Le rigoureux travail de recensement des œuvres d’art dans l’espace public du Grand Lyon réalisé, par Marianne Homiridis et Perrine Lacroix peut constituer un bon point de départ à une démarche de valorisation des 300 œuvres qui constituent ce « musée à ciel ouvert ».
Cette valorisation passe d’abord par un travail de restauration, car certaines œuvres sont dans un état déplorable – en particulier les plus anciennes, dans le quartier de la Part-Dieu. D’autres, plus récentes, ne fonctionnent plus et n’ont donc plus aucune visibilité. C’est le cas des cartes postales sonores de l’artiste américain Bill Fontana disposées le long de la ligne de tramway La Doua / Perrache en 2000.
Ce problème de maintenance et d’entretien des œuvres d’art public est lancinant. Il se pose également à Paris pour les 7 œuvres disposées le long du tramway inauguré en 2007. Ainsi la cabine téléphonique intitulée « fleur aux larges pétales métalliques » que l’artiste Sophie Calle est censée appeler cinq fois par semaine à des heures aléatoires pour converser avec les passants est maculée d’inscriptions peu amènes, du style : « Toujours aucune nouvelle de Sophie, qu’elle aille se faire… ».
Pour Marie-Claude Jeune « l’entretien, la protection et la restauration des œuvres « publiques » constituent un véritable problème qui aujourd’hui préoccupe fortement les commanditaires. (…) Dans les clauses du contrat passé avec les artistes, il est indispensable d’engager la responsabilité des commanditaires pour éviter de revoir tant d’œuvres abîmées, enlevées, laissées à l’abandon. Tout contrat passé avec un artiste pour la réalisation d’une œuvre dans l’espace public doit contenir un descriptif précis des conditions d’entretien ».
Valoriser, c’est aussi, tout simplement, informer de l’existence des œuvres et de leur auteur, en mettant des cartels là où il n’y en a plus, en concevant une signalétique originale ou en pensant des parcours ou des événements spécifiques. A l’image par exemple des « fiches de visite » sur l’art contemporain dans les espaces publics – sur la rive gauche des berges du Rhône et à Villeurbanne - conçus pour les Journées Européennes du Patrimoine de 2010.
C’est à l’occasion de ce même événement que la Ville de Lyon a inauguré un parcours commenté sur « Art et Paysage : le parc de la Cerisaie ». Il présente les différentes œuvres disposées dans le parc, pour la plupart au début des années 80. Parmi elles : Autoportrait de Jean-Pierre Raynaud, œuvre réalisée dans son matériau fétiche, « le carrelage blanc, basique, quinze sur quinze ». Récemment restaurées (pour un montant de plus de 48 000€ TTC), ces œuvres – qui étaient dans un état déplorable - bénéficient qui plus est d’une nouvelle signalétique.
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