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QUESTIONS STRATÉGIQUES : GROS PLANS
 
 
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Enseignement supérieur et Recherche


Quelle place pour Saint-Etienne en Rhône-Alpes ?

Références(s) : Agenda métropolitain Lyon - Saint Etienne /Printemps 2007
Auteur : Gilles Cayuela

Chaque saison, le réseau de veille Lyon - Saint Etienne décrypte les dynamiques métropolitaines à travers quatre Gros Plans.  

Jeune mais dynamique, le pôle universitaire de Saint-Etienne s’est développé au fil du temps et de la nécessité croissante pour l’agglomération stéphanoise de passer d’une économie industrielle à une économie de plus en plus orientée vers le tertiaire supérieur.Aujourd’hui spécialisé dans des secteurs en devenir comme l’optique, le design, les matériaux avancés, les nouveaux procédés de fabrication ou encore la santé, le pôle universitaire stéphanois entend bien jouer pleinement son rôle en Rhône- Alpes.


Un pôle universitaire jeune
Contrairement à Lyon et Grenoble, l’agglomération stéphanoise n’est pas un territoire traditionnellement lié à l’enseignement supérieur et la recherche. Pendant très longtemps, l’excellence du savoir et de la connaissance stéphanoise n’est portée que par la seule Ecole des Mines . Créée en 1816, cette école d’ingénieurs a pour principal objectif de répondre aux besoins technologiques des 70 exploitations minières du bassin stéphanois. Complément de l’École de Mines de Paris (fondée en 1783), elle a le mérite d’éviter une centralisation des connaissances qui n’aurait sans doute pas profité aux régions houillères de province. Il faut attendre les années 60-70 pour voir enfin apparaître les prémices de ce qui constitue aujourd’hui le socle du pôle universitaire de Saint-Etienne (PUSE). En 1961, l’École Nationale d’Ingénieurs de Saint-Etienne (ENISE) voit le jour. Deux ans plus tard, l’Institut Supérieur de Gestion et de Commerce (ISGC) - transformé en Ecole Supérieure de Commerce en 1991 – est créée (13). En 1970, alors que l’économie locale est en pleine conversion, c’est l’École d’Architecture qui prend ses quartiers au cœur de la cité dans une ancienne usine de textile. Un an plus tôt, après une bataille acharnée, les élus locaux réussissent à arracher, la création de plein droit d’une Université à Saint- Etienne. « Cela s’est fait petit à petit, avec l’aide de l’Université de Lyon et une volonté politique forte des collectivités locales, au premier rang desquelles la Ville de Saint-Etienne avec Michel Durafour, maire 1965 à 1977. Dès le début des années 60, des collèges universitaires ont été constitués (Lettres, Sciences, Droit et Sciences Economiques) préalablement à la création de l’Université en 1969 et de la Faculté de Médecine en 1971. Nous avons dû nous battre pour obtenir un enseignement supérieur que nous n’avions pas », rappelle Henri Duplain, chargé de mission Enseignement Supérieur à Saint-Etienne Métropole. Et de poursuivre : « Si les élus de l’époque n’avaient pas eu cette vision prospective et si aujourd’hui Saint-Etienne n’était pas une ville universitaire digne de ce nom, elle serait devenue, à n’en pas douter, une ville de seconde catégorie ».


Un levier de développement et d’attractivité
Aujourd’hui, le pôle universitaire de Saint- Etienne compte 10 établissements. Son développement s’est fait au fil du temps et de la nécessité croissante pour l’agglomération stéphanoise de passer d’une économie industrielle à une économie fondée sur le tertiaire supérieur. « Le déclin de l’industrie lourde et les restructurations industrielles passées ont confronté notre agglomération à l’ardente obligation de trouver les voies nouvelles d’un développement économique pérenne. Il convenait d’adapter notre économie et par conséquent nos infrastructures de formation et de recherche à la nouvelle donne nationale et internationale », argumente Henri Duplain. Dès sa création en 1995, Saint-Etienne Métropole  s’intéresse donc de près à cette question.  « Quand on crée une communauté de destin, la meilleure façon de la faire vivre, c’est d’offrir un emploi à celles et ceux qui ont choisi de s’y associer. Pour ce faire, il faut développer et encourager l’innovation et donc en amont avoir des centres de formation de haut niveau. L’Histoire a montré et montrera encore qu’aucun territoire ne se développe réellement en dehors de ces centres de formation », expose Noël Paul, viceprésident de Saint-Etienne Métropole, en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche . Et d’ajouter : « la recherche scientifique et l’enseignement supérieur auquel elle est génétiquement liée est le levier principal du développement et de l’attractivité d’un territoire. Elle est le creuset où se forgent les instruments de notre indépendance industrielle et technologique, et donc de la compétitivité économique de notre bassin d’emplois ».


Des laboratoires de pointe et des nouvelles formations
En 2001, le soutien à l’enseignement supérieur et aux actions de valorisation de la recherche devient tout naturellement « compétence optionnelle » de la communauté d’agglomération et par là- même un axe prioritaire de l’action métropolitaine, relayée parallèlement par le département de la Loire et la Région Rhône-Alpes. La stratégie est simple : Renforcer le pôle universitaire stéphanois et son potentiel de recherche. Pour y parvenir, Saint-Etienne Métropole n’hésite pas à investir 1 million d’euros par an, divisé à part égale entre la recherche et l’enseignement supérieur. « Dans le domaine de la recherche, la première action a été la mise à niveau internationale des laboratoires stéphanois. Il a fallu donner les moyens matériels à ces laboratoires d’aller plus loin dans leurs investigations », expose Noël Paul. Six ans plus tard, les résultats sont là ! « Aujourd’hui nos laboratoires sont reconnus sur le plan international. Bon nombre ont obtenu les labellisations CNRS, INSERM ou EA et la plupart se sont engagés des coopérations internationales », commente le vice-président de Saint-Etienne Métropole. Laboratoire « Hubert Curien », ex TSI (Traitement du Signal et Instrumentation), Laboratoire « Tissu Osseux et Contraintes Mécaniques », Laboratoire « Intégration centrale de la douleur chez l’homme », Laboratoire « Tribologie et Dynamique des Systèmes », fruit d’une coopération entre l’École Centrale de Lyon et l’ENISE… les exemples deréussite et d’excellence ne manquent pas. Quant à l’enseignement supérieur, Saint- Etienne Métropole s’est essentiellement attachée à financer le développement de nouvelles formations. Mastère sur les métiers du Patrimoine (Université Jean Monnet), DESS sur les espaces publics, associant design et aménagement (Ecole d’Architecture), Bachelor « Conception, Design, Innovation » (Conservatoire National des Arts et Métiers)… autant de formations qui s’inscrivent directement dans le cadre des grands projets portés par l’agglomération : Pôle Optique Vision et Cité du Design. L’arrivée en 2003, d’une antenne de l’École Supérieure d’Optique à Saint-Etienne, témoigne d’ailleurs de cette dynamique.


La 4è école d’ingénieurs de France…
Effet direct ou induit de la politique de soutien à la recherche et à l’enseignement supérieur ? Toujours est-t-il que les écoles stéphanoises ont réussi progressivement à s’imposer dans le paysage national. L’École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne, dont la renommée n’est plus à faire, est aujourd’hui considérée comme la 4è grande école d’ingénieurs de France (ndlr : 5è position en 2003 selon une enquête de l’INSEE). C’est en tout cas ce qu’indique le dernier palmarès, réalisé en juin 2006, par le magazine Challenges. Une place qui la situe juste derrière les trois grandes écoles parisiennes, Polytechnique, Mines Paris et Supélec, mais avant Centrale, Ponts et Chaussées et Télécom Paris. Certains seront sans doute tentés de remettre en cause la pertinence de ce classement, en indiquant que chaque magazine ou institut à ses propres critères d’évaluation. Qu’à cela ne tienne ! Pour le directeur de l’école, Robert Germinet, « ce qui compte c’est le résultat du marché ». Et en
la matière, tous les indicateurs sont au vert. Le nombre d’élèves formés (Ingénieurs en formation initiale, Ingénieurs sous statut salarié et Doctorants) a enregistré une croissance de 61% entre 2001 et 2005. Une progression quantitative, mais aussi qualitative, puisque l’école attire des élèves de mieux en mieux placés à l’issue du concours commun Mines-Ponts. « Il y a quelques années on recrutait en 860e position sur 9000 candidats, aujourd’hui on recrute en 600e position sur 11000 candidats », ajoute Robert Germinet. Autre élément de progression, le nombre de publications dans les journaux à comité de lecture, réalisées par les équipes de recherche, a augmenté de 64% en 4 ans.


… et des écoles de haut niveau
Moins prestigieuse, l’École Nationale d’Ingénieurs de Saint-Etienne (ENISE) n’en demeure pas moins une école de haut niveau, membre de la Conférence des Grandes Ecoles. Généraliste de part ses filières proposées (Génie Mécanique et Génie Civil), elle a su se démarquer au travers de spécialisations innovantes (Mastère Dual Design, Mastère Spécialisé Entrepreneur PMI). Des thématiques qui, selon Bernard Laget, directeur de l’ENISE, « répondent à la demande émanant du tissu industriel et qui rejoignent les lignes fortes de Saint-Etienne ». Créé en 1991, l’ISTASE (Institut Supérieur des Techniques Avancées de Saint-Etienne), dernière née des écoles d’ingénieurs stéphanoises, jouit elle aussi d’une reconnaissance nationale. « A partir de 2007, nous entrons dans le concours Télécom INT de la banque Mines-Ponts. Nous ferons partie des 6 écoles en France à pouvoir recruter nos élèves à partir de ce prestigieux concours », confie Gérard Noyel, directeur de l’établissement. Spécialisé dans les Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication (STIC) et plus particulièrement dans les domaines de l’optique, de l’imagerie numérique et des télécommunications, l’ISTASE sera transférée en 2008 sur le site du Pôle Optique et Vision. Opération structurante de 11 millions d’euros, ce transfert marquera la fin de l’aménagement de cette partie du site Giat et témoignera de la montée en puissance de l’institut stéphanois dans le paysage national des écoles d’ingénieurs. De son côté, l’École Supérieure de Commerce de Saint-Etienne (ESC) fait aujourd’hui partie des 35 écoles de Management et de Commerce en France à détenir le grade de Mastère. « C’est une reconnaissance européenne sur le plan pédagogique, mais aussi en matière de recherche », commente Michel Rollin directeur de l’ESC Saint- Etienne. Et d’ajouter : « Pendant longtemps nous sommes restés en dernière position. En 2006,
nous avons progressé de 5 places. Nous sommes aujourd’hui la 30e école de Management et de Commerce en France. Ce qu’il convient de préciser, c’est que derrière, il y a plus de 300 écoles non estampillées ».


Un problème de taille critique ?
Des laboratoires de recherche à la pointe de la technologie, des écoles de haut niveau, reconnues pour la qualité de leurs formations, Saint- Etienne semble disposer d’atouts indéniables pour se positionner comme un territoire d’enseignement supérieur et de recherche à part entière en Rhône-Alpes. La seule ombre au tableau demeure la taille des effectifs. Avec 20 000 étudiants, le pôle universitaire stéphanois ne représente que 10% de la population étudiante rhônalpine. Or, si la qualité de l’enseignement supérieur apparaît incontestablement comme un facteur de rayonnement et d’attractivité des métropoles, le nombre d’étudiants est souvent un excellent indicateur du potentiel de recherche d’une aire urbaine donnée. A titre comparatif, Grenoble compte 60 000 étudiants et Lyon 120 000.Faut-il voir dans cette faiblesse des effectifs un frein ou pire, des raisons pour l’agglomération stéphanoise de nourrir un quelconque complexe d’infériorité par rapport à ses voisins lyonnais et grenoblois ? « Si on regarde les effectifs et notamment le nombre de doctorants, il est clair que l’on ne fait pas le poids ! Cela étant, il faut regarder sur un plan plus qualitatif. A Saint- Etienne il y a une activité scientifique de haut niveau et des enseignements de qualité », expose Bernard Laget. Un raisonnement que partage également le nouveau président de l’Université Jean Monnet, Khaled Bouabdallah : « Saint- Etienne a un rôle à jouer en Rhône-Alpes. Il est vrai qu’en terme de masse, on ne fait pas le poids. En revanche, Saint-Etienne pèse sur de nombreux secteurs comme la santé, l’optique, le génie sensoriel ou les sciences humaines et sociales » . Pour sa part, le vice-président de Saint-Etienne Métropole, Noël Paul, ne croit pas à l’effet de masse. « Certes la masse permet d’avoir un spectre large d’innovation, mais elle peut aussi conduire à une certaine inertie. En outre, le nombre n’a jamais été une fonction déterminante pour développer l’innovation. Je crois plus à la réactivité, aux structures de réseaux et à la capacité de l’agglomération stéphanoise à se positionner et à s’organiser sur des niches ».


Des pôles d’excellence aux pôles de compétitivité
Travailler en réseau, se positionner sur des niches pour au final faire émerger des domaines d’excellence reconnus de tous... C’est le sens même de la stratégie mise en place par la communauté d’agglomération depuis sa création. En s’appuyant sur le triptyque formation-rechercheindustrie, Saint-Etienne Métropole a réussi à doter son territoire de pôles d’excellence, aujourd’hui clairement identifiés. La création du Pôle Optique et Vision sur le site de l’ancienne Manufacture d’armes, rassemblant laboratoires de recherche, start-up, centres de transfert de technologie et établissements d’enseignement supérieur, en est l’exemple probant. La future Cité du design, autour de laquelle s’articulera une palette de formations spécifiques, dont certaines ont déjà vu le jour, relève de la même logique. Dans la continuité des pôles d’excellence, et toujours avec le même souci de développer l’innovation, l’État a décidé de lancer, en septembre 2004, les pôles de compétitivité. L’objectif ? Développer les synergies entre les industries, les unités de recherche et les centres de formation dans un espace géographique donné. Sur les 105 dossiers présentés en France, 67 ont été labellisés « Pôles de Compétitivité », lors du CIADT du 12 juillet 2006. Deux d’entre eux sont hébergés dans l’agglomération stéphanoise et s’appuient sur les compétences développées sur le territoire en matière de formation et de recherche. Le premier, VIAMECA a pour objectif de passer d’une logique de « conception et de fabrication des produits industriels  » à une logique « d’ingénierie et de création industrielle » par l’anticipation, la mise en réseau et l’accélération de l’innovation. Responsable d’un domaine technologique du pôle, l’École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne est fortement impliquée dans les projets de R&D, qui nécessitent des compétences dans des domaines tels que les « matériaux et procédés de fabrication avancés  », « l’ingénierie et le traitement de surface » et la « conception de produits et sous-ensembles ». L’ENISE n’est pas en reste ! Via son laboratoire Diagnostic et Imagerie des procédés Industriels (DIPI), elle intervient sur le « Grand Projet Poudre Multimat ». Piloté par le CETIM, ce projet vise à fabriquer des pièces mécaniques complexes à partir de poudres et d’une source d’énergie laser. « Saint-Etienne est reconnue pour ses compétences dans le domaine des procédés de fabrication et démarches assistées par flux d’énergie thermique ou cinétique à partir de poudre céramique. Sur cette thématique, nous détenons même le leadership européen », commente Bernard Laget, directeur de l’ENISE et vice-président de Saint-Etienne Métropole en charge des transferts de technologie. Le Centre Ingénierie et Santé et le Centre de Microélectronique Second pôle de compétitivité hébergé dans l’agglomération stéphanoise, SPORALTEC est dédié à l’industrie du sport et des loisirs. L’Université Jean Monnet, via sa filière STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), ses laboratoires de recherche et l’expertise de son CHU, aura un rôle déterminant à tenir sur le volet Sport et Santé. L’École des Mines axera quant à elle sa participation sur la thématique « adapter et créer de nouveaux matériels pour l’homme en mouvement ». Elle s’appuiera notamment sur son Centre Ingénierie et Santé, qui s’installera en 2008 sur le site de l’Hôpital Nord. Avec le déménagement, à terme, de la faculté de médecine, (actuellement située sur le site de Bellevue) et la création d’une plateforme du Cancéropôle Lyon Rhône-Alpes Auvergne, c’est un véritable pôle d’excellence, dédié à la santé qui devrait émerger dans l’agglomération stéphanoise. Cela étant, l’implication de l’enseignement supérieur et de la recherche stéphanoise au sein des pôles de compétitivité ne s’arrête pas aux frontièresde la région Rhône-Alpes. En témoigne, la création par l’École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne du Centre Microélectronique Provence Georges Charpak. Installé à Gardanne, ce centre de formation et de recherche sera l’un des fers de lance du pôle de compétitivité mondial « Solutions communicantes sécurisées ». Encore en construction, il accueille depuis quelques mois la plateforme MicroPacks (MicroPackaging et Sécurité), une des trois plates-formes du dispositif CIMPACA. A terme, cette antenne provençale permettra à l’École Nationale Supérieure des Mines de Saint- Etienne, d’être reconnue comme un acteur mondial majeur dans les domaines de la microélectronique sur support souple, la sécurité des solutions communicantes et les bio-objets (microélectronique implantée dans le corps humain).


Une Maison internationale de la recherche pour plus d’attractivité
Si le positionnement haute technologie de l’agglomération stéphanoise semble promis à un bel avenir, la communauté d’agglomération et l’ensemble des acteurs du pôle universitaire de Saint-Etienne ne perdent pas de vue l’impérieuse nécessité de se rendre plus attractif.
« Dans un contexte de forte concurrence entre les territoires, il est aujourd’hui nécessaire de renforcer notre attractivité à l’égard des étudiants, mais aussi des enseignants-chercheurs », expose Henri Duplain, chargé de mission Enseignement Supérieur à Saint-Etienne Métropole. Après la construction d’une Maison de l’Université et des Etudiants sur le site Tréfilerie (livraison prévue en 2008), Saint-Etienne Métropole s’apprête donc prochainement à investir dans l’aménagement d’une Maison Internationale de la Recherche, sur le site désaffecté de l’Hôtel des Arts au coeur de la ville. « L’idée est née du besoin d’accueillir des enseignants-chercheurs étrangers en séjour à Saint-Etienne. Après une étude des besoins à satisfaire réalisée à notre demande par l’Observatoire Social de Lyon, il est apparu que l’offre à créer s’établissait à une vingtaine de logements», complète Henri Duplain. Proposée au Contrat de Projets Etat Région 2007-2013, cette opération structurante a été évaluée à 2 millions d’euros. A noter que le budget alloué à l’enseignement supérieur et à la recherche dans le nouveau CPER et aux opérations connexes devrait atteindre 75 à 80 millions d’euros (contre 26 millions d’euros lors du précédent Contrat de Plan État-Région). Une augmentation significative qui permettra de renforcer un peu plus l’attractivité du pôle universitaire stéphanois.


Les enjeux du PRES Renforcer l’attractivité, en même temps que la lisibilité et la visibilité nationale et internationale, ce sera aussi l’un des enjeux de la mise en place du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES). Introduits par le pacte pour la recherche, dans le cadre de loi d’avril 2006, les PRES ont pour objectif d’inciter les établissement et organismes de recherche et d’enseignement supérieur à mutualiser leurs moyens et leurs activités. A Saint-Etienne, les établissements concernés n’ont bien évidemment pas attendu ce dispositif pour mettre en place des coopérations inter-établissements. Certaines sont bilatérale en matière de formations, de programmes de recherche ou d’équipements scientifiques ; d’autres plus collectives sont organisées au sein du Pôle Universitaire de Saint-Etienne. Elles concernent principalement les domaines de l’administration et de la vie étudiante. Le PRES sera l’occasion de franchir une nouvelle étape dans le développement de ces collaborations. Pour l’heure, les cinq établissements signataires (Ecole Nationale Supérieure des Mines, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture, ENISE, Université Jean Monnet et le CHU) ont lancé une étude préalable pour « établir un diagnostic qualitatif et quantitatif des potentialités de coopérations inter-établissements ». Confiée à un cabinet spécialisé, cette étude devrait aboutir à une formulation complète du projet fin 2007, pour une mise en route en 2008. S’il apparaît évident que les acteurs vont s’attacher à affirmer et rendre plus visible les spécificités de Saint-Etienne en matière de recherche et d’enseignement supérieur, une réflexion sur les complémentarités avec les autres pôles régionaux apparaît d’ores et déjà nécessaire. « Aujourd’hui, nous sommes dans une logique de pôles identifiables à l’échelle européenne. Nous ne savons pas si demain, nous allons nous regrouper avec Lyon au sein d’un vaste PRES lyonno-stéphanois. Une chose est sûre pour exister, dedans ou en dehors, nous devons dès aujourd’hui affirmer nos spécificités, liées à notre territoire », expose Martin Chénot, directeur de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Saint- Etienne. Et Bernard Laget de conclure : « A échéance de 5 à 10 ans, on sait très bien que les complémentarités développées avec Lyon dans de nombreux secteurs, nous amèneront à penser à l’échelle de la métropole Lyon – Saint-Etienne. L’Enseignement Supérieur et la Recherche n’échappera pas à cette réflexion ».


 



... sur millenaire3
> Pour une politique régionale d’aide au développement international des établissements d’enseignement supérieur et de recherche de Rhône-Alpes (Rapports)

> Rapport des Etats Généraux de la recherche (Rapports)

> Lyon : Métropole accueillante ? (Rapports)

> Gérard NOYEL : « Il faut adapter nos compétences aux besoins économiques du territoire » (Interviews)


Fiche actualisée le : 16/01/2007
 
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