dans les communes. Il propose enfin de dissocier les objectifs de la mixité sociale et de mixité ethnique pour se recentrer sur la promotion socio-résidentielle des populations vivant aujourd’hui dans les quartiers d’habitat social, en les acceptant donc telles qu’elles sont.
Fiche actualisée le 06/03/2013